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    INSECURITE AU MALI : Kati ne fait plus peur à Bamako, mais les bandits armés y sèment la terreur

    lundi 31 octobre 2016 , par Assane Koné

    Sans paix, il n’y a pas de développement, a-t-on coutume de dire. Mais sans sécurité, peut-on aussi parler de démocratie ? Suite au clash de Kati entre militaires, le président fraichement élu à la tête de l’Etat malien en la personne d’Ibrahim Boubacar Kéita a entrepris le démantèlement de la célèbre garnison militaire de Kati baptisée Camp Soundiata Kéita. C’était en 2013.

    A cette occasion, le général Amadou Haya Sanogo a été délogé du camp de Kati pour la base aérienne de Bamako à proximité du camp des commandos parachutistes de Djicoroni Para. Pour annoncer au peuple malien que les opérations de démantèlement du camp de Kati se sont déroulées avec succès, IBK a martelé : « Kati ne fera plus peur à Bamako ! »

    Mais il n’est pas rare d’entendre chez nous que la parole a un os et que si on l’avale, il peut provoquer l’insomnie.

    A Bamako, les habitants s’empêtrent de plus en plus dans une insomnie inquiétante et pour cause !

    Après les évènements douloureux de la Terrasse à l’hippodrome, de l’hôtel Radisson Blu de l’ACI 2000, la ville de Bamako devient de plus en plus le sanctuaire de l’insécurité multidimensionnelle. Il ne sera pas question ici de rappeler le film des évènements qui ont endeuillé ces derniers temps la capitale malienne à l’image de l’ensemble de notre pays.

    Notons simplement que la grande alimentation de Djélibougou sur la route de Koulikoro a subi, en octobre 2016, sa troisième attaque meurtrière sans que les coupables soient identifiés, pourchassés et punis. Il en va de même de l’attaque meurtrière qui s’est déroulée au poste de péage de Sanankoroba, juste la semaine dernière.

    Mais si cette attaque s’est déroulée en pleine nuit (peut être que les gendarmes dormaient à points fermés), celle qui vient d’être perpétrée, jeudi le 27 octobre 2016, au siège de Ecobank à quelques mètres du plus grand camp militaire de Bamako et à quelques encablures de la Cité administrative soigneusement garée et le camp des commandos parachutistes de Djicoroni se passe vraiment de tout commentaire, si ce n’est quel a atteint sans nul doute l’âme même de l’Etat malien et l’honneur de nos forces de défense et de sécurité.

    Pour quelqu’un qui connaît bien la situation géographique du siège de l’Ecobank au cœur de Bamako, il y a lieu de se poser quelques questions : Qui sont les vrais commanditaires de cette vendetta en plein centre de la capitale et en pleine journée ? Comment les brigands ont-ils su avec exactitude qu’un monsieur se rendra ce jour au siège de ladite banque pour un retrait faramineux de 25 millions ? Il y a-t-il des complicités directes et indirectes parmi les gens de ladite banque ? L’homme qui a reçu dans ses jambes avant d’être dépossédé contenant l’argent est-il complice de ses bourreaux ?

    Pourquoi les brigands armés ont-ils pu prendre la poudre d’escampette ne laissant derrière eux leur victime blessée et son véhicule ? Comment aucune action n’a pu être immédiatement déclenchée pour retrouver les bandits armés et leur butin dans une zone facilement bouclage ? Peut- on désormais de rassurer que les travailleurs salariés en quête de leur salaire de marmite dans les banques de la place n’ont rien à craindre pour leur sécurité et leurs dus ? Peut-on s’imaginer que pour la sécurisation d’une si grande et prestigieuse banque comme Ecobank, la caméra de surveillance ayant fait son boulot, aucun coup de fil n’a pu enclencher le bouclage de la zone pour l’arrestation des bandits brigands ?

    Comment comprendre que des policiers à quelques mètres des lieux sous le hangar de la CCR (Compagnie de la circulation routière) sans la moindre intervention ? IBK a-t-il besoin de sécuriser son fauteuil advienne que pourra aux paisibles citoyens maliens ? Visiblement oui ! Le président a-t-il songé à voir méticuleusement dans les différents recrutements des porteurs d’uniforme sous la troisième République ?

