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Soumaila Cissé, président du FDS : « La prorogation du mandat des députés est une violation grave de l’Accord Politique de Gouvernance »

jeudi 13 juin 2019

« La prorogation du mandat des députés est d’abord une violation grave de l’Accord Politique de Gouvernance, mais aussi et surtout une négation des prérogatives du Dialogue Politique Inclusif ». La déclaration a été faite par Soumaila Cissé, président du parti URD et non moins président de Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD). C’était le jeudi 13 juin 2019, lors d’une conférence de presse à la Maison de la presse.

L’objectif était d’entretenir les journalistes sur l’Accord Politique de Gouvernance, la prorogation du mandat des Députés, la Révision de la Constitution du 25 février 1992 et sur le Dialogue National Inclusif. A cette rencontre avec la presse, les membres du FDS aux cotés de leur président, étaient en unisson.

Le président du FDS, dans son introduction liminaire, en ce qui concerne l’Accord politique de gouvernance, dira que c’est à la suite du constat de graves périls planant sur la Nation et de la nécessité subséquente d’une union sacrée autour du Mali que le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD) a demandé, avec insistance, l’instauration « d’un Dialogue National Inclusif » avec toutes les forces politiques et sociales significatives du Mali dont la finalité serait d’établir un diagnostic précis des maux dont souffre notre pays en vue de leur apporter des solutions efficaces et pérennes.

A cet effet, le Communiqué conjoint du FSD et COFOP, publié le 19 avril 2019, indiquait que « Conscients des délais de préparation d’un tel dialogue, nous proposons que soit adopté sans délai et préalablement à toute autre initiative, un Accord politique clair de partage de responsabilités assorti d’une feuille de route transparente connue de tous ».

A ses dires, la longue quête de cet accord politique a connu des moments importants, notamment la rencontre entre le Président de la République et le Chef de file de l’opposition politique, ainsi que les discussions engagées par le Premier ministre autour du document élaboré par le FSD intitulé : « accord politique et feuille de route ». En révélant qu’In fine, sans aucune information préalable, et de manière discourtoise pour ses rédacteurs initiaux, ce document a été remplacé par un autre texte où était purement et simplement biffée toute la partie relative au « Partage de responsabilités ». Il a également été vidé de sa substance dans une partie importante de la Feuille de route. De plus, le nouveau texte comporte, dans son préambule, des affirmations inexactes.

« Le FSD n’est pas signataire de l’accord politique de gouvernance », a déclaré Soumaila Cissé. C’est ainsi qu’ils ont adressé, le 1er mai 2019, une lettre au Premier ministre pour lui confirmer à nouveau que le FSD, en tant qu’entité n’est pas signataire du document dit ‘’Accord Politique de Gouvernance’’. Par conséquent, conformément à la loi régissant le statut de l’Opposition, ses membres sont de l’opposition et ne peuvent ni siéger au Gouvernement, ni soutenir son action.

Selon lui, « décidée par le Conseil des ministres extraordinaire du vendredi 7 juin 2019, la prorogation du mandat des députés est d’abord une violation grave de l’Accord Politique de Gouvernance, mais aussi et surtout une négation des prérogatives du Dialogue Politique Inclusif ». Pour cette première raison, le FSD rejette la prorogation du mandat des députés. Une deuxième raison de refus d’adhérer au projet est la violation flagrante de notre Constitution. Une troisième raison, qu’un argument politique bancal, selon lequel, il cite : « L’évaluation de la situation politique et sécuritaire du pays révèle la persistance des difficultés et contraintes qui ne permettent pas la tenue d’élections législatives régulières et transparentes. Pour lui, il est symptomatique de constater que l’avis de la haute juridiction n’a pas été sollicité cette fois-ci. Donc, l’habillage juridique manque.

Outre l’absence de visibilité sur les motivations et les objectifs de la Révision constitutionnelle du 25 février 1992, faute de message clair du Président de la République, selon lui avant donc tout referendum sur la révision de la Constitution, il faut d’abord assurer l’intégrité du territoire en libérant Kidal et en le faisant revenir dans le giron national. « De surcroît, la révision constitutionnelle devrait être l’aboutissement du dialogue politique envisagé. Il ne peut donc être organisé avant », dit-t-il.

Parlant sur le dialogue national inclusif, d’après lui deux faits majeurs les confortent dans leur analyse à savoir : L’initiative illégale de la Commission Lois de l’Assemblée nationale qui a organisé des écoutes en usurpant les prérogatives d’une éventuelle Commission spéciale et la désignation unilatérale par le Président de la République, des personnalités chargées de conduire le processus du dialogue politique inclusif et du Président du Comité d’Organisation, au mépris de toutes les mesures d’inclusivité, et de l’esprit des discussions avec le Chef de file de l’opposition politique. Pour cela, il a attiré l’attention sur les mesures indispensables à prendre pour assurer l’inclusivité réelle du processus. Parmi celles-ci, l’organe de pilotage et son premier responsable doivent faire l’objet d’une attention particulière et d’un large consensus.

« C’est au regard de la mesure de tous les périls qui assaillent notre nation sur les plans sécuritaire, politique, social et économique, que nous avons accepté d’ouvrir la porte du dialogue. Nous avons, donc, en toute responsabilité, accepté la main tendue pour promouvoir un dialogue républicain de sortie de crise », a-t-il indiqué. Avant d’ajouter que pour sauvegarder l’essentiel, aujourd’hui, dangereusement menacé par une crise multidimensionnelle sans précédent, nous réitérons cette exigence d’un dialogue national inclusif.

Le FDS souhaite que le pouvoir en place se rende compte que notre pays n’est plus un pays normal, qu’il écoute le cri de détresse du peuple dans ses doléances et ses exigences.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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