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22 septembre 2018 : Les cœurs ont vibré d’espérance

lundi 24 septembre 2018

Le samedi 22 septembre 2018, le Mali a commémoré le 58ème anniversaire de son accession à l’indépendance. Pour la circonstance, les plus hautes autorités du pays, ont décidé d’une célébration avec éclat. Et, les petits plats ont été mis dans les grands plats pour donner de l’espoir au Peuple Malien, avec un défilé militaire des plus rassurants. A signaler que cette célébration a été couplée avec l’investiture du Président IBK, pour un 2ème mandat à la tête du pays.

22 septembre 1960 - 22 septembre 2018, en ce 58ème anniversaire de l’indépendance du Mali, la tradition oblige, Ibrahim Boubacar Keita, Chef d’Etat et Président de la République du Mali, a déposé la gerbe de fleurs au Monument de l’indépendance. Par cet acte, le Président IBK rend hommage aux médaillés d’or de l’indépendance. Selon le Chef de l’Etat Malien, c’est un symbole très fort dans notre pays. Pour lui, il s’agit de rendre hommage aux martyrs de l’indépendance, aussi de célébrer la dignité du peuple Malien.

Après le dépôt de gerbe de fleurs, un acte coutumier et symbolique, qui marque le début de la commémoration du 58ème anniversaire de l’accession de notre pays à son indépendance, le président Ibrahim Boubacar Keïta est arrivée à l’Avenue du Mali. Après l’exécution de l’hymne national du Mali par la Fanfare de la garde nationale, il s’est adressé à la Nation malienne. Comme à l’accoutumé, le discours du Chef de l’Etat a été suivi par le défilé militaire (Le passage des troupes militaires, des troupes montées et motorisées, le défilé aérien et le parachutage). Cette année, les troupes militaires des pays invités (Burkina Faso, Côte d’ivoire, Guinée Conakry, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad) et les partenaires (EUCAP-Sahel, EUTM, MINUSMA, BARKHANE) ont défilé aux côtés du Mali.

En cette occasion, l’on a pu noter la présence des Chefs d’Etat et les Chefs de Gouvernements de pays invités, les membres du gouvernement du Mali, les membres du corps diplomatique accrédité au Mali.

Ce moment qui réveille en chacun sa fierté nationale a été célébré avec beaucoup d’attention, dans un esprit de changement, mais surtout avec l’espoir d’un retour définitif à la paix. Ce qui explique la grande mobilisation de la population malienne, à la satisfaction de tous.

A l’entame de ses propos, IBK a tenu d’abord à rendre hommage aux pères fondateurs et à tous ceux qui se sont battus pour que le Mali puisse voir ce jour de gloire et de bonheur. « Il y a à peine six ans, ce grand et beau pays tangua au point de faillir disparaitre, réellement disparaitre, sous la déferlante terroriste. Et si nous sommes encore debout, et en glorieuse célébration en ce jour béni du 22 septembre de l’an de grâce 2018, nous le devons au courage politique et à la prompte réaction de grands acteurs de ce temps des malheurs qui comprirent de suite l’acuité extrême des joujoux. Du-je chatouiller leur modestie », a-t-il rappelé.

« Si vis pacem parabellum », disaient les Latins. « Nous voulons la paix, intensément, de tout notre entre, de toute notre âme. Nous voulons la paix, mais vous ne pouvez imaginer à quel point il peut être douloureux de devoir arbitrer entre les médicaments et les munitions et autres accessoires militaires », a-t-il déploré.

Selon le Président IBK, la présente cérémonie d’investiture et de célébration nationale constitue le couronnement des mois d’intenses d’efforts afin de réaliser ce qui pour beaucoup tenait de l’impossible : l’organisation dans un contexte extrêmement difficile de l’élection présidentielle à bonne date. « On l’avait dit impossible, elles ne se tiendront pas. Les obstacles n’ont pas manqué sur notre chemin, qu’ils relèvent de l’organisation matérielle du scrutin, de l’acceptation des règles du jeu par les compétiteurs ou encore et surtout de la sécurisation du territoire national ». Pour cela, il a salué les forces armées et de sécurité qui ont démontré une remarquable montée en puissance de leurs capacités de surveillance, de dissuasion et d’attaque.

