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    Festival Ciné Droit Libre 2018 : La non diffusion du film « OKA » de Souleymane Cissé par l’ORTM s’invite au débat

    vendredi 26 janvier 2018 , par Assane Koné

    L’Office de radio télédiffusion du Mali (ORTM) sous la direction de Sidiki N’fa Konaté, a-t-il décidé de censurer Souleymane Cissé, doyen des réalisateurs du Mali ? Pour de nombreux maliens, la réponse est oui, pour la simple raison que Sidiki N’Fa Konaté s’oppose à la diffusion du dernier long métrage intitulé « OKA » de l’icône du cinéma mondial. Et, la problématique de ce refus de Sidiki N’Fa Konaté s’est invitée le 25 janvier 2018, dans le débat qui a suivi la projection du film à Djikoroni Para, dans le cadre de la 3ème édition du Festival Ciné droit Libre.

    Initié pour servir de tribune libre d’expression pour la défense des droits humains et de la liberté d’expression, le Festival Ciné Droit Libre se positionne comme une plate-forme de promotion des droits humains par l’image. La 3ème édition de cette plateforme destinée aux cinéastes et journalistes du monde entier dont les œuvres sont censurées ou ont des difficultés de diffusion, qui se déroule actuellement à Bamako (du 23 au 27 janvier 2018), semble avoir jeté, à juste titre, son dévolu sur le film « OKA » de Souleymane Cissé.

    Depuis sa sorti, le film n’a pas eu la chance d’être vu par de nombreux maliens à travers le pays. Conscient de cet état de fait, le réalisateur avait sollicité Sidiki N’Fa Konaté, Directeur général de l’ORTM pour la diffusion du film sur les antennes de la télévision nationale. Aujourd’hui, tout porte à croire que Souleymane Cissé et son film sont victimes du Directeur général de l’ORTM, qui s’oppose à sa diffusion.

    Lors du débat qui a suivi la projection du film le 25 janvier 2018, à Djikoroni Para, Souleymane Cissé en répondant à une série de questions des spectateurs qui avaient exprimé le souhait que le film soit diffusé sur les antennes de l’ORTM, afin que le maximum de maliens puissent le voir, eu égard à la pertinence du sujet abordé, a été on ne peut être plus clair.

    « J’avais estimé que ce film devait passer sur l’ORTM pour qu’il soit vu par le maximum de maliens à Bamako, dans nos régions et dans la diaspora. Pour ce faire, j’ai adressé un courrier à Sidiki N’fa Konaté, Directeur général de l’ORTM, en cédant les droits de diffusion. Mais, j’ai été surpris par son refus de diffuser le film au nom d’une certaine menace qui ne dirait pas son nom », a indiqué Souleymane Cissé. Avant d’ajouter qu’il était d’autant plus motivé à faire voir ce film par l’ensemble des maliens parce qu’il a bénéficié d’un soutien du Président Ibrahim Boubacar Keita pour le terminer.

    Aujourd’hui, Souleymane Cissé est convaincu qu’il a été censuré par le Directeur de l’ORTM pour avoir réaliser le film « OKA ». Selon lui, il ne comprend pas l’argument avancé par le Directeur qui dit craindre des émeutes, lorsque le même film a déjà été diffusé sur les antennes de AFRICABLE, sans qu’une mouche ne bouge à Bamako.

    Souleymane Cissé a profité du micro pour interpeller Sidiki N’fa Konaté sur son refus de diffuser le film « OKA ». En tout cas le doyen des réalisateurs maliens pense que le refus du Directeur de l’ORTM doit avoir d’autres motivations qui ne sont pas les raisons avancées.

    Et, plus grave, il n’arrive pas à comprendre que du temps du régime militaire de Moussa Traoré, son film « Finyè » ou le vent, qui annonçait avant la date le soulèvement des étudiants maliens de 1991, n’ait pas été censuré et que c’est dans un Mali démocratique que le Directeur de l’ORTM prenne la lourde décision de le censurer.

    Il a rassuré les spectateurs que par la grâce de dieu, le film sera diffusé sur les antennes de l’ORTM, parce qu’il n’est pas normal que l’état mette de l’argent dans un film, à travers la Présidence de la république et que ce film ne soit pas vu par le maximum de malien. Il l’a dit avec beaucoup de certitude parce qu’il est convaincu que son film « OKA » combat l’injustice dont est victime de nombreux maliens.

    « OKA », film documentaire de 1 heure 36 minutes, sorti le 21 mai 2015, dénonce l’injustice sociale et la corruption qui minent le Mali. Dans un article paru chez notre confrère RFI/Culture, la journaliste Elisabeth Lequeret, a propos de « OKA » a écrit : « Le film raconte l’histoire des quatre sœurs de Souleymane Cissé, expulsées de chez elles. Au cœur du conflit, leur maison de Bozola, située dans un quartier très recherché de Bamako et que leur enviait une branche rivale de la famille. Il n’en fallait pas moins pour que leur frère, réalisateur mondialement reconnu, auteur de classiques du cinéma africain comme Yeelen ou Finyè, s’empare de sa caméra pour relater toute l’affaire, et clamer son indignation ».

    Dans « OKA », Souleymane Cissé, célèbre réalisateur malien qui n’est plus à présenter dans le domaine du cinéma sur la planète terre, a pris sa camera pour porter sur la place plus publique un problème qui touche directement sa famille : le Foncier. Mais n’avait-t-il pas le droit, lorsque pour qui connait le Mali, le problème foncier est comme une bombe qui couve sous la cendre.

    Le film « OKA » est de nature à inviter les autorités du Mali à prendre à bras le corps la gestion des problèmes fonciers. Si rien n’est fait dans l’urgence pour faire face à ce fléau, il faut craindre que la sécurité et la stabilité économique du pays ne soient un jour durablement perturbées par ce problème. En tout cas, aujourd’hui, rare est ce malien qui n’a pas un dossier en rapport avec le foncier. L’Etat a l’obligation de prendre ses responsabilités pour assainir le secteur du foncier et mettre en place un dispositif judiciaire pour la gestion transparente des dossiers devant la justice.

    Le fléau est aujourd’hui d’autant plus grave qu’on a l’impression que les spéculateurs fonciers sont venus d’ailleurs pour faire fortune par tous les moyens illégaux. Et Souleymane Cissé, à juste titre a fait une comparaison entre ces spéculateurs et les soient disant Djihadistes qui ont un beau matin envahi tout le nord du Mali, pour violer, voler et amputer des bras.

    Assane Koné

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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