Politique > Primature : Mara joue-t-il les prolongations ?

Primature : Mara joue-t-il les prolongations ?

mardi 2 septembre 2014, par Assane Koné

Le divorce entre le Premier ministre et les collaborateurs les plus proches du président de la République est presque consommé. Après des séances de rencontre avec les partis de la mouvance présidentielle, le RPM a obtenu le quitus d’une cinquantaine de partis politiques pour la mise en place d’une plate-forme de soutien au président. L’architecture générale de la plate-forme, les projets de textes législatifs et réglementaires ont été présentés, le week-end dernier, à la faveur d’une rencontre, sans le parti Yélema.

Le parti présidentiel, le Rassemblement pour le Mali est en passe de gagner face au Premier ministre Moussa Mara. Sur sa proposition, environ une cinquantaine de partis politiques vont parapher une plate-forme politique, engageant les partis à soutenir les actions du président de la République, Ibrahim Boubacar Keita.

Selon les responsables du RPM, cette vision politique vise à purifier la vie publique, crédibiliser les acteurs politiques et renforcer les bases populaires de la République. Il s’agira pour les partis signataires de mobiliser et conjuguer les efforts afin de traduire dans les faits la profonde aspiration du peuple, à renouer avec l’honneur et la dignité des valeurs qui firent la gloire du Mali, et d’asseoir une démocratie économique et sociale.

Les lignes de cette plate-forme s’inscrivent dans la droite ligne du projet du président IBK pour l’avenir du pays. L’architecture générale de la plate-forme, les projets de textes législatifs et réglementaires ont été présentés, le week-end dernier. Mais, on a remarqué au cours de cette présentation, l’absence du parti du Premier ministre Moussa Mara.

Est-ce le divorce ?

Pas si étonnant. Là-dessus, nos sources sont formelles : « en réalité, l’idylle entre IBK et Moussa Mara n’est pas allée plus loin que les accolades qu’ils ont échangé juste au retour du Premier ministre de sa visite mouvementée à Kidal. Si le Président de la République a bien apprécié la visite de Moussa Mara, la suite des évènements, surtout l’offensive ratée de l’armée sur les positions rebelles et les conséquences qui en ont découlé, l’a beaucoup irrité. Mais en tant que chef, il ne pouvait que colmater les brèches », a affirmé, un membre du RPM.

Autre fait qui a provoqué l’ire du Président IBK : la façon dont le cabinet du Premier ministre a géré la convocation des leaders politiques à la rencontre du 2 juin 2014 à Koulouba sur les derniers développements de la situation à Kidal. « Vous vous rappelez que c’était par un “SMS” que le cabinet du Premier ministre avait convié les leaders politiques à cette rencontre, et le Président n’a pas aimé cela du tout ! Comme s’il avait le don de contrarier IBK », estimé notre source.

Moussa Mara commettra beaucoup d’autres erreurs, et pas des moindres… Au point que le Chef de l’État avait fini par faire part de sa déception au Premier ministre et à son équipe lors d’un Conseil des ministres. De sources informées, le Président Ibrahim Boubacar Kéïta, même s’il n’a jamais caché sa déception face à l’attitude de son Premier ministre, voulait une majorité confortable avant de remercier Mara. D’où la rencontre du samedi dernier sans la délégation du parti Yélema.

Comme vous pouvez le constater, les pains sont comme cuits pour le Premier ministre Moussa Mara. Et nos sources affirment ne pas dévoiler un secret en disant que le limogeage de Moussa Mara, après la signature d’un Accord de paix avec les groupes armés du nord, est évident. Surtout qu’il est de plus en plus question de la formation d’un gouvernement de large ouverture politique (à l’opposition et aux groupes armés) pour faciliter la mise en application des accords qui seront convenus à Alger et signés à Bamako.

« Le Premier ministre Moussa Mara lui-même comprendrait la nécessité de la désignation d’une personnalité autre pour piloter ce “gouvernement de large ouverture politique », annonce notre interlocuteur.

Pour les responsables de la plate-forme, il est temps de siffler la fin de la récréation. Autre motivation du parti présidentiel, les offensives de charme du cabinet du Premier ministre sont multiples. A en croire notre source, le Premier ministre tente de redorer son blason pour le peu de temps qui lui reste à la Primature. « C’est légitime puisqu’il est avant tout un chef de parti politique nourrissant des ambitions pour le futur, bien d’ambitions d’ailleurs », fait-il savoir.

Bréhima Sogoba

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.