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GOUVERNEMENT CHOGUEL K. MAIGA : Une guerre de communiqués qui annoncent des difficultés ?

dimanche 13 juin 2021

Décidément. Pendant longtemps. Les maliens seront d’accord sur leur désaccord. Les partis politiques ou regroupements de partis politiques qui ont un représentant dans le nouveau gouvernement, n’ont pas du tout la même position que ceux qui n’y sont pas représentés. Avec cette foultitude de partis politiques et de regroupement de partis politiques, comment satisfaire tout le monde lorsque le nombre des ministres est limité à 25 membres ? Comme, il fallait s’y attendre la mise en place du Gouvernement Choguel K. Maïga semble avoir mis le feu à la poudrière. Le gouvernement est-t-il suffisamment inclusif ? Au moment où le M5-RFP crie « Oui » à rompre ses cordes vocales, d’autres partis politiques ou regroupements politiques disent « Non » avec force.

Sous la plume de Mme Sy Kadiatou Sow, Vice-présidente, le M5-RFP dans son COMMUNIQUE N°025 - CS/M5-RFP SUR LA FORMATION DU GOUVERNEMENT, « félicite le Président de la Transition le colonel Assimi Goita et le Premier ministre Choguel Kokalla Maiga pour la mise en place diligente d’un gouvernement d’ouverture ». Le M5-RFP y a invité le nouveau Gouvernement à se dédier pleinement à la mise en place des bases de la Refondation du Mali dans le cadre d’une gouvernance vertueuse.

Contrairement au M5-RFP, l’Alliance « Ensemble pour le Mali » (EPM), un regroupement de partis politiques qui avait soutenu l’ancien Président IBK pour son 2ème mandat à la tête du pays et qui perd de jour en jour ses membres depuis la mise en place du gouvernement éphémère de Moctar Ouane II, est très amer.

Dans un communiqué publié pratiquement quelques minutes après la mise en place du Gouvernement de Choguel K. Maïga, Dr Bokary Treta, Président de l’EPM et du RPM est formel. « Nous notons que la liste des membres du gouvernement, rendue publique ce vendredi 11 juin, n’a pas refleté l’esprit de la rencontre ». Mieux, il a estimé que « cette situation appelle à des questionnements auxquels nous devons faire face ».

Pour sa part, le PARENA de Tiébilé Dramé accuse, sans porter de gants : « Le Premier ministre de transition avait promis, sans doute, à l’intention de la communauté internationale, un ‘’ gouvernement inclusif’’ ». Pour le PARENA, « la montagne a accouché d’une souris ». Selon Tiébilé Dramé et ses camarades, « à l’arrivée, c’est un gouvernement exclusif, de 28 membres qui a été rendu public ». D’ores et déjà, le PRENA est convaincu que Choguel K. Maïga vient de jeter « les jalons d’une transition non inclusive et de la fuite en avant ». Et, comme oiseau de mauvaise augure, le PARENA a indiqué : « nous sommes inquiets des risques d’instabilité liés à une transition non consensuelle et aux manquements des engagements pris solennellement devant le peuple malien et la communauté internationale ».

Mais, tout compte fait, le PARENA a décidé de condamner « la violation flagrante des conclusions du Dialogue national inclusif et de la Charte de la Transition qui fixent le nombre de ministres au maximum à 25 ». « Les saignées financières résultant de cette rupture du consensus sur la taille du gouvernement sont inacceptables », a déclaré le PARENA, qui a décidé de juger le Premier ministre et son gouvernement à l’œuvre, à leur capacité à stabiliser le pays et à amorcer l’organisation d’élections régulières et crédibles dans les délais annoncés.
Enfin le PARENA a lancé un appel à la tenue de consultations des forces vives du pays pour adopter une nouvelle Feuille de Route adaptée à la durée restante de la Transition afin de forger un consensus national sur les prochaines étapes.

En plus de ces contestations ouvertes, des voix se lèvent pour s’interroger sur le fait que la liste du gouvernement a été publiée alors que le Premier Ministre n’avait pas totalement bouclé les consultations. Dans le cas précis du regroupement politique FSD-SAP, à l’issue de la rencontre avec le Premier Ministre, il a été demandé d’envoyer les CV des membres qui devraient être nommés ministres. Et, c’est au moment où le FSD-SAP était en train de rassembler les CV pour prendre la direction de la Primature que l’ORTM a annoncé la formation du gouvernement. Sur la base de cette information, l’on est en droit de s’interroger sur le joué par le Premier Ministre dans le choix de certains ministres.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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