| |

Attaque terroriste à Kidal et Tombouctou : Qui veut menacer la pacification du Nord du Mali ?

lundi 30 septembre 2013

Le 27 septembre 2013, deux individus enturbannés, mais non identifiés, jettent deux grenades sur des militaires maliens en faction devant une banque à Kidal. Bilan : deux militaires maliens blessés. Deux jours après, quatre kamikazes à bord d’un véhicule tentent de porter un coup dur à l’armée malienne à Tombouctou. Ils tentent de faire exploser leur véhicule contre le mur du Camp de Tombouctou. Bilan : quatre Kamikazes tués, deux civils meurent et 6 militaires maliens sont blessés.

Face à la non revendication de ces deux actes emprunts d’une lâcheté indescriptible, l’on aura tendance à lorgner du côté du MNLA et de ses sempiternels alliés Djihadistes. Surtout que le 19 septembre 2013, dans un communiqué conjoint, trois groupes armés – le MNLA, le HCUA et le MAA, n’ont pas caché leur volonté de reprendre les hostilités dans les régions au Nord du Mali. En annonçant de façon unilatérale qu’ils suspendaient leur participation aux discussions prévues avec le gouvernement malien dans le cadre de l’accord du 18 juin 2013, signé à Ouagadougou, le MNLA et les autres groupes qui en réalité ne sont que ses succursales, défie le Mali et la Communauté internationale. Pour motiver sa démarche honteuse qui cache difficilement le comportement de Mouvements qui ne respectent pas la parole donnée, le MNLA, le MAA et le HCUA qui n’est rien d’autre que Ansar Eddine nouvelle version, ont accusé le gouvernement malien de ne pas respecter ses engagements et de causer de « multiples difficultés » dans la mise en œuvre de l’accord. Contrairement à cette démarche suffisamment irresponsable de la part de ces trois Mouvements, les autorités maliennes, par la voix de Ibrahim Boubacar Keita, Président de la République, à la tribune des Nations Unies, à la faveur de sa 68ème Assemblée générale, ont assuré de toutes leur disponibilité à ouvrir le dialogue avec les insurgés. Même si les autorités maliennes refusent d’inscrire à l’ordre de jour des discussions la question de l’Indépendance ou une quelconque question relative à l’autonomie de la chimérique AZAWAD, le principe du dialogue est quand même privilégié pour avoir une solution durable à cette crise.

Supposons que les autorités maliennes aient posé des « multiples difficultés » dans la mise en œuvre de l’Accord, comme le prétend les groupes armés constitués des « enfants gâtés » de la République, le MNLA et le HCUA, n’avaient-ils pas une autre solution que s’enfoncer dans l’escalade de la violence ? Le MNLA et le HCUA ont-ils oublié qu’ils ont paraphé le 18 juin 2013, devant la communauté internationale un document dans lequel, ils se sont engagés « à trouver une solution politique juste, équitable et durable à la crise au nord du Mali par la voie du dialogue et de la négociation ». Mieux, l’accord de Ouagadougou dans son article 20 n’avait-il pas décidé qu’ «  A l’issue des élections présidentielles et 60 jours après sa mise en place, le nouveau Gouvernement, en collaboration avec la Commission dialogue et réconciliation entamera, avec l’accompagnement de la communauté internationale, des pourparlers de paix avec toutes les communautés du nord, les signataires ainsi que les groupes armés ayant adhéré au présent accord en vue d’aboutir à l’établissement d’une paix globale et définitive ». En se retirant des négociations préconisées par l’Accord de Ouagadougou auquel ils ont librement adhéré, le MNLA et le HCUA, ne se comportent-ils pas comme des sapeurs pompiers pyromanes.

Aussi, en signant un accord dans le préambule du quel ils affirment leur attachement au principe de l’intangibilité des frontières tel que consacré par l’Acte constitutif de l’Union Africaine et affirment leur souci de préserver l’unité nationale et l’intégrité territoriale de la République du Mali, le MNLA et le HCUA, ont-ils besoin que les autorités maliennes leur rappelle que l’indépendance et l’autonomie sont des sujets exclus des négociations ?

A moins d’être de mauvaise foi, le MNLA et le HCUA doivent admettre que leur démarche suicidaire de se mettre de la sorte en marge des négociations est une violation flagrante de l’Accord de Ouagadougou. Enfin, cela ne surprend pas. De 1991 à nos jours, si les responsables des Mouvements rebelles au nord du Mali, sont un temps soit peu honnêtes, ils devront admettre la discrimination positive dont ils ont fait l’objet, en violation flagrante du principe d’égalité des citoyens devant la loi et le service public. D’accord violé en accord violé, ils ont contribué par leurs actions au sous développement du nord qu’ils prennent aujourd’hui comme argument pour retourner le canon contre la nation.

Le MNLA et le HCUA pris en flagrant délit de violation de l’Accord de Ouagadougou

L’accord de Ouagadougou dans son article 22 est précis. « En cas de difficulté de mise en œuvre ou d’interprétation des dispositions du présent Accord, les parties s’engagent à trouver une solution par la concertation. A défaut d’un accord par la concertation, elles s’en remettront à la conciliation du Chef de la MISMA/MINUSMA et du Médiateur de la CEDEAO ».

Au lieu de recourir à cet article, Le MNLA et le HCUA, entrainant dans leur sillage le MAA qui avait de tout temps été conciliant, ont préféré la voie de l’aventure, en se lançant dans l’escalade de la violence. Mais, face à cette folie des Groupes armés alliés des Djihadistes, la position de la communauté internationale est des plus surprenante. Aucun Etat, aucune organisation internationale qui a contribué à la signature de l’accord de Ouagadougou, n’a formellement dénoncé la violation du document par le MNLA et le HCUA. Or, en pareille circonstance, il suffirait que la communauté internationale bande un peu les muscles, pour que le MNLA et le HCUA reviennent à de meilleurs sentiments et occupent la place qui est la leur dans les discutions pour une paix durable au Mali.
Mais, hélas, on a l’impression que les Mouvements rebelles au nord du Mali, alliés des Djihadistes devant dieu et les hommes, bénéficient d’une complaisance qui ne dit pas son nom. Pire, l’on a l’impression qu’ils sont soutenus par certains États occidentaux. Après avoir déclaré sur tous les toits leur engagement pour l’intégrité territoriale du Mali et le retour rapide de la paix au nord du Mali, les puissances internationales, dont la France, sont face à l’histoire. Leur crédibilité déjà entamée dans la gestion qu’elles ont réservée à d’autres conflits dans le monde, dépendra de la manière avec laquelle, elles régleront le problème malien. Il est temps d’ouvrir les yeux qu’il n’y a pas une grande différence entre le MNLA, le HCUA, le MUJAO, Ansar Eddine et Aqmi, et leur réservé un traitement identique.
DDDK

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Mots-clés : menunav