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Immigration clandestine : Un phénomène toujours dangereux

mercredi 28 novembre 2018

L’immigration clandestine ou immigration irrégulière et parfois désignée sous le vocable immigration illégale, a toujours été un problème dans toutes les sociétés, au développement et constitue une perte énorme de bras valides. Malgré les efforts consentis, elle ne cesse de croitre depuis des années, et touche tous les pays, plus particulièrement les pays de l’Afrique de l’Ouest. De nos jours, la problématique de l’immigration clandestine des jeunes reste un phénomène à problèmes et est devenu un casse-tête. De plus, ces dernières années, elle touche la population féminine en Afrique, et marque ainsi un changement conséquent dans le profil de l’immigration dans le monde. Les causes sont nombreuses et les conséquences les suivent. De ce fait, chaque année on enregistre un nombre important de migrants (es) qui meurent en traversant la méditerranée ou d’autres mers, dans leurs tentatives de gagner l’Europe qui, d’après eux, est un eldorado.

L’immigration clandestine est une forme d’immigration. Un immigré clandestin est une personne qui reste dans un pays de manière illégale, sans tenir compte des lois sur l’immigration de ce pays. La Migration irrégulière rime aujourd’hui avec la mort dans le Sahara ou dans la mer méditerranée.

La dangerosité des routes

Oumar Sidibé, président de l’initiative migrant et développement, a constaté que l’immigration clandestine a toujours été dangereuse via certaines routes, comme le Maghreb et le Sahara. Dixit M. Sidibé, les routes ont été toujours dangereuses. « Beaucoup de migrants choisissent la Libye car il était plus facile de trouver de l’emploi pour pouvoir traverser la méditerranéen. Les jeunes Libyens avaient la facilité de contracter les prêts au niveau des banques, essentiellement investis dans l’achat d’embarcations. Une façon pour eux-mêmes de s’enrichir. Dans une embarcation, on cherche quelqu’un parmi les migrants, sensé comprendre le GPS, la Boussole et à pouvoir naviguer », a-t-il relevé. A l’en croire, dans ce phénomène est encré aussi au Maroc et quasiment dans tous les pays du Maghreb et en Afrique centrale.

Les raisons sont essentiellement économiques, culturelles, la précarité ou la recherche d’une vie meilleure. « La majorité des migrants sont des personnes qui ont vraiment besoin d’aller voir ailleurs. Certains risquent leur vie mais ils reviennent et réalisent », a-t-il indiqué. Du côté négatif, selon lui, la migration fait beaucoup de morts et de disparus chaque année. Aussi, il a ajouté que certains projets migratoires tournent en situation de détresse, de traumatisme car l’échec est insurmontable pour certains. Pour cela, il a demandé aux pays d’accueils un traitement humain vis-à-vis de ces migrants. « A l’Etat de prendre les questions migratoires à bras de corps. Car beaucoup se disent est ce qu’il n’est pas préférable d’aller mourir en cherchant que de mourir à rien faire pour changer leurs conditions de vie. La migration est l’affaire de tous », a-t-il déclaré.

Témoignage des migrants accueillis par l’Association Malienne des Expulsés (AME)

De nationalité malienne, marié et père de 7 enfants. Il a exercé une profession de peintre durant 39 ans. Il partage son expérience.

« En 1980 l’aventure (la migration) vers la Libye était à la une. Je suis parti par la voie terrestre. Comme itinéraire, après avoir quitté Bamako, j’ai transité par Gao, Tamanrasset (Algérie) puis Sabah jusqu’à Tripoli (Libye). Au cours du trajet, les passeurs, après avoir empoché leur argent, nous ont abandonné au moment où nous nous reposions en plein désert », a-t-il déclaré. Il a ajouté que pendant cette traversée, les migrants peuvent marcher plus de 2 jours et demi sans secours. Il arrive que certains abandonnent leurs frères de lait pour se sauver.

« Une fois arrivée en Libye, j’ai été accueilli dans un foyer où vivaient beaucoup de ressortissants de mon village. Dès lors, je me suis lancé dans la peinture des bâtiments et autre. Au bout de six mois, je suis devenu un peintre indépendant travaillant pour mon propre compte. J’étais bien connu et très sollicité. Pendant les rafles, les noirs devenaient par la force des choses des mercenaires sans le vouloir. Après le règne de KADHAFI, la Libye est devenue un Etat de non droit, de vagabondage, de menaces de mort, de tortures. Et, pour éviter de tomber dans les filets mafieux, j’ai opté pour le retour par le biais de l’OIM qui nous a demandé de monter des projets. Depuis 9 mois, j’attends. Pour l’instant, c’est mon frère qui me prend en charge », a-t-il regretté.

Tout porte à croire que l’aventure n’est pas facile. On peut tout perdre, même sa famille. Un migrant de retour des Etats Unis d’Amérique, expose son récit de parcours.

