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Environnement : les enjeux de la Biosécurité et de la Biotechnologie exposés

dimanche 13 juin 2021

La protection de l’environnement est une partie de la biosécurité, cela n’est possible que par l’implication de toutes les parties prenantes dans une approche sectorielle intégrée. L’utilisation des OGMs soulève également des réserves. Notamment : le risque de voir les nouveaux gènes introduits dans les plantes s’échapper et se transmettre à d’autres espèces végétales de l’écosystème ; le risque de voir certaines plantes transgéniques développer de nouveaux virus ; la biotechnologie végétale peut entraîner l’érosion génétique (c’est-à-dire une diminution de la biodiversité). L’information a été donnée par Madame Bagayogo Mama Diarra, Cheffe de Départements Conventions Accords et Traités (DCAT) à l’AEDD, l’or d’un point de presse.

Le mardi 8 juin 2021, dans le cadre des activités de la quinzaine de l’environnement, un point de presse a été animé par Mme Bagayogo Mama Diarra, Cheffe de Départements Conventions Accodrs et Traités (DCAT) sur les enjeux de la Biosécurité et la Biotechnologie et sur l’etat d’avancement de la révision de la contribution déterminée au niveau national (cdn), présenté par Drissa Doumbia, coordinateur. C’était dans la salle de conférence de ladite Agence en présence de Sékou Koné, secrétaire général adjoint de la l’AEDD.

A l’entame de son propos, la cheffe de Départements Conventions Accords et Traités (DCAT) à l’AEDD a défini la Biosécurité comme l’ensemble des mesures préventives, de contrôles et réglementaires des agents biologiques et y compris le développement, la production, le stockage et ou l’utilisation d’armes biologiques et des issus de la biotechnologie (génie génétique, cultures transgéniques).

Dans sa communication, Mme Madame BAGAYOKO Mama DIARRA a rappelé la convention sur la diversité biologique adoptée le 22 mai 1982. Elle dira qu’elle s’intéresse à la ‘biotechnologie’. Son article 2 la définit comme « toute application technique qui utilise des systèmes biologiques des organismes vivants ou des dérivés de ceux-ci pour réaliser ou modifier des produits ou des procédés à usage spécifique ».

Les objectifs de cet instrument, prévus à son article 1, consistent en « la conservation de la diversité biologique, l’utilisation durable de ses éléments et le partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques. Le Protocole de Carthagène relatif à cette Convention, adopté le 29 janvier 2000, s’attache à la ‘biotechnologie moderne’ dans le cadre précis de la prévention des risques qu’elle est susceptible de créer.

Les techniques utilisées en biotechnologie moderne sont entre autres : Techniques impliquant l’introduction directe dans un organisme d’un matériel génétique préparé à l’extérieur dudit organisme, notamment la micro-injection, et l’encapsulation ; la fusion cellulaire ou les techniques d’hybridation ; la recombinaison d’acide nucléique impliquant la formation de nouvelles combinaisons de matériel génétique par l’introduction de molécules d’acide nucléique produites par tout autre moyen à l’extérieur d’un organisme, à l’intérieur d’un virus, d’une bactérie, d’un plasmide de tout autre vecteur, et leur incorporation à l’intérieur d’un organisme hôte dans lequel ces molécules ne peuvent exister naturellement, mais où elles sont capables de se propager continuellement ; etc.

Pour ce qui concerne son domaine d’application, explique-t-elle, la biotechnologie est appliquée dans les domaines suivants : Agriculture ; Sécurité alimentaire ; Industries, santé humaine et animale ; Produits de diagnostics ; Énergie ; Pharmacie (médicaments) ; Préservation et conservation de l’environnement, Génomique (étude de la carte génétique), bioélectronique et les bio capteurs.

Enjeux de la biotechnologie

Dans son intervention, Madame Bagayogo Mama Diarra, Cheffe de Départements Conventions Accords et Traités(DCAT) à l’AEDD, a expliqué les enjeux de la biotechnologie. Que sont : enjeux de la sécurité alimentaire, enjeux sanitaires, enjeux de droit de la propriété intellectuelle, enjeux éthiques. D’abord, enjeux de la sécurité alimentaire, selon elle la biotechnologie végétale, est une des nombreuses options possibles pour améliorer la productivité agricole, a apporté d’importants bénéfices sociaux économiques et du bien-être pour les agriculteurs.

