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    Exclusif : révélations sur la stratégie qui a permis au Maroc d’entrer au Conseil paix et sécurité de l’UA

    dimanche 28 janvier 2018 , par Assane Koné

    Le Maroc a été élu au sein du Conseil paix et sécurité de l’Union africaine ce vendredi 26 janvier marquant la fin d’une campagne menée tambour battant depuis le mois de juillet. En exclusivité, voici les détails de la stratégie marocaine.

    Près d’un an après son retour à l’Union africaine (UA), le Maroc vient de frapper un deuxième grand coup en intégrant le Conseil paix et sécurité (CPS), organe pivot de l’organisation panafricaine. Un objectif que le Maroc poursuit depuis le mois de juillet dernier.

    Tout commence au siège de l’UA à Addis Abeba, lorsque le président du CPS l’Algérien Smail Chergui présente son traditionnel rapport sur la paix et la sécurité. Alors que le document fait la part belle au langage utilisé par le Polisario, faisant notamment référence à l’ "occupation", la diplomatie marocaine agit et enchaîne les réserves bloquantes.

    L’intermédiation du ministre des Affaires étrangères nigérian permet de trouver un accord sur la version définitive du texte.

    "Nous avons vu que nous avions affaire à un organe qui nous fait du mal et qui interagit avec les Nations unies. Qui plus est, la question du Sahara au sein de l’Union africaine est traitée au sein de ce Conseil", nous explique une source proche du dossier.

    C’est dans le but d’avoir une voix lors de la présentation de ces rapports que le Maroc décide donc de se porter candidat au CPS. "Nous souhaitions également contrer Smail Chergui au sein de l’organe auquel il soumet des rapports et doit rendre des comptes", poursuit notre interlocuteur.

    Autre motivation, la perspective d’un face à face avec l’Algérie dont le mandat touche à sa fin. "Lorsque nous avons vu que l’Algérie allait se porter candidate, cela nous a confortés dans notre choix, car nous voulions que l’Afrique tranche", poursuit notre source.

    Un candidat inattendu

    La machine est donc lancée dès le mois d’août et le Maroc affute ses armes en vue de l’Assemblée générale de l’ONU qui se tient au mois de septembre. Mais entre-temps, l’Algérie a préparé une contre-offensive. "Ils voulaient pousser la Tunisie à se porter candidate suite au dépôt de notre candidature. Le but était de faire de la Tunisie une alternative au Maroc et à l’Algérie afin que les pays africains n’aient pas à choisir entre nous deux", indique notre source.

    Alors que la Tunisie se prépare à annoncer sa candidature, un véritable ballet diplomatique est entamé entre les deux pays durant les mois d’août et septembre. Il se conclut par le retrait tunisien.

    En septembre, le Maroc dépose officiellement sa candidature auprès de l’UA avant d’entamer une opération séduction à l’ONU. À New York, la diplomatie marocaine enchaîne "les corps-à-corps" avec les représentants des pays africains durant la grand-messe diplomatique mondiale qu’est l’Assemblée générale de l’ONU. Documents et brochures sont distribués et des réciprocités diplomatiques sont proposées aux autres pays du continent.

    Alors que les candidatures au CPS font généralement l’objet d’un accord préalable au niveau régional, le Maroc est contraint de faire fi de cette étape. "C’est le Polisario qui assure le leadership de la sous-région Afrique du Nord. Nous ne pouvions donc pas les consulter. Nous avons fait nos recherches sur les pratiques au sein de l’Union africaine et nous avons découvert que l’accord au niveau sous-régional est une pratique souhaitable, mais pas exigée", explique notre interlocuteur.

    Au niveau interne, une course contre la montre est menée afin de ratifier le protocole relatif au CPS avant le 15 novembre. Ce sera chose faite le 10 novembre, grâce à "l’appui et au soutien de Sa Majesté", tient à préciser notre source.

    Opposition algérienne

    Fort de la validité et de la légalité de sa candidature, la diplomatie marocaine aborde le mois de janvier en préparant une véritable campagne de promotion pour sa candidature à Addis Abeba. Dans un premier temps, les Forces armées royales sont sollicitées pour organiser une exposition consacrée aux 15 opérations humanitaires menées par le Maroc à travers la planète.

    Une exposition installée le 10 janvier "dans une place de choix", à quelques mètres de la salle de conférence Nelson Mandela et à quelques pas de la donation artistique algérienne à l’UA. L’espace de quelques jours, cette exposition sera déplacée à l’hôtel Sheraton d’Addis Abeba, haut lieu de rencontre des diplomates basés dans la capitale éthiopienne.

    Dans un second temps, une rencontre consacrée à la "contribution du Maroc dans le domaine de la paix et la sécurité" est organisée en collaboration avec le think tank éthiopien IPSS (Institue for Peace and security studies).

    Mais quelques jours avant le Conseil, coup de tonnerre, l’Algérie retire sa candidature au Conseil paix et sécurité. Le Maroc se retrouve donc seul en lice, mais cela n’empêche pas les voisins de l’Est de mettre des bâtons dans les roues de la diplomatie marocaine.

    Alger adopte d’abord une approche juridique en saisissant le Conseiller juridique de l’UA arguant que la candidature du Maroc n’est pas légitime, car le Royaume n’a pas eu l’accord de sa sous-région pour se présenter. Un argument auquel la diplomatie marocaine répond en affirmant que "les états membres de l’Union sont souverains" et qu’il leur revient de décider si le passage par la sous-région est rédhibitoire ou non. Ce sera finalement l’argumentaire marocain qui sera retenu par le Conseiller juridique.

    Alger tente ensuite une approche diplomatique en multipliant les courriers destinés aux pays africains. Des missives dans lesquelles on pouvait lire que "le Maroc n’est pas éligible, car il occupe le territoire d’un autre État". Dans ces courriers, le Royaume est également accusé de vouloir "entrer dans le Conseil pour diviser".

    Un argumentaire que l’Algérie répète jusqu’à la matinée du 26 janvier, à quelques heures du vote, dans le but de "s’assurer que plus d’un tiers des pays ne voteront pas en faveur du Maroc afin d’invalider l’élection", indique notre source. Un scénario évité à trois votes près, puisque le royaume a obtenu 39 des 55 voix des membres de l’Union africaine.
    Un an de répit

    Désormais élu, comment le Maroc compte-t-il mettre à profit son siège au CPS ? "En tant que membre du Conseil, nous aurons un contact plus facile avec certains pays en proie à une crise comme le Burundi, la Guinée-Bissau et le Mali. Ces pays vont nous solliciter et développer des interactions avec des intérêts mutuels", détaille notre source.

    La diplomatie marocaine compte également tempérer les rapports rédigés par le président du CPS, Smail Chergui sur la question du Sahara. "Il y a un travail qui sera fait, des mises au point, des questions sur des passages et des chiffres. L’objectif pour l’année prochaine est de nettoyer le texte et d’en faire une référence", assure notre interlocuteur.

    Pendant une année, le Maroc devrait disposer d’une marge de manœuvre au sein du CPS. "La configuration est assez positive. Djibouti, le Rwanda, le Gabon, le Nigéria ou encore le Libéria sont des pays avec lesquels nous pouvons collaborer", assure notre interlocuteur qui est toutefois conscient que l’Algérie pourrait réintégrer le Conseil en 2019. "Mais rien ne nous empêchera de nous présenter une nouvelle fois en 2020", assure-t-il.

    Par Yassine Majdi
    http://telquel.ma

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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