    Les questions sont illimitées mais sans la moindre réponse crédible dans la part de nos autorités. En tout cas, dire que les enquêtes sont en cours, c’est reprendre le même refrain chronique au Mali chaque fois que les citoyens réclament lumière et justice. Ce refrain comme on le sait désormais est devenu un mot de passe et à chaque fois il n’y a jamais eu de suite, pas surtout favorable !

    Les coupables, Dieu seul les connaît et peut être que notre peuple n’en aura plus rien davantage ! Il y a seulement un doute hyperbolique sur les éléments radiés des rangs de nos forces de défense et de sécurité sans savoir dans quel état ils sont radiés et les mesures d’accompagnement pour éviter qu’ils soient des poudrières en gestation.

    L’on n’aurait peut être jamais dans ce monde parce que les enquêtes n’ont pas coutume de contribuer au Mali à la manifestation de la vérité dans ce genre de situations pour le moins rocambolesques.

    D’autre part, le citoyen lambda ne peut jamais comprendre qu’aucune action de bouclage n’est pu être entreprise immédiate pour mettre la main sur d’éventuels suspects. Alpha Oumar Konaré a procédé en son temps au recrutement à grande échelle et dans tous les secteurs de la vie nationale des Maliens qui ont pris les armes contre leur propre peuple.

    Il y en a eu des milliers dans les rangs de nos forces de défense et de sécurité. En masse, bien d’entre eux ont déserté l’armée avec armes et bagages. Certainement, bon nombre se trouvent toujours dans la nature sans contrôle possible de l’Etat malien. De quoi sont-ils toujours capables ? Dieu seul le sait !

    Le fait que les brigands se sont sauvés sans problème est le signe fort que désormais Bamako est dans la pleine insécurité et qu’à n’importe quel moment et en importe quel lieu du district de Bamako tout est possible. ! Dès lors, les paisibles travailleurs du Mali ne peuvent se rassurer que rien ne leur arrivera devant les banques et au moment des paiements des salaires. Que ce cas de Ecobank soit éclectique au Mali ne saurait surprendre ceux qui savent et ont conscience que la situation sécuritaire dégénère dangereusement dans notre pays.

    Partick Gibert avertissait dans sa préface de l’ouvrage de Gorges C. Edwards intitulé ‘’Les politiques publiques : élaboration et mise en œuvre’’ : « On souligne rarement le fait que les institutions politiques existantes rendent difficile tout changement fondamental, étant donné la multitude des points de véto que comporte notre système décentralisé d’équilibre des pouvoirs. »

    Il poursuivait en ces termes : « Même si les préférences de l’opinion publique semblent clairement exprimées, rien ne garantit que les élus s’attacheront à y répondre. »

    Le président IBK est très loin de combler les attentes de ses électeurs. Au contraire, ils voient chaque jour que Dieu fait leur sécurité se détériorer dangereusement. Pendant que les bandits armés sèment la terreur à Bamako, Kati ne fait plus peur au président IBK.

    En tout cas, la seule certitude c’est que la garnison militaire de Kati, depuis sa création, n’a jamais fait peur au peuple malien ! Bien au contraire, avec Kati Bamako dormait toujours tranquillement et en toute sécurité. Peut être que c’est IBK qui avait peur de Kati !

    Aujourd’hui, plus que par le passé, ce sont les bandits armés qui inquiètent, qui font de plus en plus peur à Bamako et Kati. C’est plutôt le démantèlement de la garnison de Kati qui inquiète de plus en plus les citoyens maliens.

    Il est grand temps que le président prenne toutes ses responsabilités pour sécuriser son peuple qui plonge chaque jour davantage dans la peur devant l’insécurité grandissante.

    Après les joutes électorales auxquelles IBK s’est livré pendant la campagne présidentielle pour se hisser au sommet de l’Etat malien, il convient de lui rappeler ces lignes de Nelson Mandela : « Une action qui n’est pas précédée de vision n’est que perte de temps ; une vision qui n’est pas suivie d’action n’est que rêve ; une vision suivie d’action peut changer le monde. »

    Nous pouvons simplement dire à IBK que la pratique est le seul critère de vérité. Le président doit sécuriser notre peuple.

    Fodé KEITA
    L’INTER DE BAMAKO

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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