C’est l’utilisation d’approches scientifiques de pointe pour produire des plantes cultivées qui peuvent avoir un ou plusieurs des caractères suivants : augmentation du rendement, résistance aux nuisibles et aux maladies, tolérance aux stress abiotiques, contenu nutritionnel amélioré ou d’autres caractères de qualité. Cependant durant la même période, un petit nombre d’acteurs ont suscité un débat sur les risques perçus et la sécurité des plantes cultivées. En conséquence, les plantes cultivées en biotechnologie ont été prises dans un tourbillon de controverses.

Les préoccupations concernant la biotechnologie végétale doivent être pondérées avec des informations scientifiques fiables, adéquates pour permettre aux différentes parties concernées de s’engager dans un débat objectif et transparent. Une compréhension mutuelle et un dialogue permettront à la communauté mondiale de comprendre les attributs de la biotechnologie végétale et d’aider les fermiers et les consommateurs à en tirer des bénéfices potentiels.

Quant aux enjeux sanitaires, pour elle la libération d’organismes vivants et modifiés [OGM) résultant de la biotechnologie qui risquent d’avoir sur l’environnement des impacts défavorables qui pourraient influer sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique, compte tenu également des risques pour la santé humaine. Ainsi, la prévention des risques biotechnologiques ne représente pas un secteur individuel de la biosécurité en ceci que son champ d’application est intersectoriel. De plus en plus, des OGM sont disséminés à l’échelle mondiale. S’ils peuvent avoir des bénéfices potentiels pour le bien-être des personnes et permettre un développement économique durable, leur prolifération peut toutefois avoir des effets négatifs imprévus sur l’environnement, y compris la destruction de la flore et de la faune indigène, ainsi que des conséquences préjudiciables sur la santé humaine.

Ces effets peuvent être particulièrement importants dans les pays en développement qui ne disposent pas de moyens pour dépister ces organismes et qui, par conséquent, ne peuvent pas préserver comme il le faudrait leurs intérêts nationaux.

Bien qu’on soit en train de mettre au point des directives internationales sur l’évaluation de la sécurité sanitaire des aliments dérivés des OGM, le caractère approprié des processus actuels reste un sujet de préoccupation permanent pour la population. Comme pour les biotechnologies végétales au début des années 1990, les biotechnologies animales ont atteint un degré tel que les concepteurs commencent à commercialiser des produits qui en sont dérivés. La priorité stratégique est de prévenir, plutôt que d’éradiquer, d’atténuer ou d’enrayer, les dangers une fois qu’on a établi l’existence d’une espèce exotique envahissante.

En plus, il faut faire face aux enjeux de la protection de l’environnement, la gestion rationnelle et durable des ressources naturelles. Elle explique que si le principe de précaution en matière de mouvements d’OGMs n’est pas respecté, cela peut entrainer des changements intervenants dans l’environnement, tels que l’appauvrissement de la diversité biologique et la contamination des ressources alimentaires et hydriques donnent parfois lieu à des risques considérables pour la santé humaine et animale. Selon certaines sources, 10% de l’ensemble des maladies humaines évitables sont attribuables à la détérioration de l’environnement et les causes principales de ces maladies sont, entre autres, le manque de mesures sanitaires, la contamination des ressources en eau et la consommation d’aliments insalubres.

Pour ce qui d’enjeux socio-politiques, selon elle le Service International pour l’Acquisition des Utilisations de Biotechnologie Agricoles (ISAAA) soutient un objectif double - transfert de technologies et partage des connaissances. Le programme vedette de l’ISAAA, le Centre des Connaissances en Biotechnologie des Plantes Cultivées, plus familièrement connu sous l’abréviation KC, remplit le deuxième objectif, mettre à la disposition de la communauté mondiale une information scientifique fiable sur la biotechnologie végétale.

Le manque de communication efficace peut compromettre les projets du secteur public qui répondent aux demandes locales spécifiques et sont destinés aux marchés nationaux. Les initiatives de partage des connaissances permettent aux responsables politiques et aux principales parties concernées.

Parlant des perspectives d’après elle, les OGMs contribuent à l’augmentation de la productivité, des efforts supplémentaires sont faits pour développer des plantes cultivées résistantes aux herbicides, le fruit pouvait ainsi rester plus longtemps sur la plante et acquérir une meilleure saveur. Pour elle la composition des cultures est un facteur important pour l’alimentation humaine et animale et pour la production de produits chimiques spéciaux, notamment les biocarburants ; la teneur du sol en azote est améliorée via l’inoculation de bactéries qui fixent l’azote de l’atmosphère, des technologies qui permettent une fixation plus efficace de l’azote, la création de plantes cultivées capables de fixer l’azote. Des plantes peuvent être modifiées de sorte qu’elles utilisent plus efficacement la lumière ; il est possible de développer des cultures pouvant tolérer différentes contraintes.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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