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Biennale artistique et culturelle : Bougouni donne Le coup d’envoi de la tournée des lauréats de Tombouctou 2025

mardi 27 octobre 2026, par Assane Koné

A la faveur de sa désignation pour abriter la Biennale artistique et culturelle en 2027, Bougouni est devenue la capitale malienne de la culture, pour la période de décembre 2025 à décembre 2027. Pour preuve, le ministère de l’artisanat, de la culture, de l’industrie hôtelière et du tourisme ne rate aucune occasion pour mettre Bougouni au centre de ses activités. Dans le cadre de sa belle initiative qui vise à faire la promotion des grandes révélations de la Biennale artistique et culturelle Tombouctou 2025, le 24 octobre 2026, le ministère en charge de la culture, y a procédé au lancement de la Tournée des lauréats de Tombouctou 2025.

La tournée nationale des lauréats de la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou 2025 a été officiellement lancée le 24 octobre 2026, à Bougouni, la capitale du Banimotié. L’évènement était présidé par Mamou Daffé, ministre de l’artisanat, de la culture, de l’industrie hôtelière et du tourisme. Pour la circonstance, il était accompagné du général de brigade Ousmane Wélé, Gouverneur de la Région de Bougouni, sans oublier les cadres du département en charge de la culture.

Il faut dire sans gêne que cette initiative du ministre Mamou Daffé d’organiser la tournée nationale des lauréats de la Biennale, vient combler un vide. Désormais, par le biais de l’organisation de cette tournée nationale, les lauréats de la Biennale artistique et culturelle, auront un espace de diffusion pour assurer la promotion de leur talent.

Lors de la compétition à la Biennale artistique et culturelle Tombouctou 2025, l’on avait affaire à des amateurs. A Bougouni, dans le cadre de cette première soirée organisée dans le cadre de la tournée nationale des lauréats, c’est avec beaucoup de plaisir que nous avons apprécier la rapidité avec laquelle les jeunes talents se sont métamorphosés. En si peu de temps, grâce à la rigueur de la Biennale artistique et culturelle, tous les lauréats sont devenus des artistes confirmés chez qui le professionnalisme n’a plus de secret.

De la pièce de théâtre intitulée << A la recherche de la pitance>> de la troupe de la région de Kayes, à la prestation de l’orchestre régional de Koulikoro, en passant par la danse traditionnelle de Bougouni et le solo de chant de Koulikoro, il faut admettre que la cuvée de la Biennale artistique et culturelle Tombouctou 2025, regorge de talents artistiques impressionnants qui ne vont pas tarder à surprendre le Mali et le monde.

Par leur talent, déjà révélé à Tombouctou en décembre 2025, mais bien bonifié depuis, les jeunes artistes des différentes troupes, ont émerveillé et tenu en haleine le public de Bougouni qui s’est mobilisé autour des autorités régionales, avec le gouverneur en tête pour faire de cette première soirée nationale, une véritable réussite.

Faire vivre la Biennale au-delà de la compétition

A Bougouni, sans risque de se tromper, l’on peut dire que la culture malienne était à la rencontre des populations. Du coup l’on comprend aisément l’initiative du ministre Mamou Daffé d’organiser pour la première fois une tournée nationale des lauréats : faire vivre les artistes et leurs créations au-delà de la scène de la compétition. Et, c’ est la cité du Banimonotié, à travers son prestigieux site du Festival international Didadi, qui a accueilli cette première nationale.

Mamou Daffé, ministre de l’artisanat, de la culture, de l’industrie hôtelière et du tourisme, a rappelé qu’au-delà de son caractère artistique, cette tournée traduit une ambition, à savoir faire de la culture un instrument de transmission des valeurs, de rapprochement entre les communautés et de consolidation de la cohésion nationale.

Selon lui, cette initiative s’inscrit dans la dynamique de promotion de la souveraineté culturelle portée par les plus hautes autorités du pays, conformément à la vision « Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma », à la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033) et aux orientations de l’Année de l’Éducation et de la Culture 2026-2027.

Pour le ministre Mamou Daffé, la Biennale ne saurait se limiter à une succession de prestations artistiques et à la proclamation des résultats. << Elle doit également constituer un espace de diffusion, de partage et de reconnaissance des talents qui font la richesse du patrimoine national>>, a-t-il déclaré. Avant de soutenir que
c’est tout le sens de cette tournée, qui offre aux troupes primées l’occasion de retrouver le public et de faire découvrir leurs créations dans différentes localités du pays.

Le ministre Mamou Daffé a ainsi insisté sur la nécessité de prolonger l’élan de la Biennale au-delà de la compétition. La rencontre directe entre les artistes et les populations constitue, à ses yeux, un moyen de mieux faire connaître les productions culturelles, mais aussi de rappeler la contribution de l’art à la paix, à la solidarité et à l’unité nationale.

Nous saluons cette initiative qui donne une seconde vie aux œuvres récompensées à Tombouctou. Pour la simple raison qu’elle va élargir leur audience, encourager la création artistique et renforcer la place de la culture dans la vie des communautés.

Rappelons que pour cette première étape à Bougouni, plusieurs disciplines sont mises à l’honneur, notamment la pièce de théâtre « À la recherche de la pitance » de Kayes, le solo de chant de la région de Koulikoro, l’orchestre moderne régional de Koulikoro, et la danse traditionnelle de Bougouni.

La cérémonie a aussi enregistré les prestations de Nahawa Doumbia, Doussou Bagayoko et Bakary Coulibaly, connu sous le nom de BMC.

