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Sécurité et Santé au travail : L’urgence d’actions salvatrices pour les travailleurs maliens

samedi 9 novembre 2019

Le jeudi 7 novembre 2019, l’Hôtel Salama a servi de cadre pour l’ouverture des travaux de la 3ème édition de la journée sur la sécurité et la santé des travailleurs. Cette journée avait comme thème, « la Contribution de la Sécurité et Santé au travail dans la production et le développement durables ». La cérémonie a été présidée par Dr Ousmane Dembélé, représentant du Ministre de la Santé et des Affaires Sociales.

L’objectif de la journée était de promouvoir un cadre décent de travail et amoindrir les risques liés aux accidents de travail et la pénibilité au travail ainsi que les statistiques qui seront énoncées. Elle a enregistré la présence de Dr Seydou Sanogo, président de la Société Malienne de Santé et Sécurité au Travail (SOMASST), de Mohamed Bachirou Traoré, parrain de la Journée, du représentant du Bureau International du Travail, du représentant du Président du Patronat, du représentant des Centrales Syndicales et du représentant des Ordres Professionnels.

Le Président de la SOMASST, dans son intervention a définit la Protection Sociale de façon générale comme l’ensemble des mesures préconisées par l’Etat et les Collectivités en collaboration avec les Partenaires Techniques et Financiers pour assurer la prise en charge des risques sociaux de la population.

Suivant les statistiques du Bureau international du travail, 2,2 millions de travailleurs dans le monde meurent chaque année, dans le cadre de leur travail à la suite d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, soit 5 000 personnes par jour. Il se produit chaque année près de 268 millions d’accidents du travail non mortels dans le monde et 160 millions de nouveaux cas de maladies professionnelles qui sont enregistrés chaque année. L’OIT a déjà estimé à près de 4% la part des indemnités et absences du travail dues aux accidents du travail et aux maladies professionnelles dans le PIB mondial.

« Les quelques statistiques disponibles montrent que la possibilité pour un travailleur d’être victime d’un accident est 3 à 5 fois plus élevée dans les pays en voie de développements que dans les pays industriels », a-t-il déclaré. Selon lui, les raisons de la fréquence et la gravité de ces risques dans les pays en développement sont multiples. A savoir : le transfert incessant, mais souvent inadapté des technologies, qui n’est pas toujours accompagné des mesures de prévention relatives à la santé et à la sécurité au travail, l’analphabétisme de la majorité de la population qui travaille dans les entreprises, qui a pour conséquence : le manque d’informations sur les produits utilisés, le manque d’information sur la SST, l’absence de conscience sur les risques professionnels, l’absence de Politique Nationale de Sécurité, Santé au Travail au Mali, l’absence de l’inspection Médicale du Travail, l’absence de la Direction Nationale de prévention des Risques professionnels.

Selon le PRODESS III, les accidents et expositions aux facteurs de risques (températures, rayonnements, etc.) sont fréquents mais sont rarement notifiés en tant que tels par le système d’information sanitaire, il en est de même des maladies professionnelles, vibrations, particules de poussières, bruits, fumées.

En effet, d’après lui le gouvernement de la République du Mali a consenti des efforts à travers la ratification de certaines conventions internationales les lois et décrets. Il a indiqué que le champ d’intervention en SSI au Mali s’est élargi, avec l’adoption de la loi 2017-020 du 12 juin 2017 instituant la branche de prévention et de réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles applicables aux fonctionnaires de l’Etat et des collectivités territoriales, aux militaires et aux parlementaires à la Caisse Malienne de Sécurité Sociale (CMSS). Aussi, l’adoption de la loi N°2016-065 du 30/12/2016 instituant la prise en charge des blessés de guerre par l’Agence Nationale d’Assistance Médicale (ANAM).

Pour sa part, le représentant du ministre de la Santé et des Affaires Sociales, a précisé qu’à l’échelle mondiale, les statistiques révèlent que près d’un accident de travail mortel sur 5, soit 18% à lieu en Afrique. Pendant que le continent ne représente que les 2% des emplois dans le monde, contre 15% pour l’Europe qui enregistre les 8% d’accidents de travail. En outre, il dira que la probabilité d’être victime d’un risque professionnel en Afrique demeure 3 à 5 fois supérieure qu’en Europe. « Ces données nous montrent à quel point les conditions des travailleurs demeurent préoccupantes dans notre pays », a-t-il constaté.

A noter que la Société Malienne de Santé et Sécurité au Travail (SOMASST) est une société savante créée en 2012. Elle a pour objectif la promotion de la santé et sécurité au Travail dans tous ses aspects en République du Mali, et entend jouer toute sa partition dans l’accompagnement des autorités dans toutes les reformes qui sont en cours.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.