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AG’NA : Une manifestation culturelle qui rime avec la cohésion sociale

jeudi 5 mars 2020

Du 27 février au 1er mars 2020, à Koulikoro, dans le cadre de la 11ème édition du Festival Ciné à Dos, placé sous le thème du « Changement social à travers la culture et le numérique », la culture malienne a démontré toute sa capacité, tout son potentiel, à jouer pleinement sa fonction et son rôle dans la construction de la cohésion sociale. Et, ce à travers une nouvelle manifestation dénommée AG’NA, fruit de l’association entre le festival ciné à dos et le Festival au Désert.

Quand Fousseny Diakité, Président de l’Association Walaha, initiatrice du Festival Cinéma à dos, originaire du sud du Mali et Mani Ansar du Festival au Désert, décident de se donner la main pour créer une nouvelle manifestation culturelle dénommée "AG’NA", il est clair qu’ils ont voulu donner un signal fort à tous les maliens.

« Pendant 4 jours, grâce au génie créateur du Festival Ciné à dos et du Festival au Désert, la manifestation placée sous la dénomination de « AG’NA » ou culture dans la langue tamashek ou le targui, est parvenue à convaincre plus d’un que pour rapidement sortir de ce qui nous arrive depuis quelques années, il va falloir que le Mali se donne les moyens de valoriser davantage sa culture », nous a indiqué Abdoulaye Coulibaly, un acteur de la société civile à Koulikoro.

En réalité, Abdoulaye Coulibaly ne fut pas le seul festivalier à être impressionné par cette belle image que « AG’NA » a projeté de notre capacité de vivre ensemble, même s’il y a encore des efforts à fournir pour aller rapidement à ce que nous appelons « le décloisonnement communautaire ».

Depuis le déclenchement de la crise malienne en 2012, de mémoires d’observateurs de la scène culturelle malienne, il nous a été rarement donné de voir une manifestation comme AG’NA, tant elle a rimé avec la cohésion sociale et la réconciliation, qui sont devenues des denrées rares au Mali.

En réalité, c’était déjà un défi de réunir des maliens d’horizon divers à la place de Koulikoro et pendant 4 jours et 3 nuits, pour célébrer la culture malienne, quelle soit du nord ou du sud. « AG’NA » a eu le mérite d’entamer le combat qui vise à battre en brèche tous les faux clichés que les maliens de diverses régions peuvent avoir dans leur esprit. Des tamasheks se sont (re) frottés à des bambaras, somonos, bozos, bobo, sénoufo, sarakolé, malinké…etc. comme ce fut le cas par le passé.

Et, avec un peu plus d’effort du côté des organisateurs, en plus des activités programmées pour cette première édition, ils doivent songer à greffer à cette manifestation un grand forum qui réfléchirait sur les stratégies à déployer dans l’urgence pour que les maliens qu’ils soient du sud, du nord, tamasheks, sonrhaï, bobo, somono, bozo, minianka, peulh, dogon, bambara, sarakolé, noirs ou blancs, se retrouvent. Ce sera aussi, en plus des concerts géants très prisés par les festivaliers, de réfléchir à des activités qui contribueraient à atteindre rapidement des résultats encourageant dans le cadre du « décloisonnement communautaire ».

En effet, sans que cela ne soit dit ou manifesté publiquement, un fin observateur verra facilement que dans des espaces comme celui de « AG’NA », à part quelques individualités, le gros lot des festivaliers a tendance à avoir un comportement grégaire, qui frise le « cloisonnement communautaire ».

Mais, qu’à cela ne tienne, « AG’NA 2020 » à Koulikoro a été une véritable réussite. Et, comme le coup d’essai a été un coup de maître, il va falloir que le Festival Ciné à Dos et le Festival au Désert se donnent la meilleure stratégie pour voir cette manifestation plus grande. « AG’NA » a des potentialités de grandir et de devenir une manifestation culturelle phare au Mali. En cette période où le Mali et ses partenaires se battent jours et nuits pour le retour de la paix, de la cohésion sociale et de la réconciliation, pour qu’enfin, les braves populations du pays se mettent au travail pour le développement rapide des différentes contrées, « AG’NA » se positionne aujourd’hui comme une offre culturelle qui pourra rapidement aider à ramener la cohésion entre les différentes communautés du pays.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.