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    Journée Mondiale de la Culture Africaine : IBK invite l’Afrique et le monde à célébrer la culture africaine chaque 24 janvier

    mercredi 24 janvier 2018 , par Assane Koné

    « J’invite solennellement les Etats Africains, les instances dirigeantes de l’Union Africaine ainsi que les partenaires de l’Afrique, à faire du 24 Janvier, date d’adoption de la Charte de la Renaissance Culturelle Africaine, à Khartoum en 2006, la Journée Mondiale dédiée à la Culture Africaine et Afro-descendante, à compter de cette première édition de la JMCA de Bamako ». C’est en ces termes que Ibrahim Boubacar Keita, Président de la République du Mali, a invité toute l’Afrique et les amis de l’Afrique, dans discours lu en son nom par Mme N’diaye Ramatoulaye Diallo, ministre de la culture. C’était lors de la cérémonie qui a marqué la 1ère édition de la célébration de la Journée Mondiale de la Culture Africaine et Afro-descendante (JMCA), le 24 janvier 2018, au Palais de la culture de Bamako.

    Du 23 au 24 janvier 2018, Bamako, la capitale du Mali, vient de lancer l’initiative de la célébration chaque 24 janvier de la Journée Mondiale de la Culture Africaine et Afro-descendante (JMCA).

    A la clôture de la série d’activités programmées pour la commémoration de cette journée qui a enregistré la participation des Ministres en charge de la Culture du Burkina Faso, du Congo, du Niger et du Sénégal et de Lazare ELOUNDOU, Directeur Adjoint du Patrimoine mondial, représentant Madame la Directrice Générale de l’UNESCO, Mme N’diaye Ramatoulaye Diallo, ministre de la culture du Mali, a lu le message du Président de la république du Mali. Retrouvez ici l’intégralité du discours !
    Discours de Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA Président de la République, Chef de l’Etat

    Messieurs les Ministres en charge de la Culture du Burkina Faso, du Congo, du Niger et du Sénégal, très chers frères,
    Honorables Députés,
    Mesdames, Messieurs les membres du Corps diplomatique,
    Monsieur Lazare ELOUNDOU, Directeur Adjoint du Patrimoine mondial, représentant Madame la Directrice Générale de l’UNESCO,
    Madame Angela MARTINS,
    Mesdames, Messieurs les représentants des organisations internationales,
    Monsieur le Président de la Commission Nationale d’Organisation de la JMCA,
    Sa Majesté William Hope, Roi du Bénin
    Monsieur le Maire de la Commune V du District de Bamako,
    Monsieur John DOSSAVI, Président du RAPEC,
    Messieurs les représentants des autorités traditionnelles et religieuses,
    Messieurs les représentants du RECOTRADE,
    Nos amis représentants de la presse nationale et internationale,
    Honorables invités,
    Mesdames et Messieurs,

    Monsieur le Président de la République, Son Excellence Ibrahim Boubacar KEITA, aurait bien voulu venir présider cette cérémonie de célébration de la Journée Mondiale de la Culture Africaine et Afro-descendante (JMCA). En dépit de son engagement profond pour la cause africaine et particulièrement concerné par tout ce qui touche à la culture, il ne lui a malheureusement pas été possible d’être parmi nous. Il m’a alors chargé de le représenter pour nous délivrer le message que voici. Tout de même, il recevra certains, à la fin du Conseil des Ministres qui se tient en ce moment. Le message est ainsi libellé :

    Mesdames et Messieurs,

    J’éprouve une joie toute particulière à recevoir, en cette terre culturelle africaine du Mali, des délégations venues de toutes les sensibilités du Continent africain, dans les limites de ses frontières et au delà.

    C’est donc avec la chaleur de l’accueil du peuple malien que je vous souhaite un séjour à hauteur d’espérance pour que votre présence avec nous serve la cause de l’Afrique unie dans sa diversité. Je saisis l’opportunité de cette année nouvelle pour souhaiter à notre Continent les dividendes de son unité, dans la paix et la sécurité de nos populations. Mes vœux les meilleurs pour vous et nos Nations ne pourront prospérer sans un contexte de stabilité et de sérénité politique. Puisse l’Afrique dépasser les clivages intra et inter-états pour que cette voix singulière, empreinte le plus souvent de sagesse, porte sur la scène internationale ; dans l’intérêt supérieur de nos populations.

