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BANQUE AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT : Akinwumi Adesina réélu président

lundi 31 août 2020

Seul candidat à sa réélection, le Nigérian Akinwumi Adesina a été reconduit à son poste, le 27 août, lors des assemblées annuelles de la banque panafricaine, à Abidjan.

C’est sa victoire à lui. Sorti blanchi des accusations de mauvaise gouvernance portées contre lui, le Nigerian Akinwumi A desina, 60 ans, a été réélu président de la Banque africaine de développement (BAD), à l’issue de son assemblée générale annuelle qui s’est tenue sur deux jours à Abidjan, le jeudi 27 août 2020. Le plébiscite est sans appel, il sonne comme une revanche. « Le résultat de l’élection lui a permis d’obtenir 100 % des votes de tous les membres régionaux et non régionaux de la Banque. En tant que président nouvellement réélu, le Dr Adesina, ancien ministre nigérian de l’Agriculture, débutera son nouveau mandat (de 5 ans) le 1er septembre 2020 », dévoile le texte du communiqué diffusé par la BAD ce jeudi 27 août après-midi. « Ces assemblées annuelles sont pour moi l’occasion de vous offrir à nouveau mes services et de briguer un second mandat à la présidence de la BAD », avait d’emblée fixé comme enjeu Akinwumi Adesina, élu en 2015.

Une réélection sans surprise

Fin juillet, ce fils de paysan pauvre devenu super banquier de l’Afrique avait été disculpé d’accusations de mauvaise gestion par un comité d’experts, à l’issue d’un feuilleton médiatico-financier qui a duré trois mois et déstabilisé l’institution. Des accusations qui ont terni l’image de cet économiste du développement de renommée mondiale qui avait assuré avec brio une augmentation de capital géante de 115 milliards de dollars en octobre 2019. « Je suis ravi que le Conseil des gouverneurs ait réélu M. Adesina pour un second mandat à la présidence du groupe de la Banque. En tant qu’actionnaires, nous soutenons fermement la Banque et apporterons à M. 

Adesina tout le soutien nécessaire pour poursuivre et mettre en œuvre sa vision convaincante pour la Banque au cours des cinq prochaines années », a assuré Niale Kaba, présidente du Conseil des gouverneurs de la Banque et également ministre du Plan et du Développement de Côte d’Ivoire.

La success story Adesina

Le flamboyant nigérian, qui jongle subtilement entre les mondes anglophones et francophones, commencera son nouveau mandat dès ce 1er septembre avec devant lui d’importants défis à relever pour les cinq prochaines années. Dès ses premiers pas à Abidjan, capitale ivoirienne qui abrite le siège de la BAD, une des cinq principales banques multilatérales de développement au monde, créée en 1964, l’homme avait imaginé reprendre le flambeau du Rwandais Donald Kaberuka en axant son programme sur cinq piliers connus sous l’appellation « High 5 », à savoir : nourrir, électrifier, industrialiser, intégrer le continent et améliorer la qualité de vie de ses habitants. « Je suis profondément reconnaissant pour la confiance collective placée en moi, la confiance et le soutien fermes de nos actionnaires qui m’ont élu pour un second mandat à la présidence de la Banque. Il s’agit là d’un nouvel appel à un service désintéressé pour l’Afrique et la Banque africaine de développement, auquel je me consacrerai avec passion », a-t-il réagi dans un communiqué transmis à la presse.

Charismatique, réputé beau parleur, cet excellent communicateur a donné une visibilité internationale à l’institution panafricaine de développement, attirant les capitaux et multipliant les annonces de financements de projets sur le continent. Jusqu’aux accusations, tout était parfait.

« La personnalité d’Akinwumi Adesina est inédite », juge un économiste ivoirien. « Il est exubérant, sans doute trop visible pour le monde feutré de la banque, jusqu’à donner une impression d’arrogance, de tout se permettre. »

Un boulevard pour les cinq prochaines années

Bien sûr, durant ces deux jours d’assemblées annuelles virtuelles pour cause de pandémie de coronavirus, l’homme reconnaissable à son éternel costume nœud papillon est largement revenu sur son bilan, chiffres à l’appui, même s’ils sont invérifiables. Ainsi, d’après lui, sous sa direction : 18 millions de personnes ont eu accès à l’électricité, 141 millions de personnes ont bénéficié de technologies agricoles améliorées au titre de la sécurité alimentaire, 15 millions de personnes ont eu accès à des financements provenant d’investissements privés, 101 millions de personnes ont bénéficié de transports améliorés et 60 millions de personnes ont eu accès à l’eau et à l’assainissement.

Plus concrètement, il faut souligner que la Banque a conservé sa note AAA attribuée par toutes les grandes agences mondiales de notation pendant cinq années consécutives.

ARC EN CIEL

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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