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APPLICATION « INTEGRALE » DE L’ACCORD D’ALGER : Bah N’Daw dans le dilemme

lundi 5 octobre 2020

La France, l’Algérie, la Cma pressent les nouvelles autorités à une application intégrale de l’Accord d’Alger pendant que les maliens exigent la révision de certaines dispositions. Deux positions qui mettent le président de la transition, Bah N’Daw dans un dilemme.

Depuis quelques jours, la communauté internationale en première ligne la France et l’Algérie s’activent afin que les nouvelles autorités du Mali fassent de l’Accord d’Alger l’une de leurs priorités. Un Accord qui peine à être mise en œuvre. Une position qui inquiète les chancelleries occidentales et la médiation internationale. Celles-ci ne cessent de rappeler et pousser Bamako à tenir ses engagements dès la mise en place du nouveau gouvernement.

On se souvient que la junte, dans son premier communiqué en date du 19 août 2020, au lendemain du coup d’Etat, avait promis d’appliquer l’accord d’Alger comme tel. Ces propos avaient été bien accueillis par la direction de la CMA, qui dans un communiqué avait réaffirmé son attachement à l’Accord d’Alger. Au même moment, Paris continuait ses pressions sur les militaires à travers plusieurs ambassades. Le message de Macron a été bien véhiculé et Bamako semble le comprendre. C’est ce qui explique les propos du président de la transition, le jour de son investiture, le 25 septembre 2020.

M. Daw avait laissé entendre que le Mali respectera ses engagements internationaux au même titre que l’Accord d’Alger, qui à ses dires sera appliqué.

Cette volonté affichée de Bah N’Daw d’appliquer de façon intégrale l’Accord ne semble pas être de l’avis de la majorité des maliens. On se souvient que l’une des recommandations du Dialogue national inclusif est la relecture de « certaines dispositions de l’Accord ». Ce faisant quel sera l’attitude de Bah N’Daw ? Pour le malien lambda, il ne s’agit pas pour le colonel N’Daw de seulement faire plaisir à la France ou à la CMA et d’occulter les préoccupations de ses compatriotes.

Le président sortant, Ibrahim Boubacar Keita, n’avait-il pas pris un peu de recul quant à l’application de l’Accord après le DNI ? Au finish, cette prise de position d’IBK a beaucoup joué sur ses relations avec Macron.

Puisque IBK n’est plus aux affaires, la France ne lâche pas. Elle fait du respect de l’Accord en sa forme actuelle, une exigence. Un dicton de chez nous dit : « On n’apprend pas à un vieux singe comment faire la grimace ». Bah N’Daw s’aura bien déjoué le piège que la France et ses amis veulent bien lui tendre. S’il ne parvenait pas à le faire, alors il aura affaire avec des Maliens bien déterminés à l’affronter pour que les recommandations du DNI soient respectées à la lettre.

Malien qu’il est, Bah N’Daw saura trouver les arguments pour bien convaincre le pays colonisateur de réviser l’Accord.

En attendant, des citoyens restent mobilisés pour que la volonté des maliens soit respectée. Plusieurs universitaires, homme politiques, cinéastes, et analystes ont jugé la nécessité de revoir l’Accord afin de faciliter sa mise en œuvre. Parmi eux, il y a Cheick Oumar Sissoko, et Dr Choguel Maiga…

Ténors du M5, Dr Choguel Kokala Maiga n’avait-il pas affirmé qu’appliquer l’Accord d’Alger à l’état actuel, c’est accepter la partition du Mali. Et d’ajouter que le régime (IBK) ne doit pas tomber dans les pièges de la communauté internationale et des séparatistes qui exigeant l’application intégrale de l’accord, favoriseraient la partition du Mali. Dans la même veine, Cheick Oumar Sissoko, a, dans une longue tribune demandé à ce que les maliens eux-mêmes décident de leur avenir.

Cinq ans après sa signature, l’Accord n’a pu ramener la paix. Cela dénote qu’il contient des insuffisances. « Qu’on le veuille ou non, quels que soient les efforts faits, quels que soient les sacrifices consentis, il y a des contraintes objectives sur le terrain qui font que l’on ne peut pas toujours avancer à l’allure que l’on souhaite », affirmait Ahmed Boutache, président de la Commission de suivi de l’accord.

Djibril Diallo
ARC EN CIEL

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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