COURS A DISTANCE : Une initiative saluée par des élèves et des parents d’élèves, mais…

lundi 20 avril 2020

Malgré quelques imperfections, les cours à distance sont bien appréciés par des élèves et par des parents d’élèves.

Coronavirus Oblige. Les autorités du pays ont décidé de la fermeture des écoles publiques et privées sur l’étendue du territoire nationale. Une fermeture qui se prolonge jusqu’au 9 mai prochain. Face à la situation, les autorités du pays ont décidé de faire autrement, dispenser les cours à distance sur les deux chaines de télévision publiques et sur la radio nationale afin d’assurer la continuité pédagogique et de rattraper le temps perdu.

Les cours à distance, selon les responsables de l’Education nationale se déroulent du lundi au vendredi de 10h15 à 11h 45 sur les antennes de la télévision nationale (ORTM1 et 2), la radio nationale et l’Internet.

Sont concernés par ces cours : les classes de 9è année, de 12è année, de 3è année du Certificat d’aptitude professionnelle (CAP), de 3è année du Brevet de technicien (BT1) et de 4è année BT2. Les mathématiques, la physique, la chimie, la rédaction, l’histoire, la géographie, la biologie sont les matières enseignées au niveau de la 9è année.

Ces cours sont suivis par les élèves dans plusieurs foyers de Bamako, même s’ils rencontrent quelques difficultés liées à l’inaccessibilité de la télévision et de l’Internet en bien d’endroits du pays.

Notre équipe a fait le constat dans plusieurs familles à Kalabancoro, Faladié, Lafiabougou.

Aux heures indiquées, les élèves se mettent devant leurs postes téléviseurs pour suivre les programmes diffusés sur le petit écran. Certains apprenants sont assistés par leurs mamans ou par leurs frères en classe supérieur.

Assise à côté de sa maman sur un fauteuil dans le salon, Miriam Diarra, fait la 9e année au Groupe scolaire Mamadou Kounta à Kalabancoro. Un cahier sur la table et son bic en main, nous rencontrions la candidate au DEF, les yeux rivés sur le petit écran, concentré en train de suivre le cours de mathématique. Au fur à mesure que le professeur passe d’une partie à une autre, elle prend note même si le rythme avec lequel le cours est dispensé est trop rapide pour elle. Brillante en classe, Mlle Diarra parvient tout de même à se tirer d’affaire. A la fin de ce premier cours de mathématique, elle donne ses impressions « J’ai suivis avec intérêt le cours de la professeure de Math. Comme je m’y connais un peu, cela ne m’as pas posé de problèmes. J’ai pu prendre des notes ».

L’apprenante salut l’initiative qui, à ses dires leur permettra de rester connecté et de ne pas oublier les leçons déjà apprises. Toutefois, Mariam regrette le temps jugé trop court du cours dispensé et a proposé que les autorités songent à revoir le timing.

Bien que salués par les élèves et leurs parents respectifs, ces cours à la télévision sont jugés trop rapides pour être bien assimilés. Pour remédier à cette difficulté, les élèves sont parfois obligés de s’organiser.

Classé 11è de sa classe lors des évaluations du premier trimestre, Youssouf Sanogo qui fréquente un lycée privée à Faladié en classe de terminale, est obligé de se rendre chez un camarade de classe pour suivre les cours. Son tuteur n’allume la télé qu’à son retour du travail, c’est-à-dire dans la nuit. Cela n’empêche le jeune élève qui a quitté son Koutiala natale d’apprendre. Dans une véranda exiguë, Youssouf et son camarade de classes, Daouda Traoré ont organisé à leur manière la façon de suivre les cours. Pendant que Youssouf filme le cours de mathématique avec son téléphone, son camarade Daouda, prend note sur un tableau installé pour l’occasion. C’est après la diffusion du cours à la télévision que les deux candidats au bac se mettent ensemble pour mieux comprendre. « Si on doit suivre le cours en même temps, il sera difficile pour nous de comprendre, car c’est un peu rapide pour nous. C’est pourquoi, on passe par ce procédé », a affirmé le jeune Sanogo.

Si l’initiative de maintenir les élèves est saluée par de nombreux élèves et parents à Bamako, que feront les élèves qui n’ont pas accès à la télévision, encore moins à internet ou à la radio ?
La grande inconnue est de savoir si à la fin des cours à distance seront organisés les examens de fin d’année ?

Hamidou B Touré
ARC EN CIEL

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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