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Face à la crise de l’école malienne : Des élèves maliens lancent un cri de cœur

lundi 2 mars 2020

Ils étaient une centaine de personnes (élèves, étudiants, parents d’élèves) à marcher, du Boulevard de l’indépendance au monument de la paix. « Ecole fermée = destin brisé », « ouvrez nos écoles ! Ouvrez les écoles ! », « Mon droit, c’est mon école », « l’avenir des enfants, c’est dans la classe ». Ce sont-là autant de slogans sur les banderoles que l’on pouvait lire sur les banderoles et que les marcheurs reprenaient en chœur. C’était dans l’après-midi du vendredi 28 février 2020, à l’appel de la plateforme contre la corruption et le chômage (PCC).

« Il y a de cela 10 ans que nous ne fréquentons pratiquement plus les salles de classe. Parce que, tout simplement personnes ne pense à notre avenir. Depuis des années nous attendons que nos parents se réveillent pour défendre notre droit d’aller à l’école. Nous, enfants du Mali, nous ne souhaitons plus avoir le sentiment d’être orphelin alors que vous, nos parents sont encore vivant. Nous refusons d’être abandonnés par le gouvernement du Mali, alors que chaque membre du gouvernement est aussi un parent. Nous refusons d’être méprisés par les enseignants qui sont nos éducateurs. Nous voulons entrer en classe. Et, nous voulons que tous se mobilisent pour ne pas nous abonner. C’est très urgent », a martelé Fatoumata Diallo, porte-parole des élèves.

De son coté, Mme Awa Sow, parent d’élève, a demandé au gouvernement de jouer son rôle pour l’ouverture des salles de classe. Elle dira que c’est une responsabilité partagée. « Nous avons des inquiétudes pour l’éducation scolaire et l’avenir de nos enfants dans cette condition, surtout dans le contexte que nous vivons », a-t-elle déclaré.

Le représentant de l’AEEM a rappelé le rôle premier de son association qui est d’aider les élèves à défendre leurs droits. Il a félicité et remercié les marcheurs et plus particulièrement le PCC pour sa bonne volonté.

Pour sa par, au nom du PCC, le Pr Mamadou Clément Dembélé, a indiqué qu’il s’agit de réclamer nos droits qu’il y a de cela 60 ans, pour que l’école malienne soit ouverte. « L’année 2020 est une année blanche qui se cache derrière une année facultative". Il a lancé un appel à tous les parents de ne pas laisser qu’on bafoue l’avenir de leurs enfants.

« On ne veut plus accepter que nos enfants restent au dehors. On ne veut plus accepter qu’on nous mente. On ne veut plus qu’on nous retire nos droits », a déclaré Pr Mamadou Clément Dembélé. Pour cela, il a demandé au Président de la République et à son gouvernement de faire tout pour que les enseignants reprennent les cours, en acceptant exceptionnellement d’accorder l’article 39, même si cela vaut le report des élections législatives. Et aux enseignants, il a demandé d’arrêter à partir de cette année toutes les sortis intempestives.

« Si le gouvernement ne nous donne pas ce qui nous revient comme droit, si nos enfants ne rentrent pas en classe, nous allons organiser chaque vendredi une marche pacifique jusqu’à la reprise des cours », a-t-il conclu.

Bintou Coulibaly

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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