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    Ciné Droit Libre Bamako 2018 : Un démarrage en trombe avec la projection du Film « Frontières »

    jeudi 25 janvier 2018 , par Assane Koné

    Du 23 au 27 janvier 2018, la ville de Bamako vibre au rythme de la 3ème édition du Festival Ciné Droit Libre, placé sous le thème « Migrations, loin de chez nous ». Le lancement de cet évènement qui se veut un espace de libre a eu lieu le 23 janvier 2018, à l’Institut Français du Mali. Discours, slam, humour et projection de films court métrage et long métrage, ont agrémenté le programme.

    La salle de spectacle de l’Institut du Mali a refusé du monde le 23 janvier 2018, à la faveur de la cérémonie de lancement du Festival Ciné Droit Libre 2018. On a eu l’impression que personne ne voulait se faire conter le démarrage des activités de cet évènement, placé cette année sous le parrainage de l’artiste malien Master Soumy.

    En plus du représentant de la CEDEAO, l’évènement a enregistré la participation de l’ambassadeur du Pays Bas au Mali, Moussa koné, Chef de Cabinet du Ministre des maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine et de plusieurs artistes dont Master Soumy et Didier Awadi du Sénégal.

    En sa qualité de premier responsable de l’Institut Français du Mali, Corinne Michaelli a exprimé toute sa joie d’abriter des activités phares de l’édition 2018 du Festival Ciné Droit libre, comme ce fut le cas lors des éditions précédentes. Elle a salué l’initiative de ce festival qui offre un espace de projections d’œuvres cinématographiques afin de susciter des débats.

    « Nous avons décidé cette année de rendre hommage à toutes ces personnes devenues vulnérables par le fait d’avoir quitté chez eux pour des lendemains meilleurs ailleurs », a indiqué Moctar Barry, Coordinateur du Festival Ciné Droit Libre au Mali. Selon lui, en choisissant le thème : « Migrations : loin de chez moi ? », Ciné Droit Libre a voulu lancer une réflexion sur les enjeux des flux migratoires, aussi bien sur les migrants, que sur leurs pays d’origines et de destination.

    « Cette édition compte poser le débat en compagnie d’éminents invités avertis sur la question, sous le parrainage de l’artiste engagé MASTER SOUMI connu pour ses prises de position sur des sujets liés aux droits humains et à l’extrémisme violent », a-t-il ajouté. Avant d’indiqué que c’est convaincus du rôle primordial que peut jouer le cinéma dans l’éveil des consciences, qu’ils ont sélectionné une série de films de qualité pour mieux informer les bamakois.

    Et, comme pour confirmer ce que Moctar Barry a dit, le maître de la cérémonie en la personne du célèbre humoriste ivoirien Maréchal Zongo, va inviter deux jeunes talentueux slameurs. Saccharose et Kounady, dans un jeu de scène renforcé par des paroles très chocs, vont inviter la jeunesse africaine à ne pas se jeter sur les routes incertaines de l’immigration. « Reste, il y a encore une chance », le conseil donné à Kounady à son frère restera longtemps gravé dans l’esprit des nombreux jeunes qui étaient dans la salle, tant cela a été dit avec manière.

    Dans la même thématique, les initiateurs de la manifestation ont diffusé deux films vidéo réalisés par des jeunes migrants. Le Premier est une compilation de complaintes, de conseils et de revendications de jeunes migrants africains, bloqués quelque part dans le Sahara. Le deuxième retrace en quelques minutes le combat de deux jeunes ivoiriens sans domicile fixe dans les rues de Paris. « Ne prenez le risque de tenter l’aventure de l’immigration clandestine. Nous le déconseillons à tous parce que c’est difficile plus que le mot difficile », conseillent pratiquement les deux films. Yoro, un jeune humoriste malien a été mis à contribution, dans le rôle d’un soit disant « Djihadiste » pour nous rappeler la triste réalité de la vente des migrants quelque part en Libye.

