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Cour d’Assises : Le procès du Commissaire de la police islamique de Gao renvoyé au 18 août 2017

mercredi 9 août 2017

Aliou Mahamar Touré, commerçant de peaux et cuirs et ancien commissaire de la police islamique du Mujao à Gao entre 2012 et 2013, a comparu le mercredi 9 août 2017, devant la cour d’assises de Bamako. Aliou Mahamar Touré est accusé d’avoir commis des crimes de guerre, tortures, trahison, atteinte à la sureté intérieure de l’Etat, atteinte à l’intégrité du territoire, association de malfaiteurs, coups et blessures volontaires, de terrorisme, de détention d’armes de guerre et de munitions pendant l’occupation dans la ville de la cité des Askias ( Gao) par les jihadistes du Mouvement pour l’Unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO).

Il faudra finalement attendre 48 heures, jusqu’au 18 août 2017, pour le procès de Aliou Mahamar Touré. Son dossier était des plus attendus de cette première session de la cour d’assises de Bamako, lors de la troisième journée.

Mahamar Aliou est poursuivi pour crime de guerre, tortures, trahison, d’atteinte à la sureté intérieure de l’Etat, atteinte à l’intégrité du territoire, association de malfaiteurs, coups et blessures volontaires, de terrorisme, de détention d’armes de guerre et de munitions.

Dans la matinée du mercredi 9 août 2017, il y avait du monde dans la salle II au nom de Tiémoko Diatigui Diarra. Le procès était ouvert au public. Ils étaient plusieurs dizaines de simples citoyens à s’être déplacées pour être témoins oculaires. Mais, il fallait se soumettre à une fouille à l’entrée de la salle par les forces de l’ordre (gendarmes).

L’audience du mercredi n’a pas eu lieu. Quelques minutes à peine et la Cour a renvoyé le procès au mercredi 9 août 2017 répondant ainsi favorablement à une requête de l’avocat Moctar Mariko, constitué pour la partie civile qui a plaidé le fait que la partie civile n’était pas présente.

La partie civile absente. Selon Me Malick Ibrahim, l’un des avocats de la défense de Aliou Mahamar Touré, s’est dit scandalisé et révolté parce que c’est un homme privé de liberté depuis bientôt 4 ans pour des faits graves, des faits entendus à l’enquête préliminaire qu’ainsi qu’à l’instruction.

La chambre d’accusation a pris une ordonnance de renvoi devant la cour. A en croire Me Malick Ibrahim, le dossier est complètement en état pour être jugé. Mais pour faire plaisir à des parties civiles qui ne sont même pas obligés d’être présents physiquement.

« Que la cour néanmoins trouve les moyens de renvoyer la cause à la prochaine session parce que aucun des conseils de l’accusé régulièrement Constitué ne sera présent à la date du 18 août à laquelle le dossier a été renvoyé par la décision de la cour. Nous ne serons pas là pour défendre parce que nous sommes programmés pour rendre grâce à Allah », a poursuivi Me Malick Ibrahim. Plus loin, il dira que Aliou Mahamar est comparu parce que simplement il est issu d’une communauté sonrhai dont la loyauté à l’égard de l’Etat malien l’a fragilisé et la vulnérabilisé. Une communauté qui a refusé de prendre les armes contre le Mali. Aliou Mahamat n’était pas le chef du MUJAO.

« J’ai voulu que la cour observe les principes contradictoires. C’est en cela que ce procès va avoir une crédibilité. Moi, je ne peux pas représenter les parties civiles, les victimes qui ont souffert dans leur chair. Et la présence même de ces parties civiles est un élément de conviction », a expliqué Me Moctar Mariko. « Moi, en tant que avocat des victimes, je ne peux pas répondre à certaines questions. Ce sont les victimes elles-mêmes qui sont à mesure de répondre à ces questions et de décrire leurs souffrances. Voilà pourquoi, j’ai demandé le report pour qu’il ait un procès équitable. Que les principes du contradictoire soient respecté et observé et afin que la cour d’assises puisse pencher sur les éléments concrets et objectifs », a-t-il indiqué.

Selon Mariko, ce procès à une valeur pédagogique et stratégique. « Ce serait l’occasion pour ces populations de comprendre qu’il y a une justice en République du Mali », a-t-il déclaré.

Lamine Kané

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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