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Centre du Mali : Tabital Pulaaku-Mali dit non au génocide peulh

mercredi 27 mars 2019

Suite à une agression barbare et meurtrière qu’a subie le village de Ogossagou-peulh, dans le cercle de Bankass, le samedi 23 mars 2019, l’association des amis de la culture peulh, TabitalPulaaku était face aux médias pour dire halte au génocide peulh et de démentir les propos diffusés sur les réseaux sociaux, selon lesquels le Président de TabitalPulaaku appelait à la vengeance. C’était le mardi 26 mars 2019 à la maison de la presse.

« Ogossagou peul constitue à nos yeux le pire cas de violence et d’horreur jamais atteint dans notre pays. Le Drame de Ogossagou peul est à ne pas en douter le résultat d’une situation que l’on a laissé pourrir et se dégrader sans qu’aucune mesure ne soit prise malgré les appels et les mises en garde tant de notre association que des communautés », a déclaré Abdoulaye Aziz Diallo, Président de l’Association TabitalPulaaku.

Il a indiqué que cette agression a fait au moins 174 morts, plus de 50 personnes blessés, tous de l’ethnie peule, parmi lesquels des enfants, des femmes enceintes, des vieillards. Selon lui, le bétail a été tué à bout portant par des armes à feu et toutes les concessions, et des greniers ont été détruits et brulés.

Selon lui, ce sont des crimes imprescriptibles. Il a indiqué que TabitalPulaaku condamne avec la plus grande fermeté cet acte qui s’inscrit parfaitement dans l’entreprise génocidaire en cours contre la communauté peulh.

Par la voix de son président TabitalPulaaku, exige que les commanditaires, auteurs de ces crimes ainsi que leurs complices soient recherchés, arrêtés et traduits devant les juridictions compétentes y compris le TPI pour répondre de leurs actes.

Sur la même veine, il a précisé que la dissolution de la milice Dan Na Amassagou par le gouvernement du Mali n’est pas suffisante. « Cette milice criminelle et terroriste doit être désarmée sans délai et jugée », a-t-il martelé. Avant de lancer un appel au gouvernement à dissoudre, et à désarmer rapidement toutes les milices et à démanteler toutes leurs bases et camps notamment ceux de Mama Dembélé (Ké Macina Kiguiri), Synali Maiga (Prêta, Djenné) et Yero Mama Daande PLEAH (Saré Mari, Djenné) et consorts.

TabitalPulaaku appelle le gouvernement à œuvrer au retour de tous les déplacés dans leurs villages avant l’hivernage, et à assurer leur sécurité et leur fournir le minimum pour survivre avant les prochaines récoltes. Il les a invités à libérer sans délai les personnes injustement détenues dans les geôles partout au Mali. TabitalPulaaku en appelle à la mobilisation, et à la vigilance de tous les maliens de bonne volonté pour que le Mali reste un havre de paix pour tous ces filles et ces fils, et tourne définitivement le dos à cette épuration programmée.

Pour conclure son propos, il dira qu’il n y’a pas de conflit entre les peulh et les dogon, car ils vivent ensemble depuis des siècles.

Hamadoun Dicko, président de la jeunesse tabitalpulaaku, a estimé que plus de 11 villages peulh dans le cercle sont menacés de disparaître. Pour montrer une fois de plus leur mécontentement, l’association Tabitalpulaaku invite tous les maliens et maliennes sans distinction aucune à une marche pacifique prévue le jeudi 28 mars 2019 à 16h. « Notre immobilisme et notre manque de réaction peuvent être considérés comme une complicité passive. Et surtout, aujourd’hui ce sont les peulh, demain, nous ne souhaitons pas, ça sera le tour de qui ? », a-t-il déclaré.

Pour sa part Maitre Hassane Barry a estimé que l’Etat a sous-traité la sécurité de la zone à Dan Na Ambassagou. Il s’est interrogé, si « tuer 174 personnes dont les femmes enceintes, des enfants, des animaux est une lutte contre le terrorisme ? ». Avant de dire qu’ils ont demandé à l’Etat de combattre avec tous les moyens les milices.

De son côté Choguel Kokala Maiga, président du MPR, a estimé qu’il faut que les enquêtes nationales et internationales aboutissent. Selon lui, personne ne doit construire sa carrière politique, consolider ses acquis politiques, sociales et économiques sur le malheur de nos populations qu’elles soient Peulh, Dogon, Bambara, Touareg, etc. Selon lui toutes les personnes qui sont impliquées dans les morts de nos concitoyens doivent être recherchées, poursuivies et jugées. « Les hauts responsables savent ce qui se passait. Cela n’a pas commencé aujourd’hui. Il faut maintenir la pression pour mettre fin à l’impunité », a-t-il lancé.

Bintou COULIBALY
Mohamed CAMARA (stagiaire)

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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