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Festival Fila Ni Kélé : C’est parti pour 3 jours de danse dans les marchés de Bamako

samedi 21 novembre 2020

Du 20 au 22 novembre 2020, quatre marchés de Bamako ont connu une animation particulière, dans le cadre du Festival Fila Ni Kélé. Les Halles de Bamako, le marché de Niamakoro, le marché de Balabougou et le marché de Sabalibougou, ont vibré au rythme de la danse contemporaine, sur une initiative du Centre de danse Don Sen Folo.

Initié pour faire la promotion de la danse au Mali, la cérémonie d’ouverture du Festival Fila Ni Kélé a eu lieu le 20 novembre 2020, aux Halles de Bamako. Dans ce marché, les vendeurs (euses), les acheteurs (euses) et les invités de l’évènement, ont pu apprécier la performance « Sauvons la nature » de Alou Cissé dit Zol, avant d’applaudir celle de Oumar Coulibaly, intitulée « Visible invisible » et créée sous le tutorat d’Abdul Kinyenya Muyingo de l’Ouganda. La cérémonie d’ouverture a été bouclée par le spectacle intitulé « Le Cocon » de Balakissa Kébé, accompagnée dans cette création par Aguibou Bougobali Sanou de Bobo-Dioulasso (Burkina Faso).

Notre environnement est malsain. Poussière et eaux usées rivalisent d’ardeur pour nous rendre la vie difficile. Malheureusement, nous ne faisons pas grande chose pour nous doter d’un système d’assainissement digne de nom. Et, la conséquence est que des tas d’immondices envahissent nos espaces de vie au quotidien. Et, pour ne rien arranger, les sachets plastiques avec leurs conséquences désastreuses, s’invitent dans un décor déjà sinistre qui n’invite qu’à la révolte. Et, c’est révolté de l’inaction des autorités, mais surtout de ses concitoyens qui ne font rien pour l’amélioration de leur cadre de vie, qu’Alou Cissé dit Zol a décidé à sa manière de sauver la nature, en lançant un appel : « Sauvons la nature ».

Habillé des pieds à la tête avec des sachets plastiques noirs, il est pratiquement impossible qu’Alou Cissé passe inaperçu. Et, dans une gestuelle bien précise, le danseur a trimballé ses déchets plastiques jusque dans le grand bac à ordures des Halles de Bamako. Toujours en dansant, il y grimpe et se débarrasse de son costume de déchets plastiques noirs et y ressort avec un autre costume blanc, mais cette fois-ci fait de couches de bébés usagers. « Nous n’arrivons pas à nous débarrasser des déchets plastiques qui nous envahissent de toute part et voilà que nous assistons à une ruée sur un nouveau type de déchet : les couches de bébés usagers », a dénoncé le danseur que nous avons approché.

Et, assis sur une moto, vêtu de son costume de couches de bébé, Alou Cissé à traverser le marché des Halles de Bamako, drainant derrière lui une foule jusqu’à l’espace choisi pour abriter la cérémonie d’ouverture.

En face du marché Kenedougou des Halles de Bamako, entre les boutiques de Bakary et de Samaké, Lassina koné, Directeur artistique du Centre de danse Don Sen Folo, initiateur du Festival Fila Ni Kélé, a rappelé que cette initiative fait suite à un programme ambitieux de formation de 3 ans de 18 danseurs, de toutes les régions du Mali. Selon lui, 14 de ces jeunes danseurs venus de Bamako, Ségou, Sikasso et Koutiala, dans le cadre de Fila Ni Kélé, ont bénéficié de l’accompagnement de 8 maîtres danseurs de renommée internationale, pour peaufiner leur création. Ce sont : « le chorégraphe Aguibou Bougobali Sanou du Burkina Faso, Abdul Kinyenya Muyingo de Ouganda, Alou Cissé dit Zol du Mali, Hardo Ka du Sénégal, Auguste Ouédraogo du Burkina Faso, Daouda Keita du Mali, Christophe Chéleux, venu de la France et Mascha Tielemans des Pays-Bas. « Dans le cadre de ce festival, nous avons prévu 21 prestation en trois jours dans 4 marché : Halles de Bamako, marché de Niamakoro, marché de Sabalibougou, et le marché de Badalabougou », a-t-il déclaré.

Selon lui, cette initiative vise à faire la promotion de la danse au Mali. « « Nous avons décidé d’amener la danse contemporaine au marché pour sensibiliser nos concitoyens sur une bonne perception de la danse », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter qu’ils se sont donnés la mission de donner un avenir à la danse contemporaine au Mali afin que les danseurs puissent eux-mêmes œuvrer à la compréhension et à la diffusion de leur Art. Mais, surtout pour qu’ils puissent vivre de l’art de la danse.

En sa qualité de parrain de l’évènement, Karim Togola, Maire de Sabalibougou, Directeur du Centre Karim Togola et lui-même danseur de son état, a salué l’initiative d’organiser ce festival dans les marchés afin de faire la promotion de la danse au près de la population, qui souvent est loin des salles de spectacle.

Il a salué Lassina koné pour son engagement pour la danse au Mali. Il a aussi félicité les différents artistes pour leur création, notamment Aliou Cissé qui a décidé de poser la problématique des la gestion des ordures dans nos cités, à travers la lutte contre la prolifération des sachets plastiques. Il a mis l’accent sur le fait que c’est pour la première fois au Mali qu’il y a une initiative de création et de représentation de spectacle dans les marchés.

Après cette série de discours, les spectateurs ont été invités d’apprécier la performance de Oumar Coulibaly. Intitulé « Visible Invisible », ce spectacle a été mis au point sous le tutorat de Abdul Kinyenya Muyingo de Ouganda. Immédiatement après c’est Balkissa Kébé qui nous a inivité à explorer sa métaphore qui explore la solitude, dans un spectacle intitulé « Le cocon » et mis au point grâce à l’accompagnement de Aguibou Bougobali Sanou du Burkina Faso.

Ensuite, les festivaliers ont été invités à rallier le marché de Niamakoro pour voir deux performances. Celle de Ousmane Fofana coaché par Daouda keita et intitulé « Falah Tièma » et celle du duo Mariam Diabaté et Samuel D. Coulibaly, intitulé « Djnè tunu n’na », peaufinée grâce à l’accompagnement de Auguste Ouédraogo.

Dans son spectacle de danse, Ousmane Sanogo a résumé la vie d’un orphelin parsemée de difficultés, d’injures et de maltraitance. La moralité de sa performance : « seul l’effort paye ». En effet, de travaux en travaux, et après beaucoup de sacrifices, la réussite de l’orphelin sera saluée par une liesse populaire.

Après cette phase de Bamako qui lieu du 20 au 22 novembre 2020, Don Sen Folo propose l’organisation d’une tournée régionale qui va conduire les artistes à se produire dans les marchés de Sikasso, Ségou et Koutiala du 25 novembre au 5 décembre 2020 et du 19 au 30 décembre 2020 dans les marchés de Tombouctou.

Soutenu par la Fondation DOEN, l’Ambassade de France, l’Institut Français, l’Institut Français du Mali, Blonba, l’Association Bilou Toguna, le Centre Culturel Kôré, l’Association Acte Sept, l’Association Côté Cour, le ministère de la culture du Mali, Sanou’Arts et Teliman, auberge Djamilla et la compagnie Nama, Lassina Koné, en sa qualité de directeur artistique de « Fila ni Kélé », a décidé de s’installer dans les marchés de Bamako.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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