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Processus budgétaire 2020 : L’implication des collectivités territoriales arrive

vendredi 8 mars 2019

Le lundi 25 février 2019, s’est tenue à l’hôtel de l’Amitié, la conférence de lancement du processus budgétaire 2020. C’était sous la direction de Dr Boubou Cissé, ministre de l’économie et des finances.

Elle a enregistré la présence de l’Ambassadeur de l’Allemagne en tant que chef de file des partenaires du Groupe Thématique Economie et Finances, du directeur général du budget, du représentant du Vérificateur Général et plusieurs acteurs du secteur financier.

Au cours de ce lancement, les panelistes ont abordé quatre thèmes que sont : la participation des collectivités territoriales au processus de la préparation et d’exécution du budget-programme, gestion des risques budgétaires, amélioration de la qualité des documents budgétaires, évaluation des politiques publiques et l’évolution de la gestion.

Dr Boubou Cissé, dans son allocution a estimé que cette conférence revêt un caractère particulier puisqu’il s’agit du lancement des travaux de préparation du budget d’Etat de l’année 2020, une occasion pour faire l’évaluation de l’économie du pays, mais aussi pour aborder des thèmes importants sur le processus budgétaire 2020. Il a ajouté que le contexte macro-économique qui prévaut à l’élaboration du budget 2020 est caractérisé par l’affermissement de l’activité économique mondiale et une baisse des cours des produits pétroliers. Quant à l’exécution budgétaire, l’objectif de mobilisation des recettes fiscales en 2018 n’a pas été atteint en raison de la contre-performance des services d’assiette.

Concernant l’année 2019, le ministre a indiqué que l’amélioration de l’exécution budgétaire se traduira par un double objectif d’intensification de la mobilisation des ressources intérieures et de la maîtrise des dépenses. En ajoutant qu’en 2020, les perspectives macro-économiques du Mali incitent à la mise en œuvre d’une politique budgétaire prudente, consécutive à un léger repli de croissance réelle estimée à 4,9% contre 5,0% en 2019, alors que l’inflation resterait inchangée par rapport à 2019, soit 2,1%.

« Cette stabilité macro-économique doit être consolidée et renforcée à travers une planification budgétaire visant une forte mobilisation des recettes intérieures et une amélioration de la qualité de la dépense en vue de promouvoir une croissance durable et inclusive », a-t-il lancé.

Aux dires du ministre, la participation des collectivités au processus budgétaire devient un aspect important pour l’atteinte de résultats des programmes. Pour dire que les collectivités reçoivent des subventions des programmes donc elles doivent contribuer aux résultats. Selon lui, elles reçoivent des subventions et exécutent des dépenses sans se rendre compte qu’un résultat est poursuivi dans le cadre d’un programme.

Sidiki Traoré, Directeur général du budget, a affirmé qu’il y a des choses qui continuent à être améliorée. Notamment la formation des acteurs, et le suivi évaluation dans le processus. « C’est un processus long mais c’est avec beaucoup de pédagogie que nous essayons d’impliquer, d’implémenter ce nouveau processus budgétaire dans notre culture de gestion », a-t-il indiqué.

Pour sa part, Dietrich Becker, Ambassadeur d’Allemagne, s’est félicité pour la tenue de cette réforme. Selon lui, elle constitue un grand pas vers une gestion des finances publiques plus axée sur les résultats et plus transparente et reste un processus qui se poursuit encore aujourd’hui. A cet égard, il a ajouté qu’il reste important de continuer le travail de sensibilisation et de pédagogie, pour expliquer la structure des programmes, des priorités et des indicateurs figurant dans ce budget. Il sera primordial également de s’assurer de la pleine convergence entre CREDD 2 et programmes figurant dans le budget, tout en continuant d’éclairer le public sur la correspondance entre les deux. Il a ensuite estimé que le Mali est l’un des rares pays en Afrique qui consacre 15% de son budget au secteur de l’Agriculture, ce qui témoigne de la volonté du gouvernement de développer ce secteur si important pour l’économie malienne. En indiquant qu’en 2018, le Mali a réussi le basculement en mode budget-programme et la réorganisation de la structure budgétaire ne se fait pas d’un jour à l’autre.

En mettant l’accent sur le dernier thème de la journée, il dira, « Pour que la réforme de la décentralisation soit un succès, les collectivités doivent disposer de fonds nécessaires pour accomplir les compétences qui leur sont dévolues ».

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.