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Journalisme d’investigation : Internews initie une dizaine de journalistes maliens

lundi 23 septembre 2019

Internews-Mali a initié une session de formation pour initier une dizaine de journalistes au journalisme d’investigation. C’était du 16 au 19 septembre 2019 à la Maison du partenariat de Bamako.

Une dizaine de journalistes de la presse écrite et de la radio, venue de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et du District de Bamako, ont pendant 4 jours été initiés au journalisme d’investigation.

Le facilitateur David Dembélé a édifié les participants à la notion du journalisme d’investigation. Selon lui, c’est un genre journalistique qui s’intéresse à des sujets d’intérêts publics, sensibles et critiques avec des preuves, et le maximum de sources d’informations en maximisant le nombre de témoins, en vérifiant leurs identités, et en s’assurant de leur bonne foi. « C’est un travail qui se caractérise par la durée, le risque et le danger, la protection des sources et des témoins et une recherche approfondie », a-t-il indiqué. Avant d’ajouter que le journaliste d’investigation a besoin de consulter plusieurs sources et d’interroger plusieurs spécialistes du sujet ou témoins des évènements.

David Dembélé dira que la déontologie du journalisme implique également une indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques ou économiques et une analyse en profondeur. Pour cela, il dira que les journalistes d’investigation doivent révéler des informations cachées en recoupant et en les vérifiant. Il a précisé que le sujet qui manque d’intérêt public n’entre pas dans le cadre du journalisme d’investigation.

« Le journalisme d’investigation repose sur des sujets sensibles, critiques et d’intérêt public. Le journaliste d’investigation est appelé à faire un travail fouillé, documenté dépassant les normes du journalisme conventionnel. C’est un genre journalistique qui nous demande d’aller au-delà du journalisme conventionnel, et qui repose sur la notion du temps, de risques, de dangers et l’aspect d’intérêt public, des preuves pour démarrer », a-t-il expliqué.

Parlant du « fake checking et du data journalism » qui doivent aider le journaliste d’investigation, David Dembélé dira que le fake checking est une approche qui se repose sur la vérification des faits dont le but est la manifestation de la vérité. Quant au data journalism ou journalisme de données, il dira qu’il s’agit de lire des données et de les traduire dans un langage accessible et compréhensible aux lecteurs. Selon lui, le data journalism est perçu comme le bras armé du journalisme d’investigation car il est basé sur les données du discours des personnalités et des hommes politiques afin de vérifier réellement le contenu.

Pour mieux cerner le journalisme d’investigation, David Dembélé, le facilitateur a conseillé au journaliste d’investigation de maximiser le nombre de témoins, de vérifier leur identité, de s’assurer de leur bonne foi, de conserver les documents, les enregistrements et les vidéos, d’être esclave de la vérité et de la précision, de se méfier des rumeurs, à moins d’avoir des preuves et de s’éloigner des insinuations, des sous entendus et d’éviter de faire des allusions.

Lors de cette session de formation, les groupes d’exercices pratiques ont été formés afin d’apprendre aux participants les étapes clés pour mener une investigation, comment procéder à l’identification et le choix de sujet et comment faire la présentation des projets de productions ainsi que la planification de la production.

A la fin de la formation, Claude Cirille, Directeur du projet Internews-Mali, dira que sa structure est une organisation non gouvernementale qui est présente dans 60 pays. Et, qu’ elle œuvre pour le renforcement de capacité des journalistes.

« Cette formation va permettre aux confrères le renforcement de leurs capacités, de connaître les rudiments du journalisme d’investigation. C’est une formation plus spécialisée et plus pointue sur le métier du journalisme d’investigation, car nous voulons une presse émergente plus professionnelle plus libre et plus indépendante en termes de citoyenneté et de démocratie », a-t-il souhaité Claude Cirille, Directeur du projet Internews-Mali. Avant d’ajouter qu’après cette formation les participants vont montrer qu’ils ont bien assimilés les enseignements. Et que l’Internews va les suivre et les aider à s’épanouir pour l’émergence de leur profession.

Mohamed CAMARA

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.