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Biennale Africaine de la photographie 2019 : Moussa Kalapo présente son livre intitulé « D’autres mondes »

lundi 2 décembre 2019

La plupart des travaux sur l’immigration ont été conduits à l’aune de ceux qui partent, à la recherche d’un lendemain meilleur ailleurs. Contrairement à cette tendance, Moussa Kalapo a décidé de faire balader son objectif dans la vie de Saba, un malien qui vit à Bamako, avec la ferme volonté de rester au pays malgré les difficultés pour se construire un bonheur.

C’est ce travail d’une beauté exceptionnelle qui véhicule un message fort à destination de la jeunesse africain qui a été au centre d’une cérémonie, le 2 décembre 2019, au Centre Soleil d’Afrique dans le cadre de la 12ème édition de la Biennale africaine de la photographie.

En effet, le livre intitulé « D’autres mondes » que Moussa Kalapo vient de publier, est une compilation de 25 images d’une beauté rare, réalisées dans un style documentaire. Suffisamment expressives, ces 25 images sont accompagnées des textes de Minga Siddick, son mentor malien et de Buyaphi Mdledle, son mentor sud africain.

« Ce travail est une immersion dans la vie d’un jeune africain, à travers celle de Saba, qui malgré toutes les tentations, résiste à l’appel de la Méditerranée pour goûter aux délices supposées de l’Eldorado et se bat chaque jour contre lui-même et contre les pesanteurs sociales pour avoir, non sans peine, son pain quotidien, vivre une partie de cette vie en visitant toutes ses zones d’inconfort et ses péripéties faites parfois d’incertitudes et d’angoisses, c’est un acte de courage que le jeune Moussa Kalapo n’a pas hésité à poser », nous a indiqué Minga Siddick, qui est l’un des mentors du jeune photographe. Il a estimé que le travail de Kalapo est une célébration métaphorique du courage de rester au pays quelles que soient les adversités et surtout de rester debout pour se construire.

Pour sa part, le sud africain Buyaphi Mdledle perçoit ce travail de Moussa kalapo comme un dialogue entre amis. Les deux amis, Saba et Moussa, possèdent des qualités notables. Et, mieux, il dit que certains pourraient observer la simplicité du travail de Moussa. Mais, il pense que les sens confessés sont complexes. « Le cadre et ce qui est à l’intérieur ont un lien étroit. Aucun terme strict. L’air est frais dans ce monde de photographie sans genre. Aucune victime facile n’est créée dans cette histoire souvent dépeinte durement », a-t-il déclaré. Avant de dire qu’il a été d’apprendre que la vie de Saba n’est jamais restée immuable, a changé.

En 2015, dans le cadre de la Biennale Africaine de la Photographie, Moussa Kalapo a été lauréat du Prix de la Fondation Tierney. Dans le cadre de ce prix, les récipiendaires sont encouragés à créer une œuvre avec le soutien d’un mentor établi. Et, mieux les gagnants reçoivent une aide financière et le soutien d’infrastructure nécessaire pour s’appuyer sur leurs pratiques photographiques existantes et pour bénéficier de l’exposition découlant du travail au sein d’une communauté élargie de la photographie à travers le Market Photo Workshop.

Le livre « D’autres mondes » de Moussa kalapo est en quelque sorte le fruit de son encadrement dans l’Ecole Market Photo Workshop d’Afrique du Sud.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.