La culture, socle du vivre-ensemble

Prenant la parole, le gouverneur de la région de Bougouni, le général de brigade Ousmane Wélé, a salué une initiative qui contribue à la promotion de la richesse culturelle du Mali et à la reconnaissance du talent de sa jeunesse. Il a souhaité la bienvenue à la délégation ministérielle et aux artistes venus notamment des régions de Bougouni, de Kayes et de Koulikoro, dans une cité réputée pour son hospitalité, ses traditions et sa créativité artistique.

Dans son intervention, le chef de l’exécutif régional a rappelé le rôle fondamental de la Biennale artistique et culturelle dans la consolidation de l’identité nationale. Au-delà de son caractère festif et compétitif, cette manifestation constitue un cadre de rencontre entre les communautés et un espace privilégié de transmission des valeurs sociétales. << Les solos de chant, les danses traditionnelles, les musiques d’orchestre, les ensembles instrumentaux et les pièces de théâtre contribuent à préserver la mémoire collective, à transmettre les héritages culturels et à promouvoir les valeurs de paix, de solidarité et de vivre-ensemble>>, a-t-il indiqué.

Dans cette perspective, il dira que la tournée des lauréats apparaît comme un prolongement naturel de la Biennale. << Elle permet aux populations de s’approprier davantage les créations artistiques et encourage les jeunes à s’intéresser à leur patrimoine, à leurs langues nationales et aux traditions qui fondent leur identité>>, a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que la culture doit être considérée comme un véritable levier de cohésion sociale, de paix et de développement durable.

Bougouni capitalise sur son succès de Tombouctou

Pour la région de Bougouni, cette cérémonie revêt une signification particulière. << Depuis la Biennale de Tombouctou 2025, sa consécration artistique constitue une source de fierté pour les populations et un encouragement à poursuivre les efforts de promotion de son patrimoine>>, a rappelé le.gouverneur. Avant de soutenir que ce succès implique également une responsabilité : celle de préserver les acquis, accompagner les artistes et assurer la transmission des expressions culturelles aux générations futures.

Dans cette dynamique, il a rappelé plusieurs
initiatives quinont déjà été engagées. Le 27 janvier 2026, la troupe régionale a été officiellement reçue au gouvernorat. Deux jours plus tard, le 29 janvier, elle a présenté une restitution lors de la première nuit du Festival international Didadi. Des attestations de reconnaissance ont également été remises à des personnalités ayant contribué à sa réussite, notamment Samou Mariko et Ngou Bagayogo. Le 28 mars 2026, Bougouni a accueilli la cérémonie de passation de témoin entre Tombouctou et la région appelée à prendre le relais pour la prochaine Biennale, sous la présidence du ministre Mamou Daffé. D’autres activités ont ensuite contribué à entretenir cette dynamique, parmi lesquelles une marche sportive organisée dans le cadre du Mois du tourisme en septembre 2026 et la deuxième édition du Danbé Bulon, tenue le 12 septembre autour de la valorisation des valeurs sociétales et du patrimoine culturel.

Selon lui, ces initiatives traduisent la volonté des autorités régionales de faire de la culture un domaine vivant, accessible et fédérateur. << Elles visent notamment à renforcer la participation des jeunes aux activités culturelles, à promouvoir les chants, les danses, les langues nationales et les traditions, tout en encourageant les acteurs locaux à prendre une part active à la préservation du patrimoine>>, a-t-il ajouté.

Bougouni s’organise pour le grand défi de 2027

En observateur du secteur culturel malien, nous avons constaté que si le lancement de la tournée des lauréats marque une étape importante dans la valorisation des acquis de Tombouctou, il ouvre également des perspectives pour la région de Bougouni, qui se prépare à accueillir la Biennale artistique et culturelle de 2027.

Le Maire de Bougouni a mis l’accent sur le fait que ce rendez-vous représente une occasion de mettre en lumière les richesses artisanales, culturelles et touristiques des dix cercles de la région, de mobiliser la jeunesse et de renforcer le rayonnement de Bougouni à l’échelle nationale. << L’enjeu est de taille. Il s’agit non seulement de réussir l’organisation de cette grande manifestation culturelle, mais aussi de créer les conditions d’une participation inclusive des communautés et des acteurs culturels>>, a-t-il déclaré. Avant de soutenir que les enseignements tirés de l’expérience de Tombouctou et des précédentes éditions devraient contribuer à orienter les préparatifs et à consolider les acquis.

Pour sa part, le gouverneur Ousmane Wélé a réaffirmé la disponibilité de l’administration régionale à travailler en étroite collaboration avec le département chargé de la Culture, les collectivités territoriales, les légitimités traditionnelles, les acteurs culturels et les partenaires pour relever ce défi.

Transformer le succès artistique en dynamique durable

En donnant le coup d’envoi de cette tournée, Bougouni accueille bien plus qu’une série de spectacles. La ville devient le point de départ d’une démarche qui entend inscrire les productions artistiques dans la durée et rapprocher davantage la culture des citoyens.

Entre la reconnaissance des lauréats, la transmission des valeurs, la promotion des talents locaux et les préparatifs de la Biennale de 2027, la région se trouve au cœur d’une dynamique où la culture est appelée à jouer un rôle central dans le développement territorial.

Le défi consiste désormais à transformer l’enthousiasme suscité par les succès artistiques en actions pérennes : accompagner les créateurs, encourager l’émergence de nouveaux talents, préserver les traditions et multiplier les espaces de rencontres entre les artistes et les populations.

À Bougouni, le message porté par cette cérémonie est clair : la culture ne doit pas seulement se célébrer lors des grandes compétitions. Elle doit vivre dans les territoires, rapprocher les communautés et contribuer, au quotidien, à la construction d’un Mali uni, solidaire et fier de son patrimoine.

Assane Koné


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