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HABITATIONS SOUS LES LIGNES ELECTRIQUES MOYENNE TENSION : C’est par là que les drames surviennent

lundi 17 août 2020

A Bamako, des pylônes électriques moyenne tension de EDM-SA sont tellement proche des maisons que parfois cela produit des drames. La société productrice de courant au Mali a plus intérêt à prévenir qu’à guérir.

La ligne à haute tension est l’une des principales formes d’infrastructures énergétiques et le composant principal des grands réseaux de transport. Elle permet le transport de l’énergie électrique, des centrales électriques vers les réseaux de distribution qui alimentent les consommateurs selon leurs besoins.

A Bamako, dans plusieurs quartiers, ces lignent sont aériennes et surplombent presque les maisons à usage d’habitation. Faisant un tour de certains quartiers, il n’est pas rare de voir que les fils électriques, moyenne tension, sont à moins d’un mètre des bâtiments. De telle sorte qu’à partir des balcons des bâtiments, il n’est pas impossible de les toucher. Il arrive que des habits lavés se retrouvent sur ces fils. Les enfants ou les bonnes ménagères par méconnaissance se servent des objets métalliques ou autres pour essayer de prendre leurs habits. Du coup, les populations s’exposent au danger d’électrocution. C’est certainement ce qui est arrivé à la petite Fatoumata Temè, électrocutée en début de mois au quartier Golf à Baco-Djicoroni.

En effet, il nous est revenu que Fatoumata âgée de 13 ans, venu du village, s’est permis de se servir d’un bâton en fer pour enlever les habits tombés sur le fils électrique presque contigu à sa famille. Sans le vouloir, le pire est arrivé. Les 4 membres de la fille ont été touchés et par la suite elle a été amputée.

Ce phénomène de fils suspendus sur nos têtes, dans nos maisons, hante beaucoup de chef de famille. Bien qu’ayant violé les normes de construction, I. G. un chef de famille, propriétaire d’une maison à étage à trois niveaux dont le balcon est presque contigu au poteau moyenne tension d’EDM, la mine serrée se plaint. « Quand les enfants jouent, ils touchent à tout et peuvent être électrocutés. J’ai tout fait, mais rien à faire. Dans les jours à venir, je suis obligé de modifier la devanture », affirme t-il.

Interrogé sur les raisons qui l’ont poussé à construire près des installations électriques, notre interlocuteur pense que bien qu’il y ait débordé de 80 centimètres, « les poteaux de EDM sont venus me trouver ici. J’ai construit ma maison il y a plus de 15 ans et les poteaux datent de trois ans. Que voulez vous que je fasse ? ». Pourtant, c’est le fait de n’avoir pas respecté la réglementation en matière de construction qui lui pose tout les problèmes du monde. Pour lui, les enfants ne sont pas les seuls exposés, les adultes aussi.

Pour cet ingénieur à la retraite des eaux et forets à Baco-Djicoroni Golf le problème des installations des fils moyennes tensions trouve son origine à plusieurs niveaux. « Nous avons des petites rues où il est difficile pour deux voitures de se croiser. Si EDM doit planter ses poteaux dans ses rues, forcement les fils vont se retrouver suspendus au dessus de nos têtes, dans nos maisons ». Conseille t-il, EDM SA et les services des domaines de l’Etat à trouver une solution. « Nous sommes menacés par ses fils électriques. A tout moment, le drame peut arriver », déplore l’ingénieur.

Ce qu’il faut surtout dire, c’est que les emplacements des poteaux sont souvent trop proche des maisons. Elles sont aussi intégrés dans des immeubles sous les appartements, voire parfois à l’intérieur de ceux-ci. Les habitants peuvent alors être exposés à des valeurs élevées de champs électromagnétiques, avec, là encore, des risques de tout genre.

Approché par nos soins, un technicien d’EDM affirme que dans la réglementation énergétique, l’implantation d’une ligne moyenne tension obéit à des exigences draconiennes. Parmi les mesures dites de sécurité, figurent l’éloignement de toute habitation des installations électriques.

Outre la ligne moyenne tension, d’autres types de branchements anarchiques passent et se croisent au-dessus d’autres familles sans susciter la crainte des riverains. Outre le cas de Bamako, la même épée de Damoclès est suspendue sur la tête des citoyens de l’intérieur.

De source bien informée, des autorités de l’EDM sont bien au courant du problème. Est-ce à dire qu’à l’Energie du Mali, on ne se soucie pas de la sécurité des populations ? Elle a plus intérêt à prévenir qu’à guérir. Le cas de Fatoumata Temé doit servir d’exemple.

Mamadou Sidibé
ARC EN CIEL

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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