« J’aurais souhaité que les résultats de la présidentielle soient acceptés par tous afin que nous puissions consacrer nos énergies et nos intelligences à surmonter les adversités qu’affronte notre pays. Mon vœu n’a pas été réalisé », a-t-il regretté. Avant de dire que, « n’est pas démocrate qui veut, n’est pas démocrate seulement quand on gagne. Mais en tant que Président de la République, donc Président de toutes les Maliennes et de tous les Maliens, je remplirai mon devoir qui est de rassembler et de fédérer. J’ai une obligation d’écoute et j’assume la mission de restaurer les voies de dialogue. Je continuerai donc de déployer les efforts nécessaires pour que vienne le temps des échanges et de la concertation ».

Le Président a constaté qu’aujourd’hui les incertitudes sur l’avenir du Mali ne sont pas tout à fait levées. Mais qu’elles se sont notablement réduites. « L’essentiel pour nous est de continuer à démontrer autant que nécessaire notre capacité à surmonter les défis qui nous sont imposés et à consolider les avancées importantes obtenues », a-t-il lancé. Dans son discours, il a souligné que les priorités n’ont pas varié. Selon lui, il s’agit de préserver l’unité nationale, de restaurer la cohésion sociale, de rétablir la paix et la sécurité sur tout le territoire du Mali et d’avancer dans l’œuvre de reconstruction entreprise.

A cet égard, il a souligné une fois de plus l’importance que revêt pour notre pays une mise en œuvre réussie de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger. Il dira c’est pourquoi dans la nouvelle architecture gouvernementale, un important ministère, celui de la Cohésion Sociale, de la Paix et de la Réconciliation nationale, se dédie à cet objectif.

« Il ne s’agit pas pour nous d’étendre le voile de l’impunité sur des épisodes douloureux de notre Histoire, ni de denier aux victimes d’exactions le droit à la justice. Mais partout où les populations sont disposées à l’écoute et au pardon, partout où prime l’aspiration de restaurer un vivre ensemble multiséculaire, il nous faut aller au dialogue et aux mesures d’apaisement. Seules ces dernières peuvent aider à dénouer les antagonismes entretenus par les ennemis de la paix », a-t-il déclaré. Il a affirmé que la situation sécuritaire s’améliore donc notablement aussi bien au Nord qu’au Centre de notre pays. Il a ajouté que la dotation des troupes en moyens nécessaires se poursuit ainsi qu’elle est prévue dans la Loi de programmation militaire. Il a indiqué qu’elle mobilise 22% des ressources du Budget 2018 et a permis le déploiement méthodique et résolue de nos forces armées.

Le Président IBK a réaffirmé que sa main reste tendue aux acteurs politiques de la majorité et de l’opposition, aux animateurs de la société civile dont l’action participe à la consolidation de la démocratie. Car au-delà des frustrations et des contrariétés, il importe de renforcer ensemble la digue contre toutes les agressions, toutes les menaces sur les chemins de notre peuple.

« Ma conviction est qu’en dépit des épreuves que nous traversons, nous trouverons les ressources suffisantes pour prendre en charge ces attentes.Des efforts ont été déployés lors de mon premier quinquennat pour répondre à ces demandes. Mais pour les cinq prochaines années, nous avons l’obligation de faire plus et mieux », a-t-il indiqué.

« J’ai pris l’engagement de faire de ce mandat le mandat de la jeunesse. C’est une option qui s’impose logiquement lorsque nous savons le pourcentage important des jeunes dans la population malienne. Une génération est donc là à laquelle reviendra bientôt la mission de construire durablement le Mali du 21ème siècle. Le Destin de la jeunesse n’est ni de finir par le fond des mers ni sur les nouveaux marchés d’esclaves, mais de contribuer ici, chez nous à la Renaissance du Mali et de l’Afrique », a-t-il déclaré. Pour cela, il a instruit au Gouvernement d’accorder une attention toute particulière au problème de l’employabilité des jeunes. Aussi, dans sa profession de foi il a pris l’engagement d’intensifier son combat pour la moralisation de la gouvernance malienne. Car cette moralisation est indispensable pour obtenir l’adhésion des populations à l’action des pouvoirs publics et pour restaurer une relation de confiance entre citoyens et décideurs.

« Le combat est déjà engagé, mais pour produire des effets appréciables, il doit être conduit avec rigueur et méthode. Tel est le but poursuivi par la création au sein du Gouvernement du ministère de la réforme administrative et de la transparence de la vie publique », a-t-il conclu.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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