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“De Sable et de Feu” : La première en Afrique au cinéma Babemba ce dimanche 8 septembre 2019

samedi 7 septembre 2019

La projection de la première en Afrique du film de Souheil Benbarka aura lieu le dimanche 8 septembre 2019 à Bamako au Cinéma Babemba.

Marocain de nationalité et malien d’origine, Souheil Benbarka, pour la sortie en Afrique de son dernier film « De Sable et de Feu », a choisi Bamako. Le dimanche 8 septembre 2019, à 19 heures, le Cinéma Babemba va abriter la projection de la première en Afrique du film de Souheil Benbarka. Actuellement présent à Bamako, le réalisateur a animé une conférence de presse le 7 septembre 2019, à l’hôtel Sheraton.

Pour cette conférence de presse, le réalisateur marocain, à l’allure du retour d’un fils prodige, était très bien accompagné. Tout le gotha du cinéma malien s’était mobilisé pour la circonstance. Techniciens, réalisateurs et comédiens de tout âge, ont pris la salle d’assaut, même s’il était prévue une rencontre spéciale entre eux et le réalisateur marocain dans l’après midi. Enfin, tous voulaient exprimer leur solidarité avec le réalisateur marocain qui a décidé de venir rendre hommage à sa terre natale par cette projetions qui va attirer les projecteurs sur Bamako. Et, seul dieu sait que la ville des 3 caïmans a besoin actuellement de telles actions positives.

Madame le ministre de la culture, N’Diaye Ramatoulaye Diallo, Cheick Oumar Sissoko, Secrétaire exécutif de la fédération panafricaine des Cinéastes, Pape Koly de Afrique Films, distributeur ‘’ De Sable et de Feu’’, Souleymane Cissé, Président de l’UCECAO, Salif Traoré, Président l’Union nationale des cinéastes du Mali, et Modibo Souaré, Directeur général du CNCM, s’était tous mobilisés pour la circonstance. Et, l’engagement du réalisateur marocain pour le Mali, en vaut la peine.

Pourquoi Bamako ?

« Je ne suis plus jeune. J’ai 77 ans. Et, c’est le premier film que j’ai fait avec le numérique, cela m’a pris 3 ans. Et, comme je me suis posé la question de savoir si ce n’était pas mon dernier film, alors, j’ai voulu que la projection de la première en Afrique de mon dernier film ‘’De sable et de Feu’’ ait lieu au Mali, sur la terre qui m’a vu naître ». C’est par cette phrase pleine de sens que le célèbre réalisateur marocain, a expliqué pourquoi il a voulu que cette projection ait lieu au Mali.

Dans le même sens Pape Coly de Afrique Film, dira que si sa structure a eu le privilège de distribuer le film de Souheil Benbarka, c’est grâce à l’attachement que le réalisateur a pour le Mali. « Pour la distribution de ce film, il y avait plusieurs structures de distribution qui s’étaient proposée. Mais, nous avons été la seule structure qui a accepté de la faire la projection de la première en Afrique au Mali », a-t-il révélé.

Donc, pendant 4 semaines, les maliens pourront voir le film au Cinéma Babemba, qui malheureusement reste le seul lieu qui répond aux exigences techniques pour la diffusion du film.

Au parent, il avait rappelé qu’il est né et a grandit à Tombouctou de mère et de père ‘’tombouctiens’’. C’est à la faveur du lycée qu’il est venu à Bamako au Lycée Terrassons De Fougères. « Et, c’est grâce à une bourse que je suis aller en Italie pour faire les mathématiques. Mais, un plateau de tournage d’un film va attirer mon attention et le cinéma va me happer », a-t-il indiqué Et, depuis, chaque fois qu’il revenait à Bamako pour ses vacances, il passait tout temps à l’OCINAM.

Engagement pour le Mali

En sa qualité de célèbre réalisateur marocain, il s’est vu confier la destinée du Centre national de la cinématographie du Maroc par le Roi Hassan II. Et pendant 19 ans, il sera le Directeur général de cette puissante institution. Parmi tant d’autres services, c’est à la tête de cette institution qu’il a rendu l’un des plus grands services au Mali : la protection et la préservation de la mémoire filmique du pays à partir de 1960.

Il se souvient comme si c’était hier. « Ayant senti les prémices de la dislocation de la Yougoslavie et comme je savais que toutes les archives du cinéma malien s’y trouvaient, j’ai décidé de faire quelque chose pour les sauver d’une catastrophe certaine », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que comme au Maroc, il y avait un blockhaus, j’ai mis à contribution l’ambassadeur de Yougoslavie d’époque au Maroc pour savoir où se trouvaient exactement les archives maliennes. Et, j’ai écris à l’OCINAM pour que les archives maliennes soient transférées au Maroc. « Mais, entre temps, la Yougoslavie a demandé le payement de 80 000 dollars que j’avais pas. J’ai vu le Roi qui a accepté de prendre à charge le payement de 40 000 dollars et m’a demandé de voir avec le Mali pour les autres 40 000 dollars », a-t-il révélé. Avant d’ajouter, qu’à l’époque au regard des difficultés du Mali, il lui était impossible de poser un problème de 40 000 dollars, et il n’a eu le choix que de se tourner vers l’UNESCO qui a bien voulu lui trouver les 40 000 autres dollars. Mais, ce n’était encore le bout du tunnel. « Cette somme mobilisée, la Yougoslavie pose un autre problème de 4 000 Euros, que nous avons vite réglé », a-t-il indiqué. Avant de rassurer l’auditoire que les archives maliennes sont aujourd’hui en lieu sûr au Maroc. Et, mieux, il dira que depuis deux, le royaume chérifien s’est très bien équipé pour la numérisation des films. « Aujourd’hui, si l’on veut numériser les archives maliennes qui sont au Maroc, cela prendra 4 ans selon les techniciens. Mais, rassurez-vous on trouvera la formule pour que cela soit fait. J’en fais une question personnelle », s’est-t-il engagé.

Le gotha du cinéma malien qui s’était mobilisé pour la circonstance, de façon individuelle, ont eu les mots justes pour saluer le talent de ce réalisateur émérite qui a écrit les belles pages du cinéma marocain.

« De Sable et de Feu », le film qui sera projeté le dimanche 8 septembre 2019, au Cinéma Babemba, en présence de Mme Keita Aminata Maïga, épouse du Président de la république, est inspirée d’une histoire vraie.

Selon le synopsis, le film se situe entre 1802 et 1818. C’est l’histoire vraie et épique d’un officier de l’armée espagnole, conspirateur de génie. Missionné par l’Espagne, Domingo Badia, alias Ali Bey El Abbassi va rencontrer Lady Hester Stanhope, une aristocrate anglaise, plus connue sous le nom de Meleki, et ils vont vivre ensemble une aventure hors du commun qui bouleversera le Moyen-Orient.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.