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Mali sous IBK : Soumaïla Cissé voit des scandales partout

mercredi 4 septembre 2019

Le maître mot qui rythme et caractérise le régime d’IBK est, sans aucune contestation possible, celui du scandale. Scandale avec un (S) majuscule. Scandale relatif à l’achat de l’Avion Présidentiel, d’équipement militaire, d’engrais frelatés, la passation de marchés surfacturé, la construction des logements sociaux. Scandale en toute impunité, touchant au domaine sensible de la sécurité, de l’éducation, de la santé, de l’aménagement routier. La déclaration a été faite par Soumaila Cissé, Chef de fil de l’opposition, lors d’un point de presse.

Le mardi 3 septembre 2019, à la Maison de la presse Soumaila Cissé, Chef de fil de l’opposition, était face aux Hommes de médias. L’objectif était d’informer l’opinion nationale et internationale sur les questions d’intérêts majeurs concernant la gouvernance et l’avenir de notre pays.

A l’entame de ces propos, le Chef de fil de l’opposition a déclaré que le maître mot qui rythme et caractérise le régime d’IBK, sans aucune contestation possible, c’est le scandale. Scandale avec un (S) majuscule. Scandale relatif à l’achat de l’Avion Présidentiel, d’équipement militaire, d’engrais frelatés, à la passation de marchés sur facturé, à la construction des logements sociaux et la liste n’est pas exhaustive. Scandale en toute impunité, touchant au domaine sensible, de la sécurité, de l’éducation, de la santé, de l’aménagement routier parmi d’autres, sur fond de malversation financier, de fraude fiscale et douanière. Selon lui, l’ensemble de ces scandales ont impacté gravement le quotidien social, économique et civique de nos populations.

Soumaila Cissé, a ajouté que les scandales se sont multipliés tragiquement en phase avec le cortège funèbre consécutif aux violences meurtrières, mafieuses et le terrorisme grandissant au Nord et au centre du pays. Pour lequel, nos compatriotes abandonnés par le pouvoir central ont payé. Ainsi, de 2013 à 2019, l’insécurité galopante et effrénée qui frappe notre pays à donner la mort de plus de 4000 civiles et militaires dont plus de 500 pour le seul semestre de 2019. « C’est tout simplement inacceptable, intolérable », a-t-il déclaré.

« Chaque fois qu’on condamne ces drames à répétitions et à l’occasion de la fête de notre armée, nous rappelons que nos forces de sécurités se battent souvent sans moyens aux cotés de nos amis et alliés contre les groupes terroristes et djihadistes qui ont investi le nord et le centre du pays. Pour réussir leur mission, nos forces armées et de sécurités doivent être impérativement plus équipées et mieux formées », a-t-il indiqué. Il dira qu’ils ont toujours et fermement insisté sur une application correcte et impérative de la loi d’orientation et de programmation militaire adoptée en 2015. C’est pourquoi, face à la gravité de la situation, « nous ne cesserons pas de rappeler au régime d’IBK qu’aucune indiscipline, ni scandale financier ne doit être toléré dans la gestion des ressources destinées à nos forces armées et de sécurités ».

Par la suite, il a indiqué que le régime d’IBK, a encore une fois de plus donné raison à l’opposition. Qu’il a encore donné raison à l’opposition en reconnaissant lors de la dernière interview dans le journal « Jeune Afrique » le 30 juin 2019, que les deux Hélicoptères achetés pour l’armée sont cloués au sol depuis leur attribution, faute de maintenance. Tout en clamant et martelant haut et fort à la Une du journal que, « nous sommes en guerre, nous sommes en guerre ». Selon lui le Président de la commission de l’Assemblée nationale, est allé jusqu’à se poser ouvertement ladite question de savoir si notre pays n’a pas été floué lors de l’achat de ces deux Hélicoptères. Pourtant, plus de 7 milliards de FCFA ont été décaissés par l’Etat pour cette opération. Pour lui, cette affirmation constitue un acte assimilable à la haute trahison de la part du Chef Suprême des armées, susceptible d’ouvrir la voix à sa mise en accusation. C’est pourquoi, nous avons saisi l’Assemblée nationale du Mali d’une demande formelle à la date du 26 août 2019 afin qu’elle procède, à toutes les investigations nécessaires et urgentes pour répondre aux questions suivantes et éventuellement à d’autres : qui sont les responsables de ces tragédies ? Qui a choisi et commandé les Hélicoptères ? Qui a ordonné les achats et à quel coût ? Qui a procédé aux règlements et de quelle manière ? Comment se sont opérées les transactions ? Pourquoi les Hélicoptères Puma sont-ils cloués au sol ? Pourquoi les Avions super tucanos livrés n’ont-ils pas les équipements de combat approprié ? Pourquoi deux avions super tucanos n’ont-ils jamais été livrés ?

A l’en croire, il appartient désormais à l’Assemblée nationale du Mali après enquête, de renvoyer devant les juridictions concernées toutes personnes impliquées dans cette cascade équarrissage. Il s’agit : du Président de la République, Chef Suprême des Armées, du Premier ministre, des ministres et de leur éventuels complice civils et militaires en raison de crimes et délits commis dans l’exercice de leurs fonctions. A savoir : la haute trahison, le détournement et la complicité de détournement de fonds public par l’encaissement irrégulier des finances publiques, l’utilisation frauduleux de deniers publics, le favoritisme, le trafic d’influence, la fabrication et l‘usage de faux, l’enrichissement illicite et évasion fiscale et le mensonge d’état, le fraude fiscale et douanière. En indiquant que ces faits sont prévus et punis par les articles 34, 102, 107, 112, 120, 123, du code pénal du Mali et la loi 2014.

« On ne combat pas l’ennemi avec des leurres. On ne défend pas son peuple avec illusion. C’est pourquoi justice doit être faite, rendue et appliquée », a-t-il conclu.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.