    « Frontières » ou le condensé des misères possibles sur les frontières des états de la CEDEAO

    « La 3ème édition du Festival Ciné Droit Libre a eu un énorme succès à Ouagadougou et j’espère que cela sera de même pour le Mali », a indiqué Abdoulaye Diallo, Coordinateur du Festival Ciné Droit Libre en Afrique de l’Ouest. Il a profité de l’occasion pour saluer de vive voix l’accompagnement de l’Ambassade des Pays Bas au Mali pour leur engagement à soutenir le Festival Ciné Droit Libre. Après avoir félicité Malick Konaté dont le film réalisé sera projeté le vendredi 26 janvier 2018, il a lancé l’appel à projets de films pour le concours de 2018.

    L’Ambassadeur du Pays Bas au Mali est intervenu pour dire que son pays engagé dans la promotion des droits humains, n’avait pas le choix que de soutenir un festival de cinéma qui offre un espace d’expression à une frange non moins importante de la société malienne : la jeunesse. De la migration, il dira que le phénomène n’existe pas seulement entre l’Afrique et l’Europe, mais aussi entre les pays africains. Et, c’est pour cela qu’il a félicité les organisateurs du festival pour la programmation du film « Frontières » de la burkinabé Apolline Traoré, qui pose avec une acuité particulière le problème de la libre circulation des personnes et des biens en Afrique de l’Ouest malgré les différentes conventions de la CEDEAO.

    Pour sa Moussa Koné, Chef de Cabinet du ministre des maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, a salué cette belle initiative. Au nom du ministre, il a témoigné la gratitude aux organisateurs du Festival Ciné Droit Libre pour le choix de la thématique de l’immigration.

    Il a exhorté les jeunes maliens à refuser les chemins de l’immigration clandestine, au profit de l’immigration légale. Il a mis un accent particulier sur l’apport des migrants maliens à l’économie malienne. Selon lui, les migrants maliens apportent au Mali au moins 500 milliards de FCFA par an.

    En sa qualité de parrain de l’édition 2018 du Festival Ciné Droit Libre, Master Soumy a rappelé l’initiative des ateliers qui ont permis de formé une trentaine de jeunes rappeurs maliens, afin qu’ils mettent leur art au service de la société. A propos du thème « Migrations, loin chez moi ? », il dira que de la sorte que tout départ doit inquiéter, tout accueil se fait avec un minimum d’attention. « Pourquoi ne pas parti si loin d’un si loin inhumain » ? C’est-t-il interrogé, comme pour dire que nombreux jeunes africains fuient l’inhumanisme qu’on veut leur imposer par le chômage te le manque de perspectives. Et, pour le montrer d’avantage, il dira : « Pourquoi ne pas parti quand là où nous voulons rester nous traite comme étranger ? ».

    Comme pour donner un début de réponse aux nombreuses questions que se posent Master Soumi quant à l’immigration, les nombreux participants à cette cérémonie de lancement de l’édition 2018 du Festival Ciné Droit Libre, ont pu suive la projection du film « Frontières » de Apolline Traoré.

    Film d’une durée de 1 h 30 minutes, « Frontières » met en scène des personnages comme Adjara, Emma et Sali sur le long chemin qui part de Dakar à Lagos, en passant par Bamako, Bobo-Dioulasso et Cotonou.

    Le voyage de ces trois femmes dans une Afrique de l’Ouest qui se dit intégrée, est un véritable parcours de combattants. La vétusté du parc automobile est mise en exergue par les nombreuses pannes du bus. L’insécurité y est matérialisée par l’action des coupeurs de routes. La malhonnête y est exprimé par le comportement d’un jeune qui se permet de garder par devers lui des bijoux qu’une dame lui aurait remis dans son jeu de cache-cache avec la douane. Et, comme la libre circulation des personnes et des biens en Afrique de l’Ouest n’est pas encore une réalité malgré les efforts de la CEDEAO, ces braves dames vont vivres et faire aux spectateurs les cauchemars que l’on a lorsqu’on décide de traverser une frontière en Afrique de l’Ouest. Corruption et violences faites aux femmes s’y invitent par moment pour dire qu’il y a encore du chemin à parcourir si long veut que l’intégration des peuples soit une réalité en Afrique de l’ouest.

    Assane Koné

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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