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Organes de la transition : Les femmes du Mali exigent le respect de la loi sur le quota

jeudi 8 octobre 2020

La mise en place du gouvernement de transition, le 5 octobre 2020, avec seulement 4 femmes sur 25 membres, soit 16%, est une violation flagrante de la loi 2015-052 du 18 décembre 2015. La déclaration a été faite par la plateforme des femmes leaders du Mali, lors d’une marche, le 8 octobre 2020.

Les femmes du Mali se sont mobilisées, sous l’égide de la plateforme des femmes leaders du Mali pour une marche qui est partie du monument de l’indépendance pour rallier la primature. Cette marche avait pour objectif de remettre solennellement une déclaration au Premier Ministre pour dénoncer la violation flagrante de la loi 052 de 2015, lors de la mise en place du Gouvernement de transition. Mais, avant, la déclaration a été lue par Mme Traoré Nané Sissako, vice-présidente de ladite plateforme.

« La mise en place du gouvernement de transition, le 5 octobre 2020 avec 4 femmes sur 25 membres soit 16%, est une violation flagrante de la loi 2015-052 du 18 décembre 2015 qui fait partie de l’arsenal juridique national et non conforme à l’article 17 de la charte de transition », a déclaré la vice-présidente.

A cet effet, la plateforme a demandé, de façon solennelle que des dispositions urgentes soient prises afin de se mettre en conformité avec la loi suscitée concernant toutes les nominations effectuées à compter du 19 août 2020.

Elles ont attiré l’attention des autorités sur l’impérieuse nécessité d’assurer l’équité et l’inclusivité dans les clés de réparation, afin que, par rapport aux différents secteurs, que des acteurs et actrices ne soient ni sur représenté(e)s, ni sous représentés pour des raisons non validées aux cours des consultations sur l’architecture de la transition ou par les lois. Elle a indiqué qu’elles ne ménageront aucun effort pour laisser à leurs enfants un Mali de paix, un Mali unifié, un Mali émergent où il fera bon vivre. Tout en souhaitant qu’une correction soit apportée aux nominations faites depuis la promulgation du décret d‘application de la loi 052 et qu’elle soit appliquée dans toute sa rigueur et pour toutes celles à venir.

« Nous insistons sur le respect des priorités des populations notamment la question centrale de la sécurité des personnes et de leurs biens dans toutes les régions du Mali », a-t-elle précisé.

Pour sa part, Mme Maiga Hadaye Maiga, présidente nationale des femmes des mouvements armés de la plateforme, a indiqué que leur initiative de manifester n’a pas pour objectif de semer le désordre. Mais, selon elle, c’est pour revendiquer le quota des femmes. Elle dira qu’elles sont prêtes à donner la main au nouveau gouvernement de la transition pour le retour de la paix au Mali.

« Il faut que le gouvernement revoit sa manière de travailler. Il faut qu’il pense au respect de la loi 052. Dans ce nouveau gouvernement de 25 membres, il n’y a que 4 femmes. Ce qui veut dire qu’on a été complément marginalisées. On n’est dans un pays de droit, si nos demandes ne sont pas prises en compte on va envisager d’autres marches », a-t-elle déclaré.

Coumba Bah, membre du réseau des femmes panafricaines leaders pour la transformation de l’Afrique, a jugé qu’on ne peut pas voter une loi et ne pas l’appliquer. Elle dira que, ce n’est pas un bon message qu’on donne à la génération future et même à l’opinion nationale et internationale. « Nous ferons tout pour que nos 4 sœurs qui sont dans le gouvernement de la transition mènent à bien leur mission. Si on voit que le Mali n’est pas prêt dans son cœur et dans sa tête, mieux vaut abroger la loi plutôt que de continuer à la violer », a-t-elle estimé.

Haidara Aichata Cissé dite Chato, membre de la plateforme, estime que dans le contexte où nous vivons qu’il est important de tenir compte des femmes. « Il y a beaucoup de loi qui sont votées au Mali, mais leur application pose problème. Nous sommes-là, non seulement pour attirer leur intention, mais pour corriger cette injustice », a-t-elle rappelé. Elle a indiqué que, le respect de cette loi est valable pour les postes nominatifs et électifs.

A noter dès leur arrivée à la Primature à la primature, les femmes ont tenu une rencontre avec le Premier Ministre de transition et la Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. Elles ont été rassurées de la prise en compte de leur précaution et de veiller à ce que cela ne se répète.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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