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Rencontre intercommunautaire : La région de Ménaka autour d’une table ronde

samedi 26 janvier 2019

Les 12, 13 et 14 janvier 2019, s’est tenue dans la salle de réunion du Collège Transitoire de la région de Ménaka, sous la présidence de Daouda Maiga, gouverneur de ladite région, la rencontre intercommunautaire. Cette rencontre a été organisée par l’équipe régionale d’appui à la réconciliation de Ménaka (ERAR), en collaboration avec le ministère de la cohésion sociale, de la paix et de la réconciliation nationale. Le financement a été assuré par l’Union Européenne, dans le cadre de la mise en œuvre du projet ensemble pour la réconciliation et la paix (ERP).

Ces trois jours de rencontre avaient comme pays invités (participants), le Niger, le Nigeria et le Burkina Faso. L’objectif général était de créer une dynamique participative pour un environnement sociopolitique apaisé. Spécifiquement, il s’agissait d’informer et associer pleinement les différentes composantes de la population au processus de dialogue inclusif, de cohésion sociale et de stabilisation de la région. Cette initiative visait à rétablir la confiance entre les pouvoirs publics et les populations d’une part et d’autre part par de renforcer les capacités en communication pour réduire les préjugés, les rumeurs et les malentendus pouvant déconstruire la paix, la cohésion sociale. Elle se positionne pour permettre la relance du processus de développement économique, pour proposer des outils (engagements et recommandations), mécanismes dynamiques de résolution pacifique des conflits et gouvernance de la sécurité communautaire inclusive.

Ce processus de dialogue participatif et inclusif était organisé et mis en œuvre en trois phases. D’abord, la phase préparatoire, qui a consisté à organiser des séances et réunions de cadrage avec l’autorité compétente (MCSPR/ ERAR) et de rencontres informelles auprès des différentes communautés en vue de préciser et discuter le type de conflits et des problèmes d’insécurité de la région. Cette phase a permis d’élaborer le chronogramme d’identification des prestataires et des acteurs clefs de ces conflits et d’identifier les personnes ressources et les thématiques à traiter pendant la rencontre et de mettre en place des cadres locaux d’organisation et préparatoire de la mise en œuvre du dialogue intercommunautaire.

Ensuite, la phase de dialogue vise à organiser la cérémonie qui cadre avec les objectifs de la rencontre, présentation des exposés introductifs pour débattre des enjeux et les défis, des problèmes et les conflits identifiés liés à la cohésion sociale et à la réconciliation. Et d’organisation des séances plénières et des travaux de groupes. Aussi, pour échanger sur les thématiques retenues, formuler des recommandations en mettant l’accent sur la résolution des conflits, cohésion sociale et le développement économique de la commune.

Enfin, la phase de mise en œuvre et de suivi des recommandations, a été prévue pour une meilleure efficacité dans le suivi de la mise en œuvre des recommandations.

Ce dialogue se propose de recevoir 400 participants (au moins) issus de différentes composantes de la population (société civile, association des jeunes, association des femmes, partis politiques, légitimités coutumières et religieuses) qui seront informés et associées pleinement au processus de dialogue inclusif, de pacification, de cohésion sociale et de la stabilisation de la région. Ce dialogue compte mettre en place des mesures et mécanismes de dialogue participatif et de renforcement des capacités en communication en vue de rétablir la confiance entre les pouvoirs publics et les populations dans la construction de la paix, de la cohésion sociale et d’une sécurité inclusive. L’initiative compte relancer le processus de développement économique et social en vue d’améliorer les moyens d’existence, de résilience des communautés affectées par le conflit et participer à la sécurité et à la stabilisation dans toute la zone. Enfin, elle pense ainsi avoir des outils, des mécanismes de suivi de la gouvernance de sécurité locale et des recommandations pour améliorer la cohésion sociale, promouvoir la sécurité communautaire inclusive au Mali et au Sahel.

Les recommandations issues de ces échanges à court, moyen et à long terme ont été entre autres : l’application intégrale de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, la récupération des armes illégales à travers toute la région, le retour de l’administration dans toutes ses composantes (Forces de défense et de sécurité, justice, services technique déconcentrés …) sur toute l’étendue de la région, assurer la sécurité à travers toute la région de Ménaka, l’organisation des campagnes de sensibilisation pour la paix, la cohésion sociale et la stabilisation à travers toute la région, sensibiliser sur les valeurs cardinales de l’islam, renforcer le développement durable, revalorisation de la fonction de la chefferie traditionnelle et recours à la justice transitionnelle,

Il faut retenir que la rencontre intercommunautaire de Ménaka s’est déroulée dans les conditions satisfaisantes. Les participants ont estimé que, le dialogue social et le dialogue inter communautaire sont un héritage historique et un cadre de référence en matière de prévention et de règlement des conflits dans notre pays. Ils ont souhaité que les résultats dégagés de la rencontre contribuent à rétablir la confiance entre les pouvoirs publics et les populations d’une part, entre communautés, d’autre part à travers le renforcement des capacités en communication pour réduire les préjugés, les rumeurs et les malentendus. En outre, ils permettront de renforcer les actions de développement, gage d’une paix durable dans la région.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.