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    Mobilisation autour de la révision constitution : Le CNSC dénonce une connexion dangereuse entre politique et société civile

    jeudi 24 août 2017 , par Assane Koné

    Dans une adresse à la nation à la date du 18 Août 2017, le Président de la République, Ibrahim Boubacar KEÏTA, a annoncé sa décision de surseoir à l’organisation du référendum sur la révision constitutionnelle qui a été à l’origine de beaucoup d’agitation ces dernières semaines dans notre pays. Suite à ce report, nous avons rencontré, mercredi 23 août 2017, le Président du conseil national de la société civile, Bouréima Allaye TOURE, dont l’organisation avait appelé, quelques mois plutôt, le Président de la République à renoncer à son projet.

    Au cours de notre entretien, M. TOURE, a indiqué que ce report doit être mis à profit par le chef de l’Etat pour continuer le dialogue afin d’aboutir à un consensus autour de la question.

    Aujourd’hui, a-t-il fait savoir, le CNSC à un sentiment de satisfaction suite à cette décision du président de la République de sursoir à ce referendum. Depuis le mois d’octobre, le CSNC, selon son président, après un état des lieux, était arrivé à cette même conclusion.

    De même, a-t-il fait savoir, le CNSC à contribuer au processus de révision constitutionnel depuis la commission des experts jusqu’à la saisine de l’Assemblée nationale où il a eu a rejeté le projet texte.

    Malgré son opposition, le conseil a compris qu’il y avait un problème après l’adoption de cette loi portant révision de la constitution en raison essentiellement de la division au sein de l’opinion publique. « Nous avons trouvé que c’était un danger pour notre pays. C’est pourquoi, nous avons préféré faire notre déclaration depuis le mois de juin pour demander au président d’annuler », a-t-il dit.

    Après cet appel courageux à l’époque, les responsables de l’organisation ont eu le sentiment de n’avoir pas été entendu. Malheureusement, l’histoire semble donner raison au CNSC et ses responsables suite aux velléités et les manifestations qui ont suivi jusqu’à la rupture entre deux partie de l’opinion.

    « Aujourd’hui, nous sommes très heureux que la sagesse a prévalue et qu’une issue heureuse a été trouvée », a-t-il expliqué.

    Mais pour le CNSC, c’est maintenant que le travail doit commencer non seulement pour les autres échéances que nous attendons, mais aussi pour la cohésion sociale et pour que le dialogue tant attendu puisse s’amorcer réellement entre tous les acteurs de la nation.

    Dans ce système démocratique, le Président est au-dessus de la mêlée et la sagesse dont il a fait preuve doit continuer à prévaloir, parce qu’il est le garant de l’unité nationale. « Gouverner n’est pas chose aisée, il faut beaucoup de patience, d’écoute, de persévérance », a-t-il reconnu.

    C’est pourquoi, il a invité le Président à faire prévaloir le dialogue entre les acteurs politiques. De même, il a demandé au Président de soutenir la société civile, en tout cas celle qui ne cherche pas la conquête du pouvoir. De son avis, même si la société civile est souvent très critique, il s’avère que dans la plupart des cas, elle a raison. C’est pourquoi, elle doit être écoutée et soutenue pour qu’elle puisse émettre des avis éclairés sur toutes les questions d’intérêt national.

    Pendant la crise, le CNSC, a fait savoir M. TOURE, s’est mis à l’écoute de tous les protagonistes, notamment, les partis politiques, les structures en charge de l’organisation des élections, les groupes armée, les différentes plateformes nées de cette crise. Après ce tour d’horizon, le CNSC a retenu 3 points essentiels, à savoir : Faire prévaloir le dialogue et la concertation ; Informer largement le peuple, à travers les médias et des émissions en langues nationales.

    Le dernier point, et non le moindre, c’est que pour le CNSC, force doit rester à la loi. Par ailleurs, le CNSC a déploré le fait que les réseaux sociaux sont en train de mettre en mal nos valeurs sociétales et a invité les autorités à prendre les dispositions idoines pour stopper cette dérive. Pour ce faire, il faut que la société civile reste dans son rôle et révise sa politisation. « Nous n’avons aucun intérêt à faire de la politique en tant que société civile », a-t-il indiqué.

    Il n’a pas manqué de dire aussi aux hommes politiques de rester dans leur camp pour nous éviter cette politisation dangereuse de la société civile. « Si aujourd’hui, la politique se confond avec la société civile, pour une raison ou une autre, contre l’autre camp, il doit comprendre que les données peuvent changer et ceux qui sont aujourd’hui à l’opposition peuvent se retrouver au pouvoir », a-t-il expliqué.Dans ce cas, ils seront combattus par un système qu’ils ont eux-mêmes mis en place.

    « Il faut que les jeux soient clairs », a-t-il dit, avant de reconnaitre que ce n’est pas facile. Raison pour laquelle, a-t-il asséné : « Il faut éviter de prendre la société civile comme un tremplin dans leur jeu politique ».

    Parlant des violences verbales qui ont caractérisées les manifestations de rue et sur les réseaux sociaux, M. TOURE a dit que c’est la preuve que le politique a échoué. Rarement, a-t-il fait constater, on voit un parti politique donner une formation civique et politique à ses militants dans notre pays. Conséquences, chacun devient politique du jour au lendemain sans aucune culture politique. Et aujourd’hui, nous sommes dans une situation, qu’il juge, préoccupante.

    Pour lui, la Constitution nous donne beaucoup de moyens de nous faire entendre sans violence dans la rue. « Aujourd’hui, les choux et les carottes sont mélangés et on ne sait plus quoi faire », a-t-il dénoncé.

    De l’avis de ce grand acteur de la vie nationale, la diversité de la société civile est profitable à la démocratie, à condition que chacun respecte les règles de jeu.
    Selon lui, les activistes peuvent conduire à des changements positifs comme négatifs. Quant à la société civile formelle, elle doit rester dans la légalité pour mener son combat sans grabuge. Elle doit continuer essentiellement la construction nationale après les périodes d’agitation.

    « On a pas encore 30 ans de démocratie, donc, on est en apprentissage. C’est pourquoi, il faut souvent tolérer quelques dérapages tout en prenant des mesures pour qu’ils ne deviennent pas trop glissants », a-t-il conclu.

    Par Zié OUATTARA

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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