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Immigration irrégulière féminine : Un danger qu’il faut endiguer !

mercredi 17 octobre 2018

De nos jours, la problématique de l’immigration irrégulière des femmes est devenue un casse-tête en Afrique en général et au Mali en particulier. La migration des femmes ne cesse de croître depuis plusieurs décennies et marque ainsi un changement conséquent dans le profil de l’immigration dans le monde. De plus en plus de femmes, jeunes célibataires, ou ayant déjà une famille à charge, partent seule à l’étranger pour trouver du travail et s’installer plus ou moins durablement. De ce fait, plusieurs migrantes meurent chaque année en traversant la méditerranée ou d’autres mers, dans leurs tentatives de regagner l’Europe qui, d’après elle, est un eldorado. Pour freiner ce phénomène : la porte de l’Europe doit être ouverte comme celle de l’Afrique et il faut créer une vraie politique d’emploi et une bonne gouvernance.

L’immigration irrégulière, également appelée « immigration illégale » ou « immigration clandestine », est un concept qui vient du latin « Immigrare ». Il comprend le mouvement international des personnes à travers les frontières contrairement à la législation du pays de transit ou de destination. L’immigration irrégulière implique donc l’entrée et/ou le séjour d’une personne dans un pays dont il n’est pas originaire, sans avoir d’autorisation officielle préalable.

Causes de l’immigration irrégulière des femmes

Ousmane Diarra, président de l’association malienne des expulsées (AME), pense que l’immigration irrégulière des femmes est la résultante des différents bouleversements intervenus dans nos sociétés ces dernières années.

A l’en croire, pour le cas de certaines femmes c’est pour aller accompagner leur conjoint dans l’exil, qu’est l‘Europe, soit dans les pays de transit comme l’Algérie, la Libye et le Maroc.

« Pendant les 5 dernières années, nous avons constaté que, la cherté de la vie et les conditions précaires des femmes célibataires dans nos pays causent d’énormes problèmes. En ce moment certaines femmes penseront que leur destin se trouve au Maghreb ou en Europe peu importe les conditions du voyage. Donc, partir sera comme une obligation pour la plupart de ces femmes. Car, l’obtention du visa est très difficile. Et le durcissement de sa délivrance pousse ces femmes à emprunter les chemins de la clandestinité qui ne sont pas souhaités ».

Les conséquences du fléau

La fermeture de l’Europe a été ressentie par tout le monde. L’Europe ne veut plus recevoir des étrangers à plus forte raison que des migrants illégaux. « Les témoignages de nos sœurs, nos femmes, nos mamans qui tentent la l’immigration illégale, montrent que le chemin n’est pas facile », a indiqué le président de l’AME. Faisant allusion à une femme qui a vécu cette mauvaise aventure, Ousmane Diarra a révélé que la femme lui a confié qu’elle a été victime d’une trahison, au cours de la traversée.

Selon lui, les conséquences de l’immigration irrégulière sont entre autres, la violence, les viols collectifs, très souvent, qui conduisent à des grossesses non désirées et à la prostitution à cause du manque de moyens financiers.

« La vie est très chère en Europe. Il y a des africaines migrantes qui vivent dans le Métro et elles n’ont pas de quoi à mettre sous la dent », a-t-il raconté. Avant de déplorer que l’Europe qui a été montrée comme l’Eldorado, à y réfléchir de prêt se trouve être à la base de plusieurs malheurs des Africain. Selon le Président de l’AME, les pays africains manquent énormément de ressources financières pour financer leur développement, à cause de l’achat des matières premières en dessous de leur valeur.

Des drames de la migration

C’est connu de tous. Migration irrégulière rime aujourd’hui avec la mort dans le Sahara ou dans la mer méditerranée. Mais, aussi, le migrant est exposé à toutes sortes de risques. Pour nous en convaincre, Ousmane Diarra, nous a raconté le cas d’une migrante de retour de la Libye.

