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2ème tour de la présidentielle au Mali : Que dit la mission d’observation de CARITAS-Mali ?

mercredi 15 août 2018

Le dimanche 12 août 2018, les électeurs maliens au nombre de 8.000.462 étaient appelés dans les urnes pour le 2ème tour de l’élection du Président de la République. A cette occasion, Caritas Mali, avec l’appui de ses partenaires, Secours Catholique France, Caritas Espagne et MISEREOR, a déployé, comme lors du premier tour, le 29 juillet 2018, une Mission d’Observation Electorale sur l’ensemble du territoire national, à l’exception des régions de Kidal et de Tombouctou. Cette mission composée de 513 observateurs et superviseurs dont 142 femmes a couvert 167 communes sur les 703 et observé 692 bureaux de vote. La déclaration a été faite par Théodore Togo, secrétaire général de CARITAS-Mali, lors d’une conférence de presse le mardi 14 août 2018.

La Mission d’Observation Électorale de Caritas Mali (MOECM) a organisé le 14 août 2018 au siège de CARITAS-Mali, une conférence de presse pour porter à la connaissance des uns et des autres le déroulé de leur mission d’observation électorale du 12 août 2018.

Il est à noter que la Mission d’Observation Électorale de Caritas Mali (MOECM) s’est inspirée de la lettre pastorale des évêques du Mali, ainsi intitulée : « A la Communauté Catholique et à tous les maliens de bonne volonté à l’occasion des élections générales de 2018 », afin de parvenir à une mentalité nouvelle pour un Mali nouveau ; la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance de 2012 ; la Déclaration de l’OUA/UA sur les principes régissant les élections démocratiques en Afrique de 2002 ; les Directives de l’Union Africaine pour les missions d’observation et de suivi des élections de 2001 ; la Déclaration de Bamako du 03 novembre 2000 pour la tenue d’élections libres, transparentes et fiables.

Le secrétaire général a déclaré que, les données collectées par la plateforme virtuelle mise en place par Caritas Mali, à partir des informations émanant des observateurs, des superviseurs au niveau des différentes localités et du district de Bamako, ont été centralisées, traitées et analysées en temps réel.

Les faits marquants du scrutin dans les bureaux de vote observés par la MOECM selon lui, portent sur l’heure d’ouverture des bureaux de vote, la disponibilité des matériels et des documents électoraux, la présence et la ponctualité des agents électoraux, le fonctionnement des bureaux de vote, la présence des forces de sécurité, l’affluence des électeurs dans les bureaux, l’heure d’ouverture et de fermeture ainsi que le dépouillement.

En somme, il dira que la bonne tenue du scrutin dans les 692 bureaux de vote observés démontre que des défis majeurs ont été relevés, notamment sur les points liés à la transparence et à la sincérité du vote. La présence discrète et rassurante des forces armées et de sécurité, a permis de créer un environnement serein et de confiance, relativement aux populations et à la société civile. La MOECM tient cependant à souligner que des défis restent à relever. Dans cette optique, elle a formulé des recommandations.

La MOECM a recommandé à l’Administration Territoriale de formaliser dans la révision de la loi électorale la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote pour la transparence ; de formaliser et de renforcer le cadre de concertations administration territoriale, partis politiques et société civile ; de constituer un vivier d’agents électoraux et de persévérer dans le renforcement de leurs capacités opérationnelles.

A la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), il a été recommandé de continuer à renforcer son rôle de suivi et de supervision du processus électoral, de faciliter la collaboration entre les différentes missions d’observation tant nationales qu’internationales.

Aux candidats, il leur est demandé d’engager toute contestation éventuelle, dans le strict respect des textes juridiques régissant les élections, de s’abstenir de faire toutes déclarations susceptibles de porter atteinte à la paix, à l’ordre public et à l’unité nationale, notamment avant la proclamation des résultats provisoires par le Ministère de l’Administration Territoriale et des résultats définitifs par la Cour Constitutionnelle.

Aux partis politiques, l’invitation a été faite d’accomplir leurs missions de service public, de formation de l’opinion publique, des militants, de l’encadrement des élus, conformément aux dispositions de la Charte des partis politiques.

A la presse nationale et internationale, le vœu a été fait de garder leur rôle d’informateur, de s’abstenir de publier des résultats non officiels et de fausses tendances.

Aux leaders d’opinion et de la société civile, il a été recommandé de continuer leur travail de sensibilisation des populations au calme, à l’esprit civique et à la responsabilité citoyenne et e continuer leur travail de sensibilisation des populations pour la promotion de la réconciliation nationale, la concorde et la participation citoyenne.

Aux citoyennes et aux citoyens maliens, l’invitation a été lancée de participer davantage au processus électoral afin de relever le taux de participation, d’éviter et de rejeter toutes formes de violence, de renforcer leur engagement civique et citoyen en faveur de la démocratie et du développement intégrale et durable du Mali et de renforcer la veille citoyenne.

Par la voix de son directeur général, la MOECM remercie les missions d’observation et l’ensemble des observateurs. Une mention particulière est adressée à l’ensemble des partenaires techniques et financiers. Elle félicite et encourage les forces armées et de sécurité, la presse nationale et internationale. Selon lui, tous ont contribué à la transparence du scrutin et au renforcement de la confiance des électeurs et des acteurs. Elle a félicité l’ensemble du peuple malien pour sa maturité et son sens de responsabilité qui ont prévalu tout le long du processus et l’exhorte à persévérer davantage pour la consolidation de l’unité nationale.

Caritas Mali, sous l’égide de la Conférence Episcopale du Mali, s’engage à continuer à œuvrer à la promotion et à la tenue d’élections apaisées, crédibles et équitables pour le renforcement d’une démocratie durable au Mali.

Bintou COULIBAY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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