« Après le bac, j’ai étudié pendant un an à la chambre de commerce de l’époque (spécialité transit). On m’avait promis la douane sans succès. Je travaillais au côté de mon oncle dans la construction à Manatali dans le poste de superviseur de la route Manatali-Bamafélé dans le cercle de Kita. Mon oncle a pris la décision que j’aille aux Etats-Unis, c’était vers 1990. Après avoir eu le visa, j’ai quitté le 10 août pour arriver aux New York cityle 11. Accueilli par un malien, j’ai directement commencé à travailler comme chauffeur de taxi. Par la suite, quelqu’un (un africain) m’a proposé de demander les papiers dans le cadre de l’asile politique. Tout a été fait sans que je connaisse le contenu et cela je l’ai su le jour de mon jugement. Ce qui était écrit c’est que j’étais un agent secret malien », a-t-il dit.

Poursuivant son propos, il a indiqué que, cependant, qu’il a eu l’autorisation de travail renouvelable chaque année. Qu’en 1996, il a eu le permis pour conduire les bus (school bus). Avant d’avoir le CDI au sein d’une compagnie de transport (Caravane Transportation for New york city school). Il a expliqué qu’après un mois, il a gagné au divertissmentlotery for visa.

« Le jour où je suis parti pour régulariser ma situation, le juge a demandé à mon avocat s’il nous a été remis un numéro matricule délivré par le service de loterie. Ce qui n’avait pas été fait. Après, il y a eu plus de dix minutes d’entretien entre le procureur et mon avocat. A leur sortie, j’ai été informé qu’on ne pouvait rien faire. Car la loi c’est la loi. En 2003, j’ai obtenu un jugement, ce jour-là j’étais accompagné par ma femme. Après avoir été interrogé par le juge, on nous a demandé de revenir dans un mois. Au retour, le juge a dit qu’il est décidé le retour volontaire. J’ai décidé de contester cette décision en faisant appel. Mais c’était sans succès », a-t-il déclaré.

Il a révélé qu’il a été arrêté en novembre 2007 et le 6 juin 2018 pour séjour illégal. Père de 5 enfants, il a aux Etats Unis une maison, une voiture de marque TOYOTA. Sa femme travaille dans un salon de coiffure. Finalement, il a été déporté le 16 octobre avec 4 autres maliens.

« Ma famille et mes biens sont là-bas. Mon souhait est de pouvoir bénéficier de ma retraite. J’ai payé mes cotisations pendant 24 ans. Je dois avoir un papier justifiant que je n’ai jamais travaillé dans le service secret malien. Ainsi, le problème serait résolu », a-t-il lancé.

« Tout n’est pas rose comme on le pense, non seulement tu perds ta dignité, aussi tu deviens l’esclave. S’il y a une chose que je regrette c’est d’avoir immigration », a déclaré un migrant en Italie.

Dans les pays de transites on rencontre beaucoup de difficultés. La première c’est au niveau de nos autorités. Ils nous rendent la vie très dure, juste pour avoir un papier. Au cours des routes, on rencontre énormément de difficultés. « Depuis le Sahara en quittant vers l’Algérie pour l’Italie en 2014, certains migrants sont morts et d’autres ont fait la prison et j’en faisais partie. Mais, grâce à dieux, j’ai pu rentrer en Italie le 16 juin 2016. Depuis lors, je suis sans travail et sans papier. En plus, ils nous détiennent comme des prisonniers de guerre », a-t-il raconté. Il a déclaré que les femmes ont subi des abus sexuels et souvent en groupe. « En Algérie, tu es obligé de faire des travaux forcés, sinon tu n’auras pas de quoi vivre. Et pour pouvoir envoyer de l’argent à tes parents à travers l’ambassade ou par les Chauffeurs, cela prend beaucoup de temps parce que les chauffeurs font d’abord du commerce avec ton argent et à l’ambassade pour envoyer 50 000, on te demande 100 000 », a-t-il dénoncé. Avant d’ajouter, que ce sont les migrants eux-mêmes qui fabriquent les embarcations avec lesquels ils projettent de traverser l’océan, et choisissent l’un d’entre eux pour être le capitaine à bord. Il a indiqué que souvent, il y a 100 à 200 personnes à bord.

« En Algérie, j’ai été témoins d‘une situation, les étudiantes maliennes, sont confrontées à de sérieux problèmes très alarmant. Elles ne revoient pas leur brousse d’étude à temps, pour cela, elles sont es de faire certaines pratiques pour pourvoir subvenir à leurs besoins telles que la prostitution et la consommation des drogues. Et avec tous les risques », a-t-il dénoncé. Il a lancé un message à l’endroit des parents de ne pas envoyer leurs enfants faire des études en Algérie, notamment les filles. Car selon lui, ce que l’homme peut supporter la femme ne peut pas. Il a invité tous les maliens et singulièrement les jeunes à ne pas faire comme eux. Avant de souhaiter qu’ils ne les arrivent pas la même chose. Au gouvernement Malien, il a souhaité un engagement à créer plus d’emplois, car selon lui c’est là le plus gros problème.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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