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Journée internationale de la drogue 2020 : pour une prise en charge effective des toxicodépendants

jeudi 25 juin 2020

Le Mali, à l’instar de la communauté internationale, célèbre chaque année le 26 juin, la journée internationale de la lutte contre l’abus et le trafic des drogues. La présente édition est célébrée dans un contexte marqué par la crise de COVID-19 qui secoue le monde entier et nous oblige à adapter le format de nos activités au strict respect des mesures barrières. Pour cela, un message du Ministère de la sécurité et de la protection civile, lu par le secrétaire général, a été adressé à la population. Le thème retenu pour cette année est : « Une meilleure connaissance pour de meilleurs soins ».

Il faut noter que, la célébration de cette journée est un tremplin, pour informer et sensibiliser la population sur les risques encourus par la consommation des substances psychoactives. Egalement, elle offre une nouvelle fois, l’occasion au gouvernement du Mali, de réaffirmer sa détermination à lutter contre le trafic illicite des drogues et sa réelle volonté à œuvrer pour la prise en charge sanitaire des toxicodépendants.

Selon les résultats des différentes études et des données programmatiques au Mali sur la consommation de certains types de drogues notamment injectables, il ressort que près de 77% des usagers de ces drogues réutilisent leurs seringues et 60% se partagent des seringues usagées avec une séroprévalence de 3% de l’hépatite C et 15% de l’hépatite B, 5,1% de VIH et de nombreuses séquelles suite à l’injection.

Aux dires du secrétaire général du ministère de la sécurité et de la protection civile, l’usage de drogues par voie intraveineuse constitue incontestablement une pratique à hauts risques pour l’usager et une menace réelle pour la santé publique. Il peut contribuer à la dégradation de l’état de santé et à la désocialisation de ceux qui s’y livrent, et mettre leur vie en danger. De nombreuses familles sont confrontées à cette problématique sans aucun recours médical ou social possible.

C’est pourquoi, il sied d’adapter notre législation en matière des drogues aux standards régionaux et sous régionaux et de renforcer la capacité de nos structures de soins à offrir des soins de qualités aux usagers de drogues et à prévenir efficacement des troubles liés à l’usage des drogues.

« La meilleure connaissance du phénomène nous permettra ainsi, de diminuer la stigmatisation des usagers de drogues, de maîtriser les circuits du transite, de mieux prévenir ou de traiter des troubles liés à la consommation des drogues », a déclaré le secrétaire général.

Selon lui, l’Office Central des Stupéfiants, l’organe de coordination de la lutte au Mali, élabore chaque année un rapport descriptif sur l’ampleur de la consommation et du trafic de drogues afin de permettre aux pouvoirs publics d’apporter des mesures appropriées pour faire face aux conséquences sanitaires, sécuritaires, économiques et sociales du phénomène. C’est à juste titre que l’ONUDC a choisi le thème de cette année 2020. Il dira que, cette approche traduit l’impérieuse nécessité de disposer d’une meilleure connaissance du phénomène, c’est-à-dire connaitre les produits, les circuits de transit, les usages, et les usagers. Pour y arriver, la disponibilité des données basées sur des évidences scientifiques s’avère nécessaire. Dans cette perspective, il a invité les partenaires et les acteurs intervenants à mettre beaucoup plus l’accent sur la recherche épidémiologique et bio comportemental des usagers.

Sur la même lancé, il a salué les initiatives de certaines Organisations Non Gouvernementales (ARCAD/SIDA, ORFED, PLAN MALI) dont les efforts ont permis de rendre disponibles des données parcellaires sur la cartographie des usagers de drogues et les modes de consommation.

« Plus que jamais, la prise en charge intégrée de l’addiction à travers la création des centres spécialisés avec possibilité de dispensation des traitements de substitution aux opiacés (TSO), devient une nécessité pour faire face aux conséquences sanitaires et sociales de la consommation des drogues et lutter contre la comorbidité », a-t-il conclu.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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