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Présidentielle au Mali/ Soumaïla Cissé : « Je suis le vainqueur »

vendredi 17 août 2018

« Je réaffirme encore, ici, devant notre peuple et à la face du monde, que, si on exclut les résultats issus des bourrages d’urnes avérés dans de nombreux bureaux de vote des zones de l’Office du Niger et de la CMDT, ainsi que les résultats tout simplement fantaisistes dans de très nombreuses localités du Nord du pays, je sors vainqueur de l’élection présidentielle avec 51,75% des voix contre 48,25% à notre adversaire ». La déclaration a été faite par Soumaîla Cissé, le 16 août 2018, lors d’une conférence de presse, à l’hôtel Salam. Lisez l’intégralité de sa déclaration !

DÉCLARATION DU PRÉSIDENT SOUMAÏLA CISSÉ

Mes chers compatriotes,

Je voudrais, tout d’abord, vous remercier très sincèrement pour le vote massif que vous m’avez accordé au premier et au second tours de l’élection présidentielle 2018.

La diaspora malienne, par son engagement sans réserve à nous accompagner dans notre quête de justice électorale et de sauvegarde de notre démocratie, nous a donné des résultats remarquables.

Je tiens donc particulièrement, à vous féliciter et à vous remercier.

Mes chers compatriotes,

Je réaffirme encore, ici, devant notre peuple et à la face du monde, que, si on exclut les résultats issus des bourrages d’urnes avérés dans de nombreux bureaux de vote des zones de l’Office du Niger et de la CMDT, ainsi que les résultats tout simplement fantaisistes dans de très nombreuses localités du Nord du pays, je sors vainqueur de l’élection présidentielle avec 51,75% des voix contre 48,25% à notre adversaire.

Ceci est incontestable et vérifiable à partir des procès-verbaux signés de toutes les parties.

Mes chers compatriotes,

Votre courage, votre dignité, votre volonté et votre détermination font honneur à l’histoire et aux valeurs cardinales de notre peuple.

Malgré tous les obstacles, vous n’avez ni cédé, ni renoncé à vos espoirs d’un vrai et profond changement.

Vous avez refusé la corruption, le népotisme, le favoritisme : en un mot, la mal- gouvernance de ces 5 dernières années.

C’est pourquoi, mes chers compatriotes, la lutte continue.
Oui, la lutte va continuer, et soyez confiants !

Ensemble et debout, nous allons résister, nous allons nous opposer. Ensemble, nous allons gagner.

Mes chers compatriotes ;

Depuis le début de ce processus électoral, je n’ai cessé d’alerter sur les risques évidents d’une fraude généralisée et systématique de nature à fausser les règles de la compétition électorale, et de m’inquiéter du très grand risque d’une crise post électorale.

Oui…, car, je savais que cette fraude se préparait.

C’est pourquoi j’avais anticipé en demandant par écrit depuis le mois de mars aux Nations Unies, à l’Union Africaine et la CEDEAO une certification internationale comme en Côte d’Ivoire.

Je n’ai pas été entendu, je n’ai jamais eu de réponse. Cruel constat !

Aujourd’hui, nous ne pouvons, en aucune façon, passer sous silence l’utilisation abusive des moyens de l’Etat et des médias publics pendant la campagne , ni l’achat massif des votes le jour du scrutin , ni le bourrage systématique des urnes, sans parler des régions où il n’y a pas eu aucun vote, attribuant frauduleusement ainsi à notre adversaire des centaines de milliers de voix fictives.

Vous comprenez donc aisément que les résultats proclamés par le Ministère de l’Administration territoriale ne reflètent en rien la réalité des urnes.

Je maintiens et je peux le prouver que j’ai remporté cette élection avec 51,75% des voix !

Savez-vous que sur les 23 041 bureaux annoncés seuls 22 675 sont dans le ficher mit en ligne.

Savez-vous que dans plus de 1 000 bureaux on a voté en moins de 2,5 minutes avec 79% des voix pour IBK.

Savez-vous que 340 bureaux ont un taux de participation de 100% avec 88% des voix pour pour IBK.

Les anomalies sont nombreuses et nombres de résultats annoncés ne correspondent pas au dépouillement réel.

La crédibilité du scrutin reste toujours sujette à caution.

Mes chers compatriotes,

Ce régime n’a pas seulement triché, il a également activé une véritable police politique qui a décimé notre équipe de communication.

Séquestration de personnes et de biens, torture et tentative d’enlèvement pour démoraliser nos troupes, et surtout, pour les empêcher de poursuivre la centralisation des résultats. Car ce régime, devenu autocratique, savait qu’il avait perdu.

Ces faits sont inqualifiables. Le Mali plonge dans l’arbitraire, et, face à l’arbitraire, la résistance est de droit.

