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GREVES PERLEES AU MALI : La maladresse des autorités de la Transition

lundi 30 novembre 2020

Les grèves perlées dans les différents secteurs de l’administration publique depuis le renversement du régime d’IBK, le 18 aout 2020, sont le signe d’un manque cruel de dialogue social. Le gouvernement est certainement réactif mais pas suffisamment préventif face aux revendications des syndicats.

Forcer le président de la Transition, Ba N’Daw à travers le chef du gouvernement Moctar Ouane à réagir face à leurs préoccupations, tel est le sens des grèves temporaires ou illimitées de certaines couches de la société au Mali.

Joint au téléphone Seydou Oumar Samaké, sociologue, estime que les actions extrêmes des syndicats pour faire bouger les lignes sont la preuve que le gouvernement manque de doigté dans les négociations. Selon M. Samaké, si un gouvernement est ouvert au dialogue et à la négociation, les personnes qui se sentent lésées dans leurs droits n’auront pas à aller à l’extrême dans leurs revendications. « Tel n’est pas le cas. On ne peut alors blâmer des grévistes face à l’inaction et au manque de dialogue des autorités », ajoute-t-il.

A ses dires, le gouvernement à travers ses attitudes veut découvrir si les grévistes arrivent à influencer l’opinion publique. « Les autorités doivent alors faire machine arrière et prendre au sérieux les différentes revendications, autrement dit, jouer carte sur table. En tout cas que le dialogue prévale et en des moments indiqués. On ne peut attendre à quelques jours d’une grève et dire à un syndicat ne venir négocier ».

A l’en croire, les grèves à répétition démontrent un manque de vision du pouvoir public. « S’il y a trop de fausses promesses, les faux espoirs provoquent de l’agressivité », soutient-il.

Pour notre interlocuteur, la grève qui est un droit et est l’arme ultime. Le sociologue affirme que le gouvernement aurait dû avoir un moyen d’identifier les problèmes et agir avant que la situation ne dégénère. On a été trop réactif mais pas suffisamment préventif face à ces problèmes, estime le sociologue. Il s’interroge sur la qualité des négociateurs. « Quand le chef des négociateurs est indifférent aux revendications, il est très difficile, voire impossible que les discussions aboutissent », soupire-t-il.

« Quand on promet, il faut s’exécuter, si ce n’est pas le cas, cela peut saper la confiance entre l’Etat et les syndicats ». En somme, M. Samaké conseille aux autorités du pays d’honorer les engagements pris car, il y va de la stabilité du pays.

Djibril Diallo
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Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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