« De nationalité malienne, mariée et mère de cinq enfants, elle y a exercé des petits commerces durant 20 ans », a-t-il indiqué. Avant d’ajouter que notre compatriote y a suivi son mari qui était soudeur et menuisier en Libye. C’est en 1996, qu’elle l’a rejoint. Il disposait d’un atelier où il exerçait ses activités. Avec leurs enfants, ils ont passé à peu près vingt ans de séjour sans avoir rencontré le moindre problème. Mais, après la chute de Kadhafi, le pays est tombé dans le chaos. Un jour, le mari se trouvait à son atelier. Et des soi-disant autorités libyennes sont venues l’arrêter. Sa femme et ses enfants, ont toujours ignoré les motifs de cette arrestation. Selon Ousmane Diarra, ses enfants et elle ont fait dix jours sans nouvelle du Chef de famille. Et, que ce n’est qu’après une quinzaine de jours que ses ravisseurs l’ont ramené à la maison en croyant qu’il avait de l’argent caché chez lui. Ce jour-là, complètement désorientée, notre compatriote a quand même eu l’intelligence de confier ses enfants au voisin pour qu’ils n’assistent pas à la scène, qui pourrait être trop traumatisant pour eux. Les milices se sont mises à fouiller toute la maisonnée de fonds en comble. Manque de chance pour eux. Ils n’ont rien trouvé à part la modique somme que la bonne dame avait pu économiser sur les bénéfices de ses petits commerces. Déçus, les miliciens sont repartis avec le chef de famille. Et depuis, plus de nouvelles de lui. Seule avec ses enfants, sans ressources et sans aide, traumatisée par l’absence de son mari, notre compatriote a entamé les démarches auprès de l’organisation internationale des migrants (l’OIM) pour son retour au Mali avec ses enfants. Et, ce n’est pas la fin de leur malheur. Une fois de retour, elle n’avait pas où aller avec sa progéniture. Elle a été contrainte d’aller chez sa mère avec ses enfants. Et, au décès de cette dernière, elle et ses enfants ont trouvé refuge chez sa grande sœur. Et, comme vous le savez, en pareilles circonstances, ce sont les difficultés permanentes.

« Je vous raconte cette mésaventure, pour vous faire comprendre ce à quoi les migrantes femmes sont exposées à l’étranger et une fois de retour forcé au Mali », a-t-il déclaré.

Relation sociale

En parlant de l’effet de la migration sur les femmes et sur les rapports sociaux, il dira qu’elle est très dangereuse dans toute sa diversité. « Une fois arrivée au pays d’accueil, la migrante aura une autre vision de la société. Sa mentalité change sur tous les plans par rapport au pays d’origine. Cela peut provoquer un malentendu entre les deux conjoints », a expliqué Ousmane Diarra. Avant d’ajouter que les difficultés vécues sur le parcours migratoire par ces femmes, sont pour beaucoup dans ce traumatisme.

Solutions pour freiner l’immigration irrégulière féminine

« On ne peut pas freiner cette migration parce qu’il y a des femmes qui ont pris leur destin en main comme des hommes », a-t-il déclaré. Il faut savoir qu’entre l’Europe et l’Afrique, il y a une très grande différence à savoir : le mode de vie.

D’après le président de l’AME, c’est très difficile d’avoir une solution à ce phénomène vue les conditions de vie des africains, des subsahariens, de la vie politique de nos pays, de la mauvaise gouvernance et la non considération de la population africaine. Pour freiner cette immigration selon lui, il faut une bonne gouvernance. Et que les Etas doivent aider les opérateurs économiques à créer des entreprises pour plus d’emploi. Aussi ajoute-il, l’Europe doit complément libérer l’Afrique pour l’aider à se développer…

« Tous les maliens sont des potentiels candidats à l’immigration, parce qu’il n’y a pas de travail stable pour la grande majorité de la population », a-t-il dénoncé. Aussi il a révélé que cette immigration irrégulière des hommes ou des femmes est due à la politique européenne, notamment le refus prononcé à la délivrance des visas. « Il faut que nos pays travaillent à amener l’Europe à réviser sa politique et que la porte de l’Europe soit ouverte comme l’Afrique », a-t-il proposé.

Il a lancé un appel à tous les candidats de faire extrêmement attention. Selon lui, depuis la réunion de 2015-2016 à la Valette, un fond a été crée par l’Union européenne pour distribuer de l’argent à certain nombre de pays africains pour freiner l’immigration. Pour se faire, il dira que l’immigration clandestine devient de plus en plus dangereuse pour les hommes, à plus forte raison pour les femmes. « Faites attention, personne ne pourra plus traverser le désert sans séquelles pour rejoindre les pays d’accueil d’Europe. Tout est mis en œuvre pour faire du Sahara et de la méditerranée des cimetières à ciel ouvert », a-t-il conseillé.

Les femmes sont aussi les premières victimes de guerres ou de conflits politiques, de déplacements liés à des catastrophes écologiques, des famines ou des épidémies. Elles sont aussi des victimes des violences, réelles ou symboliques, faites à leur encontre dans certains contextes culturels. C’est pourquoi leur pourcentage augmente parmi les populations réfugiées ou déplacées.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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