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Général Siaka Sangaré, DGE : « Le fichier électoral 2018, selon les auditeurs est suffisamment fiable pour tenir les élections générales de 2018 »

vendredi 18 mai 2018

Le Général Siaka Sangaré, délégué général aux élections, président du réseau des compétences électorales francophones, a procédé le mercredi 16 mai 2018 à la présentation du fichier électoral 2018 du Mali. C’était à la Délégation générale aux élections (DGE).

Créée par la loi n° 00-058 du 30 Août 2000 portant loi électorale, la DGE selon le délégué général aux élections, a pour missions : l’élaboration et la Gestion du fichier électoral notamment, réceptionner les listes électorales établies ou révisées par les commissions administratives et transmises par le ministère chargé de l’Administration Territoriale, de centraliser et de traiter les informations relatives aux listes électorales, déterminer le logiciel de gestion du fichier électoral biométrique, de publier les données relatives au fichier électoral, de gérer le financement public des partis politiques et assurer une assistance à la CENI à sa demande.

Le général Siaka Sangaré a souligné dans son intervention que c’est un exercice habituel. Selon lui, à chaque échange électoral, qu’il présente à la classe politique, aux médias, le fichier électoral. « C’est le document essentiel du processus électoral ou le socle d’un processus électoral », a-t-il indiqué. Selon lui, c’est à partir du fichier électoral qu’on connaît le nombre d’électeurs, le nombre de bureaux de vote, le nombre des centres de vote. « Et, c’est à partir de cela qu’on prépare la logistique pour le déploiement du matériel », a-t-il indiqué. Après l’audit du fichier électoral, « nous avons estimé qu’il est important de présenter ce fichier dans sa dimension historique, politique, statistique et technique », a-t-il déclaré.

Pour ce qui concerne son actualisation, il dira que le fichier électoral est arrimé à celui de l’état civil et sa mise à jour fait appel à des dispositions légales et réglementaires formant son cadre juridique et implique une série de structures intervenant harmonieusement à travers un ensemble d’opérations séquentielles constituant un mode opératoire stabilisé.

Fichier électoral audité de 2018

« Convaincue que l’audit demeure le moyen sûr de renforcer la confiance des acteurs dans le processus électoral en général et dans le fichier électoral en particulier, la DGE, tout en marquant son accord et sa disponibilité, a recommandé une approche transparente, inclusive et participative à travers un comité d’audit » a déclaré le délégué général. Le comité d’audit selon lui était composé des membres de la CENI, des représentants des partis politiques de la majorité, de l’opposition, du représentant des partis non alignés, de la société civile et des experts de l’OIF.

Le délégué général a indiqué que le comité d’audit a procédé, du 16 au 26 avril 2018, à l’évaluation qualitative et quantitative des données du fichier électoral comparativement aux dispositions de la loi électorale et aux normes et standards internationaux. Selon lui, de 2013 à ce jour toutes les élections générales ou partielles ont été tenues sur la base de ce fichier biométrique qui a régulièrement évolué à la suite des différentes opérations de révision annuelle effectuées conformément à la loi électorale.

« Le fichier électoral de 2018 est le résultat des révisions ordinaire de 2017 et exceptionnelle de février-mars 2018 effectuées par les commissions administratives qui ont enregistré la participation d’une centaine de partis politiques », a-t-il précisé.

Forces et limites du fichier électoral 2018

Selon le délégué général, le fichier électoral biométrique garantie de l’unicité de chaque électeur dans le fichier électoral, afin d’assurer la mise en œuvre du principe : « un électeur, une voix ». L’identification sûre de l’électeur dans le bureau de vote au moyen de la carte d’électeur comportant sa photo et son NINA. Authentification des électeurs au moyen des listes d’émargement comportant la photo en couleur de grande taille et de qualité améliorée, l’existence d’électeurs décédés sur les listes électorales à cause de la faible déclaration des décès, la faible inscription des jeunes de 18 à 21 ans (voir pyramide des âges).

« En dépit des dispositions prises par le Ministère en charge de l’Administration Territoriale pour l’opération spéciale de renouvellement biométrique, (capture de la photographie faciale et des empreintes) de novembre 2017, il a été constaté que les jeunes de 18 à 23 ans sont sous inscrits dans le fichier électoral de 2018 », a-t-il dénoncé. Avant d’ajouté que la sectorisation qui permet de rapprocher l’électeur de son lieu de vote, est souvent inexistante ou incomplète dans certains quartiers des centres urbains. Il a révélé que les régions de Taoudéni et de Ménaka sont encore techniquement rattachées à leur région-mère.

Aussi, il a s’est prononcé sur des erreurs de saisie telles que, l’inversion du genre de quelques électeurs, la présence de caractères indésirables dans certains prénoms et noms. Ces erreurs de saisie liées au RAVEC dit-il, n’ont aucune incidence sur la fiabilité du fichier électoral. A ces limites selon lui s’ajoute l’insuffisance des mesures de sécurité au niveau du Bureau (sécurité incendie, sécurité accès et sécurité informatique).

Pour ce qui concerne la publication du fichier électoral et information des électeurs, dira le délégué général, que c’est dans le souci de renforcer la transparence du fichier électoral et faciliter l’identification des lieux et Bureaux de Vote. Il est procédé à : l’affichage des listes électorales dans les communes une semaine avant le scrutin ; la publication du fichier sur le site web de l’AGETIC, la mise en place d’un dispositif de consultation par SMS qui permettra à l’électeur de connaitre non seulement son centre et son bureau de vote mais aussi la localisation de sa carte d’électeur (références du Lot, du carton et de la page).

« Le fichier électoral 2018 selon les auditeurs est suffisamment fiable pour tenir les élections générales de 2018 », a-t-il déclaré. Mais toutefois ajoute-il, la qualité du fichier électoral reste tributaire de la performance de l’état-civil.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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