Graves menaces d’insécurité contre les Représentants de l’Etat : SYNAC et SYLTMA demandent à leurs militants de replier dans les zones sécurisées

jeudi 25 juin 2020

Le Syndicat Autonome des Administrateurs Civils (SYNAC) et le Syndicat des Travailleurs du Ministère de l’Administration Territoriale (SYLTMAT), à l’issue d’une réunion conjointe extraordinaire le 22 juin 2020, portant sur les conditions sécuritaires des Représentants de l’Etat, ont décidé en toute responsabilité de demander à leurs militants de replier dans les zones sécurisées face aux multiples attaques dont ils font l’objet depuis un certain temps.

« Au regard de l’ampleur des menaces et des attaques ciblées contre les représentants de l’Etat et en attendant l’application des points d’accord du procès-verbal de conciliation du 26 mai 2020, face à l’incapacité de l’Etat à assurer la sécurité de ceux qui sont chargés de le représenter en temps de paix comme en temps de guerre, nous avons demandé avec beaucoup de peine à nos camarades qui se sentent menacer de replier dans les localités où ils se sentent sécurisés », ont déclaré dans leur communiqué le SYNAC et le SYLTMA.

Le SYNAC et le SYLTMA, au sortir de leur réunion conjointe extraordinaire du 22 juin 2020 portant sur les conditions sécuritaires des Représentants de l’Etat, constatent une dégradation de la situation sécuritaire des représentants de l’Etat et ce malgré la déclaration du 18 juin 2018 et le communiqué conjoint n°001/CEN-SYNAC-SYLTMAT du 18 juin 2019. Ils informent l’opinion publique nationale que les représentants de l’Etat continuent de faire l’objet d’intimidations, de menaces de mort et d’enlèvements dans l’exercice de leur fonction.

Les deux syndicats ont condamné les enlèvements en cours de mission des sous-préfets de Hombori, de Tilemsi, de Farako, du préfet de Gourma-Rharous, du sous-préfet central de Diré et du sous-préfet de Dangha. Ils ont rappelé que conformément aux dispositions des articles 73 e 74 de l’Ordonnance n°2018-0018/P-RM du 31 juillet 2018, portant statut du corps préfectoral, l’Etat a l’obligation de protéger ses représentants contre les attaques dont ils peuvent faire l’objet dans l’exercice de leur fonction.

Le SYNAC et le SYLTMAT en appellent à la responsabilité individuelle et collective des militantes et militants face aux enlèvements. Ils réaffirment la volonté et la disponibilité de leurs militantes et militants à servir l’Etat dans un cadre de travail sécurisé.

« Oui, nous avons fait le serment de servir partout où le devoir nous fera appel, c’est pourquoi, nous sommes les premiers déployés en période de paix (retour de l’administration ou présence effective de l’Etat) et les derniers à quitter en temps de conflit (abandonnés sans défense, sans moyens), mais nous ne sommes pas des suicidaires. Nous voulons continuer à servir l’Etat quand il prendra conscience que nous (préfets et sous-préfets), nous sommes le symbole à la fois de l’existence (si nous sommes présents) et de la déchéance de l’Etat, si nous sommes absents », ont-ils conclu.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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