    Mesdames et Messieurs,

    « Le cheval a beau savoir galoper et vite, n’empêche qu’il se fasse aider par la cravache du cavalier ». Je m’approprie cette sagesse malienne, qui a certainement des correspondances dans chacune des aires culturelles de notre continent, pour dire que ces vœux pieux ne seront réalisés qu’avec notre conviction forte, traduite en action. Et, ce rendez vous de Bamako, auquel vous répondez massivement, est un premier pas important dans l’édification d’un panafricanisme nouveau. Pour m’en convaincre, je m’en tiens aux conclusions de vos travaux de réflexion d’hier, portées par la commission nationale d’organisation de cette célébration de la culture africaine et afro-descendante.

    Avant d’en apprécier la substance, je voudrais saluer la grande disponibilité de tous à nous accompagner dans cette mobilisation africaine autour de la culture, premier facteur de développement intégral.

    Mesdames et Messieurs,

    La première édition de la Journée Mondiale de la Culture Africaine et Afro-descendante que le Mali abrite est, sans doute, l’entame d’un processus de reconnaissance du droit égal des cultures au respect, de même que tous les individus ont un droit égal au libre accès à la culture. Cette première édition de la JMCA se doit d’offrir une plateforme de dialogue entre les acteurs de la culture, publics, privés ou associatifs, les décideurs publics d’Afrique et d’ailleurs, sur les problématiques clefs du secteur, dans un continent où la culture doit agir résolument pour accompagner positivement les divers processus de développement.

    Cette initiative doit marquer une étape cruciale dans la nécessaire mobilisation du Continent pour la ratification de la Charte de la Renaissance Culturelle Africaine, mais aussi, elle doit marquer l’engagement de l’Afrique dans la mise en œuvre d’une politique culturelle ambitieuse, nourrie des réflexions engagées par le passé et confrontée aux réalités d’aujourd’hui, tout en se projetant vers son avenir.

    Mesdames et Messieurs,

    La question de la culture est étendue. Nous faisons, ensemble, ici, à Bamako, le pari de la voir prise en compte dans l’ensemble des stratégies que l’Afrique a et aura à définir. Nous sommes engagés, pleinement, dans la mise en œuvre de l’agenda 2063 que l’Union Africaine définit, avec justesse, comme la continuation du chemin panafricain et un cadre commun pour une croissance inclusive et un développement durable de notre continent. L’inclusivité passe par la prise en compte des préoccupations des Africains vivant sur le continent mais aussi celles de la diaspora et enfin et surtout celles des afro-descendants, dont je salue la présence de figures importantes dans cette salle.

    L’inclusivité, dis-je, pour réaliser la croissance et le développement équitables, passe aussi par une exploitation juste et judicieuse des apports continentaux de nos peuples, de notre histoire somme toute commune, de nos cultures et enfin de nos ressources naturelles.

    En effet, dans le contexte actuel de mondialisation, aucune nation ne peut prétendre à la compétitivité sans faire de la culture le moteur de sa performance. Le challenge est d’autant plus grand que l’histoire récente de notre continent nous impose de recourir à nos valeurs culturelles et civilisationnelles comme ciment de la cohésion de nos sociétés, de la reconstruction et de la dynamisation d’un continent fier de son passé et confiant en son avenir.

    Notre aspiration au développement n’est pas empreinte d’égoïsme et ne peut l’être tant nos valeurs cardinales élèvent au rang de première humanité l’union sacrée, la solidarité et l’entraide. Si nous perdons ces valeurs, l’Afrique perd son humanité et sa singularité dans un monde qui tend vers l’uniformisme tout en prônant, dans un grand paradoxe, la diversité culturelle.

    Mesdames et Messieurs,

    Le berceau de l’humanité n’érige pas forcement l’Afrique en berceau de la diversité culturelle. Mais nous, Africains et Afro-descendants, pouvons, avec fierté, clamer et réclamer une sorte de suprématie culturelle tant elle est riche et variée sous nos cieux.

    Ce qui m’amène à aborder la question de l’institutionnalisation de la Journée Mondiale de la Culture Africaine et Afro-descendante. Quelle forme devra-t-elle avoir ? La JMCA ne contribuera-t-elle pas à célébrer une Afrique culturelle unique et non unie ? Ne prenons-nous pas le risque de mettre la culture africaine dans un canevas qui l’enfermerait ? Que nenni !

    Le dynamisme de la culture, par essence, ne peut permettre un confinement. Le génie créateur de notre jeunesse ne peut s’accommoder dans un format statique qui, à la longue, sera amorphe. L’évolution du débat sur la ou les cultures africaines va obligatoirement inscrire la JMCA dans une perpétuelle remise en cause, de sorte à permettre à cette journée mondiale de s’exprimer suivant le pays, l’aire culturelle et aussi suivant la sensibilité des peuples vis-à-vis de la culture africaine. Cependant, j’adhère à l’idée d’un schéma de base à soumettre à l’Union Africaine pour marquer la notion de la célébration de la Journée Mondiale de la Culture Africaine et Afro-descendante.

