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DE PEUR DES VIOLENCES : Les Gabonais se terrent chez eux

lundi 29 août 2016

A quelques heures de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle par la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap), la psychose gagne du terrain chez les gabonais.

Les boutiques et autres commerces restent pour la plus part fermés dans plusieurs quartiers de la capitale. Les rues sont presque désertes en tout cas il n’y a pas une très grande affluence comme d’ordinaire. L’administration fonctionne timidement.

Si des parents ont les yeux sur les activités quotidiennes de leurs enfants, d’autres ne veulent pas qu’ils s’éloignent d’eux à cause du risque d’affrontement.

C’est pendant la nuit qu’on sent véritablement ce changement de comportement brusque chez les Librevillois. La majorité de la population évitent de rester longtemps dans les rues. « Je suis très pressé de rentrer chez moi » a répondu une jeune fille, qui en temps normal s’éclate dans les Nights clubs et autres restaurants. Pourquoi vous rentrez tôt ? Elle répond : « Vous n’êtes pas à Libreville ? ».

Les coins jadis animés reçoivent peu de clients. Notre promenade nous a amené dans un restaurant. Un serveur dudit restaurant explique « les Gabonais ne connaissent pas la violence de nature. Si un candidat à une élection se permet de dire qu’il fera sortir des gens dans la rue s’il ne gagne pas, il y a lieu de s’inquiéter. C’est pourquoi, nous n’avons pratiquement pas de clients depuis samedi nuit ».

Chargées de veiller à la sécurité des personnes et du bon déroulement du vote, les forces de l’ordre e sont visibles dans les axes stratégiques, devant des immeubles et patrouillent dans la ville. C’est dans cette atmosphère de peur que le président de la Cenap va devoir proclamer les résultats.

A.S.
Envoyé spécial

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.