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25ème édition de la journée de la femme : L’autonomisation des femmes et des filles au cœur des préoccupations

jeudi 14 mars 2019

Sous la présidence du Chef de l’Etat, le Palais de la culture à rassembler les femmes du Mali à l’occasion de la célébration de la 25ème édition du 8 mars, au tour du thème national : « L’autonomisation des femmes et des filles à travers l’engagement de tous contre les violences basées sur le genre ».

Pour la circonstance, le Président de la République était accompagné par son épouse, du Premier ministre, Chef du gouvernement, les membres du gouvernement, les présidents des Institutions, et les représentants des partenaires techniques et financiers du Mali.

Il est à rappeler que c’est une journée importante pour toutes les femmes du monde. Elle est célébrée au Mali depuis 1994, dans une parfaite harmonie entre toutes les organisations féminines.

Selon Dr Diakité Aissata Traoré, ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, la célébration du 8 mars n’est pas seulement l’occasion de rendre hommage aux femmes pour le rôle qu’elles jouent dans le développement socio-économique et culturel, mais c’est surtout l’occasion de donner l’opportunité de pouvoir faire le plaidoyer, de sensibiliser l’opinion nationale et internationale sur les conditions des femmes.

« Les violences basées sur le genre constituent une des violations des droits humains les plus répandues », a-t-elle déclaré. Pour dire qu’elles ont des conséquences graves sur la santé reproductives des victimes comme, les grossesses forcées et non désirées, les avortements dangereux, les fistules traumatiques, les infections sexuelles transmissibles, notamment le VIH et le SIDA, allant même jusqu’à leur décès. Parlant des statistiques, elle a indiqué qu’au Mali, l’enquête démographique et de santé réalisée en 2012-2013, a montré que parmi les femmes qui ont déjà été en union, 44% ont subi des violences physiques, sexuelles ou émotionnelles de la part de leur mari actuel ou le plus récent. Selon la même source, un quart de femmes ont été physiquement blessées à la suite de violences conjugales dans les 12 derniers mois. « Les femmes et les enfants représentent les principales victimes des violences basées sur le genre, à hauteur de 96% des cas », a-t-elle révélé. A ce titre, les violences constituent un frein à l’autonomisation des femmes et des filles en leur privant de leurs droits humains élémentaires. Pour cela, elle a rappelé que notre pays a ratifié la quasi-totalité des conventions internationales protégeant les femmes et les filles contre les violences.

Toujours dans la même dynamique, elle a souligné les avancées significatives que le Mali a enregistrées au cours de ces dernières années, en matière de protection et de promotion des droits humains des femmes et de leur autonomisation. Elles sont entre autres : l’adoption de la loi n° 2015/052 du 18 décembre 2015 instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives ; l’adoption de la politique nationale genre en 2010 et ses différents plans d’actions ; l’opérationnalisation en cours au sein du département de la femme du plan décennal pour le développement de l’autonomisation de la femme et de l’enfant (2020-2024), assorti d’un premier programme quinquennal (2020-2024) ; le programme plateformes multifonctionnelles pour l’autonomisation des femmes et le programme d’appui à l’autonomisation des femmes ; la mise en place du fonds d’appui à l’autonomisation et à l’épanouissement de l’enfant (FAFE) et la création du programme national de lutte contre les violences basées sur le genre. A cela s’ajoute la réforme en cours de la santé, qui est une matérialisation de la haute volonté politique du Président de la République en faveur des soins de santé de qualité pour les maliens. Et la récente donation du Chef de l’Etat d’un important lot de matériels agricoles aux femmes rurales, à l’occasion de la journée internationale de la femme rurale.

Mme la ministre a remercié les partenaires techniques et financiers pour leur soutien. Ses remerciements vont également à l’endroit du Chef de l’Etat et les femmes maliennes, des villes comme des campagnes pour leur mobilisation.

Pour le Chef de l’Etat, c’est une journée d’hommage à l’honneur de l’humanité. « On n’a pas besoin de reconnaitre que la femme est capable, parce que, elle l’est déjà », a-t-il lancé. Selon lui, la recrudescence des violences faites aux femmes est un scandale, une honte. « Il n’y a pas de grande lâcheté que cette violence », a-t-il estimé. Avant d’ajouter que l’harmonie relationnelle au sein du couple, est l’une des marques faites par la société humaine. « Ce n’est pas normal qu’une femme soit victime de son conjoint, parce qu’elle est en impuissance physique », a-t-il déclaré. Cette lâcheté, selon lui, est impardonnable, inadmissible. Et, aucune société digne de ce nom ne doit l’ admettre.

En tant que 1er supporter des femmes, il dira que c’est l’Etat qui doit faire ce qu’il faut faire et pour toutes les catégories concernées. En disant cela, il a rendu un vibrant hommage à toutes les femmes du monde entier.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.