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BAH N’DAW LORS DE LA REMISE DU RAPPORT ANNUEL 2019 DU BVG : « … La performance n’est pas facultative mais obligatoire »

mardi 3 novembre 2020

« Soyez certain…, Monsieur le Vérificateur général, que la situation ne restera pas en l’état ! Car dès ce lundi, les départements ministériels concernés seront mobilisés pour que les responsables des entités incriminées sachent que la performance n’est pas facultative mais obligatoire ». La déclaration a été faite par BAH N’DAW, Chef de l’Etat, lors de la remise du rapport annuel 2019 du BVG.

Après avoir constaté que le Vérificateur général déplore le faible progrès dans la mise en œuvre des préconisations précédemment faites par lui dans le seul souci d’améliorer la gouvernance publique, le Chef de l’Etat a estimé que cela était triste pour la simple raison que « ces recommandations ont été formulées pour une saine gestion de nos entreprises et de notre administration ; elles ont été formulées pour le bien-être du peuple malien ».

Pour cela, il a rassuré le Vérificateur général que « la situation ne restera pas en l’état ! ». Selon lui, « dès ce lundi, les départements ministériels concernés seront mobilisés pour que les responsables des entités incriminées sachent que la performance n’est pas facultative mais obligatoire ».

Mieux, il a déclaré qu’ « il n’y a pas d’hésitation possible : c’est soit le Mali, soit la porte ! ». Et séance tenante, il a interpellé le Premier ministre, en tant que chef de l’administration publique, en lui disant que « la balle est dans votre camp. Et vous savez à quoi vous en tenir ! ».

Il a aussi fait remarquer que le Vérificateur général affirme dans le rapport que « le secteur des mines en particulier nécessite d’être mieux suivi par l’Etat ». Selon lui, en plus de possibles déperditions financières en raison du non-paiement des dividendes et de certains impôts dus à l’Etat, le rapport évoque, à juste raison, la question environnementale et donc la responsabilité sociale des industries extractives.

« La Transition ne pourra pas tout faire hélas. Elle a des domaines de priorités où elle est attendue. Mais vos recommandations concernant le secteur minier sont d’une pertinence qui m’interpelle. Je puis vous assurer que tout sera fait pour que l’Etat assume ses responsabilités et reçoive de ce secteur vital ce qui lui est dû », a-t-il déclaré.

« Tous ceux qui voudront se servir du Mali, au lieu de le servir, le feront à leurs risques et périls… ».

Partant du principe qu’ « il est le serviteur de pays, son esclave », le Chef de l’Etat a estimé qu’ « il est hors de question pour moi que l’or du Mali ne brille pas pour le Mali ». Et, il s’est engagé à faire en sorte que « l’or du Mali brillera aussi pour le Mali. L’or du Mali brillera surtout pour le Mali ».

Mais, en conditionnant cet engagement par le fait que « c’est maintenant que doit commencer le travail de réflexion stratégique, de correction, de relecture et d’anticipation », nous sommes très sceptiques. Et, du coup on se demande si le Chef d’Etat n’est pas dans des déclarations populistes. Surtout quand, il a conscience que « le contrat qui lie notre pays à ses partenaires ne doit léser personne, à commencer par nos partenaires. Cela est notre honneur ». Dans tous les cas, nous aurons l’occasion de le juger à la tâche, surtout qu’il est revenu sur les mots qu’il a prononcés lors de son discours d’investiture le 25 septembre 2020. « Je les réitère ici. Je combattrai l’impunité de toutes mes forces. On réussira parfois, sous le prétexte de l’urgence, à tromper ma vigilance. Et parfois, je serai victime de nos faibles capacités d’investigation.

Mais, chaque fois que la preuve est établie, je corrigerai l’erreur et la sanction tombera. Personne n’y échappera », a-t-il déclaré à nouveau.

Et, se voulant très menaçant, il a rappelé de vive voix que « tous ceux qui voudront se servir du Mali, au lieu de le servir, le feront à leurs risques et périls. Qu’ils le sachent ! ».

Il a aussi informé les maliens du fait qu’à la date d’aujourd’hui, « le procureur est saisi de tous les rapports de contrôle. C’est à lui d’apprécier l’opportunité des poursuites, sur la base du droit. Et tout ce qui doit être fait le sera pour renforcer les moyens de la justice dans la lutte contre la corruption, car là est notre salut ».

Estimant que « la corruption est notre cancer ». Bah N’daw dira qu’ « elle ne doit pas le rester. Il nous incombe de nous unir contre elle. Nous devons nous entendre contre elle, sans faiblir un seul instant. Nous devons lui barrer la route. Ce combat n’est pas impossible. Il est à notre portée ».

Partant du principe que « la bonne gouvernance est notre chance », Bah N’daw a estimé que si on ne barre pas la route à la corruption, « c’est à l’avenir de notre jeunesse que nous barrons la route ». Il a estimé que « cette jeunesse que nous avons le devoir de protéger, ne mérite pas que nous ne lui laissions d’autre choix que le chômage, la drogue et les chemins incertains de l’émigration ».

Espérons que pendant les quelques mois de la transition que Bah N’daw puisse poser des actes qui vont donner espoir au peuple malien, dans le sens de la lutte contre la corruption.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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