Oui, face à l’arbitraire, la résistance est le droit !

Mes chers compatriotes ;

L’achat de conscience et la fraude sont devenus le cancer de la démocratie malienne.

C’est pourquoi, la lutte pour la restauration de la démocratie doit être notre plus noble combat, celui de tous les partis politiques, celui des associations et toutes les organisations de la société civile, par-delà toutes les éventuelles divergences !

En effet, je suis plus que jamais convaincu que, seule la restauration de la démocratie pourrait rendre notre système politique viable, tant pour les acteurs politiques, associatifs qu’économiques.

Mes chers compatriotes,

Dans un passé récent, en tant que républicain et démocrate, j’ai donné toute la mesure de mon profond attachement à la paix sociale et à la cohésion nationale.

Dans le contexte actuel de notre pays, marqué par des dérives autoritaires, la négation du suffrage des Maliens, vous comprendrez aisément, que je ne peux, en aucune manière, fermer les yeux sur les fraudes et irrégularités massives qui ont caractérisé les présentes élections présidentielles.

Je ne trahirai donc pas la confiance que la majorité des votants ont placée en moi pour restaurer l’espoir dans notre pays.

C’est la raison pour laquelle, je rejette catégoriquement et sans équivoque, les résultats proclamés par le Ministère de l’Administration territoriale.

Je refuse et dénonce ces résultats. Ils ne sont que : supercherie, mascarade, parodie et mensonges.

Ils ne sont que le fruit pourri d’une fraude honteuse.

Pour cela, j’utiliserai toutes les voies de recours que m’offre la Constitution de notre pays, la législation malienne et les textes internationaux, ainsi que tous les moyens politiques en ma possession pour faire respecter le vote des Maliennes et des Maliens.

J’en appelle donc, à la mobilisation de tous les acteurs politiques et à tous les Maliens et Maliennes épris de paix et de justice, pour rendre cela possible.

Non, Mesdames et Messieurs les observateurs internationaux, l’assassinat d’un jeune de 30 ans, président d’un bureau de vote, n’est pas « UNE ANOMALIE DE PROCÉDURE » mais, bel et bien, un acte crapuleux qui est révélateur de l’insécurité qui entache, en bien d’endroits, la sincérité du vote.

J’en appelle donc à la communauté internationale et aux chefs d’État de la sous région pour qu’ils interviennent en urgence afin de mettre un terme à ce hold-up électoral.

Le retour de la paix au Mali est en jeu. Oui, le retour de la paix au Mali est le prochain enjeu de la stabilité de la région.

Mes chers compatriotes,

Je suis certain que votre amour pour la patrie, votre engagement pour le Mali, votre dévouement pour le Maliba de nos dignes ancêtres, vous rassemblera, nous rassemblera tous, unis et solidaires, pour défendre votre liberté et votre vote !

Un rassemblement pacifique et sans violence, comme nous l’avons fait en défendant notre CONSTITUTION. Il n’y a pas pire violence que la FRAUDE.

Le peuple malien ne peut pas, ne doit pas se laisser voler sa victoire. Une victoire chèrement acquise !

Le peuple malien a l’honneur chevillé au cœur ! Le peuple malien a toujours eu, et, aura toujours la dignité et la justice en son esprit.

Notre peuple a toujours su, dans le passé, se dresser vaillamment face à un pouvoir autoritaire, il saura encore une fois, relever fièrement le défi de la vérité.

A vous, Jeunes du Mali qui manifestez, de par le monde, à Bamako et dans les différentes villes du pays, je réaffirme que ce combat est d’abord le vôtre, puisqu’il s’agit du choix de votre avenir, du respect de vos droits les plus élémentaires.

En agissant ainsi, vous refusez, courageusement, que votre destin soit enfoui dans les sables du Sahara ou englouti dans les flots de la Méditerranée.

En agissant ainsi, vous refusez la pauvreté et la misère comme une fatalité, Par votre vote, vous avez décidé d’assumer votre avenir, car il vous appartient !

Dans ce combat, je suis, et je resterai toujours, à vos côtés !
Dans ce combat, je ne trahirai jamais, au grand jamais, votre confiance !
Oui, dans ce combat, je suis prêt à tout sacrifice pour voir la concrétisation de vos espoirs !

Chers Compatriotes ;

Ensemble, et debout, nous relèverons le défi d’un Mali fier, d’un Mali digne, crédible et respecté, d’un Mali de bonne gouvernance.

Et d’un Mali...enfin en paix. Je m’y engage et je vous le promets !
Car, l’arbre de la fraude et ses feuilles de corruption ne peuvent cacher longtemps la forêt de l’espoir et du changement.

Vive le Mali éternel, fier et debout
Vive la République et vive la Démocratie.

Je vous remercie.

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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