    Mesdames et Messieurs

    Tout comme à l’occasion de la Conférence Africaine des Humanités, tenue à Bamako en juin dernier, je voudrais vous assurer de ma détermination à faire du Mali un des leaders de l’institutionnalisation de la JMCA. En donnant suite à mon engagement, conformément aux recommandations de la Conférence des Humanités, je reconnais et j’invite l’Afrique, dans son entièreté, à faire de même, la capacité irremplaçable des humanités à aider les sociétés contemporaines à relever les défis critiques, en réalisant les Objectifs de développement durable qui se rapportent aux significations, valeurs, compréhensions et tendances à long terme.

    Sans faire de jugement de valeur, je salue avec enthousiasme, la totalité des messages délivrés, en ce jour de 24 janvier, par nos sœurs et frères des pays invités et de la diaspora et par nos cousins afro-descendants. Ces prises de parole nous rappellent que nos réalités culturelles et souvent sociopolitiques sont les mêmes sur le continent. Ainsi, faire de la culture un pilier du développement économique, loin d’être utopiste, est un challenge dont les fondements nécessaires à sa réussite relèvent de notre capacité à déceler les opportunités en termes de création de richesse et d’impact direct sur les populations.

    La Charte de la Renaissance Culturelle Africaine, en plus de son positionnement politique affirmant ce retour obligatoire aux sources, dans une dynamique de panafricanisme, n’est pas pour autant sujette à une frénésie militante sans vision. Ce texte, que le Mali a été le premier pays à ratifier, se veut un outil de coopération culturelle internationale, de préservation et de promotion du patrimoine culturel africain. Mais, je veux retenir avec vous qu’elle est avant tout un facteur de coopération culturelle entre les Etats africains en vue du renforcement de l’unité africaine.

    C’est en cela que j’invite solennellement les Etats Africains, les instances dirigeantes de l’Union Africaine ainsi que les partenaires de l’Afrique, à faire du 24 Janvier, date d’adoption de la Charte de la Renaissance Culturelle Africaine, à Khartoum en 2006, la Journée Mondiale dédiée à la Culture Africaine et Afro-descendante, à compter de cette première édition de la JMCA de Bamako.

    Mesdames et Messieurs,

    Notre culture d’aujourd’hui, héritée d’hier, doit parvenir à demain, encore plus riche et encore plus importante pour la construction de la civilisation humaine. Il nous appartient, héritiers d’un idéal de panafricanisme, de ne plus accepter que notre culture soit condamnée au silence.

    Notre culture africaine est belle. Notre culture a un sens et elle est engagée. Notre culture a une opinion et elle est intense. La culture africaine n’a pas à s’excuser si elle gêne. La culture africaine doit apporter toute son humanité à ce monde en manque de repères.

    Vive la Journée Mondiale de la Culture Africaine et Afro-descendante. Vive le panafricanisme, porteur d’espoir et de développement. Vive la culture
    Je vous remercie.

    Mesdames et Messieurs,

    Tel est le message que j’avais l’insigne honneur de vous délivrer, au nom de Monsieur le Président de la République, Son Excellence Ibrahim Boubacar KEITA.
    Nous voilà parfaitement édifiés sur sa perception de la Journée Mondiale de la Culture Africaine et Afro-descendante et son engagement à contribuer à son institutionnalisation.

    A l’évidence, nos objectifs ont été atteints. Mais, je dois dire aussi que c’est maintenant que tout commence, que le processus de l’institutionnalisation est lancé, notre objectif ultime étant son aboutissement. Il nous faudra encore plus d’ardeur, plus de conviction, plus d’engagement pour inciter le plus grand nombre de pays à la ratification de la Charte de la Renaissance culturelle africaine, d’une part et pour obtenir l’institutionnalisation de la JMCA, d’autre part.

    Je ne doute pas, qu’en raison de la qualité des hommes et des femmes qui s’y sont engagés, ici, à Bamako, ville africaine de toujours comme en attestent certains de ses monuments emblématiques que vous découvrirez dans la journée, nos attentes seront comblées.

    Mesdames et Messieurs,

    A ce stade, je voudrais remercier, une fois de plus, tous ceux qui ont cru en ce projet et sont venus ici pour affirmer fortement que nous pouvons, nous devons réaliser le rêve, pour l’honneur et la dignité de l’Afrique.

    Je voudrais souhaiter à tous un bon retour dans leur foyer et dire, comme l’adage de chez nous « Fasse que notre prochaine rencontre soit encore plus réjouissante ».
    Dans cette espérance, je déclare close la cérémonie de célébration de la Journée Mondiale de la Culture Africaine et Afro-descendante.

    Je vous remercie.

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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