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30ème édition de la journée de la presse : L’information comme bien public, au centre des préoccupations

mercredi 5 mai 2021

« Nous le rappelons solennellement à ceux qui voudraient amener le gangstérisme dans notre profession, aux nostalgiques des trafics d’influence et des gestions chaotiques, aux prétendus professionnels qui opèrent simplement à partir d’un smartphone et à ceux qui travaillent aujourd’hui à salir l’image de notre maison commune. Qu’ils se ressaisissent ». Cet appel a été fait par Bandiougou Danté, président de la Maison Presse, lors de la journée mondiale de la presse.

Le 3 mai 2021, la presse malienne a célébré la Journée internationale de la Liberté de la Presse. Pour cette 30ème édition, le thème retenu est « L’information comme bien public ». Comme à l’accoutumée, le choix a été fait pour une Semaine Nationale de la Liberté de la Presse. Le thème national adopté dans ce cadre est « Cybercriminalité et liberté de la Presse ». C’était à la Maison de la Presse, en présence des faitières de la presse, des directeurs de publication et des journalistes reporter.

Bandiougou Danté, président de la Maison Presse, à l’entame de son propos a rappelé que, l’année qui s’est écoulée a été une année éprouvante pour la Presse malienne. « Aux conséquences catastrophiques de la maladie à coronavirus se sont ajoutées des interpellations extrajudiciaires et des plaintes formulées par de puissants syndicats », a-t-il déclaré. Avant de dire que depuis cinq ans, Birama Touré demeure introuvable. Selon lui, en septembre 2020, Hammadoun Niailibouly, de son retour d’un atelier de formation de journalistes, a été descendu du véhicule à Mandjo, près de Somadougou, non loin de Mopti, et amené vers une destination inconnue. Il a aussi rappelé que le 18 avril 2021, Moussa Dicko, Directeur des programmes de radio Hairé de Boni, dans le cercle de Douentza, a été enlevé chez lui et est encore introuvable. « Nous réitérons notre demande aux autorités de la transition de tout mettre en œuvre pour faire la lumière sur ces affaires effrayantes », a-t-il déclaré.

Partant de cela, il a rappelé solennellement à ceux qui voudraient amener le gangstérisme dans notre profession, aux nostalgiques des trafics d’influence et des gestions chaotiques, aux prétendus professionnels qui opèrent simplement à partir d’un smartphone et à ceux qui travaillent aujourd’hui à salir l’image de notre maison commune, qu’ils se ressaisissent.

En poursuivant, il dira dans notre pays, chacun sait qui est qui, qui a fait quoi et qui est devenu quoi. Aux officines qui souhaitent faire de la Maison de la Presse la partie prenante d’un jeu dangereux, malicieux et tendancieux, « nous opposerons un refus ferme et catégorique. Non aux manipulations ».

En outre, de la même manière que les syndicats de magistrats ne peuvent être tenus pour responsables des dérives de certains magistrats, que l’Ordre des médecins ne peut être tenu coupable des fautes de certains médecins et que l’Imamat ne peut être tenu complice des pratiques peu orthodoxes de certains imams, la Maison de la Presse par la voix de son président, ne saurait être accusée des dérapages de certains confrères, qu’elle condamne avec la dernière rigueur car ils nuisent à l’image de toute la profession.

A ses dires, aujourd’hui, les pouvoirs publics sont vivement interpellés par rapport à la situation actuelle, aux conséquences incalculables pour tout le pays dans le futur. Il s’agit notamment : du non payement de l’aide directe à la presse depuis deux ans, du manque d’appui aux organisations faîtières pour la mise en place d’outils efficaces d’autorégulation pour anticiper et relever les dérapages, de la rénovation de la Maison de la Presse, promise mais non encore réalisée en dépit des bonnes volontés maintes fois exprimées. Des déviations graves (injures, menaces de mort, incitation à la haine, tentatives d’intimidation, diffamations) de la part de certaines personnalités influentes et de leurs partisans, non sanctionnées, sur les réseaux sociaux.

En espérant que des dispositions seront prises très prochainement pour mettre fin à cet état de fait, il a remercié le Président de la Transition pour son soutien exceptionnel, d’un montant de dix millions de francs CFA, au fonctionnement de la Maison de la Presse.

« La presse se portera mieux si des réformes courageuses sont entreprises notamment la dépénalisation des délits de presse, l’indexation de l’aide directe à la presse et les aides indirectes, l’adoption des textes régissant la presse en ligne », a-t-il conclu. Avant de rappeler à l’ensemble des journalistes maliens à faire preuve de responsabilité et de professionnalisme et à mettre hors de ses rangs les brebis galeuses qui s’autoproclament hommes ou femmes de médias.

Pour sa part Bintou Founè Samaké, Ministre de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille, assurant l’intérim du ministre de la communication et de l’économie numérique, dans son discours d’ouverture, a dit que le thème retenu pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse est : « l’information comme bien public », car, il souligne la nécessité incontestable que nous soyons informés en tant que citoyens tout court. Pour dire que l’information participe des droits de l’homme. Et que ce thème appelle l’attention sur le rôle essentiel, que jouent les journalistes libres et professionnels, dans la production et la diffusion des informations.

« Notre Gouvernement apprécie votre travail et vous encourage, à continuer votre contribution extraordinaire, à la gestion de la situation difficile que traverse notre pays. La réussite de cette transition repose sur votre apport inestimable, au façonnement des esprits à travers vos plumes, caméras et micros », a-t-elle encouragé. Elle a lancé un appel aux entreprises de presse, à ouvrir leur rédaction à la diversité : diversité de genre et de culture, mais aussi diversité éditoriale et de programmes, pour mieux balayer un large spectre d’audience.

« Nous allons multiplier les sessions de renforcement de capacités et de mise à niveau des journalistes, afin d’avoir une presse plus professionnelle, respectueuse de l’éthique et de la déontologie », a-t-elle conclu.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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