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Acte de viol collectif sur la personne d’une jeune fille : Des organisations de défense des droits de l’Homme saisissent le Procureur Général près la Cour d’Appel

jeudi 8 février 2018

Dans une lettre conjointe, en date du 7 février 2018, 10 organisations de défense des droits de l’Homme, ont saisi le procureur général près la cour d’appel de Bamako. L’Ampliation de cette lettre a été faite au ministres de la justice, au ministre de la sécurité intérieure et de la protection civile, au ministre des droits de l’Homme, au ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, à la CNDH, aux Procureurs de la République des Tribunaux de grande instance des Communes 1, 2, 3, 4, 5, et 6, aux Doyens des juges d’instruction des Tribunaux de grande instance des Communes 1, 2, 3, 4, 5, et 6. Lisez la lettre !

A Monsieur le Procureur Général près la Cour d’Appel Bamako

Objet : Lettre d’information et demande d’action urgente suite au viol collectif d’une jeune fille

Monsieur,

Nous avons l’honneur de porter à votre connaissance les faits de viol collectif sur la personne d’une jeune fille par une bande de quatre garçons dans un endroit non encore identifié.

En effet, circule depuis vendredi 3 février 2018 une vidéo sur les réseaux sociaux, notamment facebook et whatsapp, dans laquelle les 4 garçons sont en train de commettre sur la personne d’une jeune fille (apparemment mineure) sans défense, des actes de viol et d’autres violences verbales et physiques. La vidéo montre plus ou moins clairement les visages des auteurs de cet acte odieux, barbare, cruel, inhumain et dégradant.

Dans ladite vidéo, outre l’acte de viol, on entend des auteurs proférer des insultes, des injures malsaines à l’endroit de la victime.

La victime ou l’infortunée a souffert dans sa chaire et dans son âme pendant l’acte et vivra certainement, nous ne le souhaitons pas, le restant de sa vie avec le traumatisme de cette blessure difficilement qualifiable.

On se croirait sous un autre ciel. Mais hélas c’est au Mali qu’a eu lieu ce crime. Point n’est besoin de dire que la victime meurtrie se trouve terrorisée et émotionnellement triste pour elle-même et pour toutes celles qui peuvent tomber dans les filets de ces bandits en liberté aujourd’hui.

Les auteurs sont tellement convaincus de leur impunité qu’ils n’ont pas hésité à opérer à visage découvert et à diffuser leur forfait.

Certes, le viol est commis sur une fille sans aucune protection visible mais, nous devons comprendre que ces déviants, fauteurs de troubles, ces malades ont insulté et choqué par-delà la seule personne de cette infortunée toute la société malienne.

La question est d’autant plus sérieuse qu’il y a lieu d’agir et vite, surtout la violence contre la femme et particulièrement contre la jeune fille est au centre des préoccupations des autorités publiques.

Moins vous agirez, plus le phénomène prendra de l’ampleur. Or la sécurité de tout le monde en dépend fortement.

Nous osons espérer que les interventions des parents et alliés des auteurs n’empièteront pas sur l’action judiciaire que vous voudriez bien mettre en mouvement, monsieur le procureur général. De notre côté, nous nous constituerons volontiers partie civile auprès de la victime.

Parallèlement, nous vous exhortons à encourager la population à collaborer avec la justice et les proches de la victime à sortir du silence pour démasquer les auteurs et à porter plainte.

Chacun en ce qui lui concerne doit prendre la mesure du problème pour que plus jamais ces paranoïaques n’échappent à la justice.

Nous sommes convaincus que vous ne ménagerez aucun effort pour mettre ces individus hors d’état de nuire davantage à la communauté afin de prévenir la survenance d’autres crimes de nature similaire.

Nous nous tiendrons à vos côtés pour toutes actions utiles visant à démasquer tous ceux qui ont participé à cette activité criminelle.

Je vous prie de croire, monsieur le procureur, à l’assurance de notre franche collaboration.

Ampliation :

Ministre de la justice
Ministre de la sécurité intérieure et de la protection civile
Ministre des droits de l’Homme
Commission Nationale des droits de l’Homme
Ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille
Procureurs de la république des TGI communes I, II, III, IV, V, VI
Doyens des juges d’instruction des TGI communes I,II, III, IV, V, VI

Me Moctar MARIKO
Au nom des organisations signataires

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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