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ELECTION PRESIDENTIELLE AU GABON : Vers le scenario de l’hôtel du Golf ?

mardi 6 septembre 2016

Au Gabon, la France et ses amis ont bien leur candidat qui est M. Jean Ping. Il a été préparé et soutenu. Si les élections ont été trichées, il y a plusieurs manières pour approcher les protagonistes. Le Gabon a ses lois comme la France, les USA, etc. Il ne sert à rien de mettre à genou par des casses organisées, le tissu économique, fruit de plusieurs années de labeur. La France et ses amis occidentaux sont sur le chemin de l’hôtel du Golf d’Alassane Dramane Ouattara de 2010-2011. A quand les hommes politiques africains quitteront le joug de l’impérialisme français ?

La dernière élection présidentielle au Gabon met à nu l’incapacité des pays africains à gérer leurs problèmes et l’ingérence des pays occidentaux dans les affaires intérieures des Etats africains. Face au problème gabonais, les voix de l’Union africaine (UA) doivent être bien entendues et avec force face à l’ONU et à l’Union européenne (UE).

La présidente, Nkosazana Dlamini-Zuma vient d’annoncer : « de suivre de près la situation au Gabon » et avoir « pris note des résultats préliminaires annoncés par la CENAP » tout en exprimant sa tristesse de voir « surgir la violence dans le pays, entraînant des morts, des blessés et des dégâts matériels », (Barthélémy Gaillard, Jeune Afrique). Ses propos et ceux du vice-président M. Erastus Mwencha sont insuffisants face à la gravité des évènements.

Dans le journal en ligne, « AFRIK.COM » du 1er septembre 2016, un article sous la plume de Khaled Elraz, intitulé : « Elections africaines : la France battue 3-0 », il a été très explicite : « Bénin, Congo, Gabon : 3 élections africaines, trois échecs de la France. Quelle leçon tirée des trois scrutins en Afrique francophone ? Le soutien du président et des médias français ne fait plus l’élection en terre d’Afrique. Nicolas Sarkozy avait dû recourir à l’armée pour imposer Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire, François Hollande n’ose pas aller jusque-là, mais aligne les défaites ». Nous disons que M. Khaled Elraz devait titrer, la France battue ¾ en tenant compte des élections au Niger.

La France avait son candidat au Niger qui est l’actuel président « autoproclamé », M. Mahamadou Issoufou. Au Niger, il n’y a pas eu d’élections. Mais le parti socialiste français et le gouvernement français ont reconnu le scrutin le plus honteux du Niger avec celui du 28 septembre 1958 dans le même pays avec le référendum du général De Gaulle.

Au Togo, en 2005, les élections étaient truquées mais cautionnées par l’Union africaine et l’Union européenne.

Au Gabon, la France et ses amis ont bien leur candidat qui est M. Jean Ping. Il a été préparé et soutenu. Si les élections ont été trichées, il y a plusieurs manières pour approcher les protagonistes. Le Gabon a ses lois comme la France, les USA, etc. Il ne sert à rien de mettre à genou par des casses organisées, le tissu économique, fruit de plusieurs années de labeur. La France et ses amis occidentaux sont sur le chemin de l’hôtel du Golf d’Alassane Dramane Ouattara de 2010-2011.

En fait, nous l’avions eu à le dire dans nos anciennes publications que le concept de « démocratie », n’est rien d’autre qu’une autre manière de recoloniser et de recadrer les Etats africains pour les maintenir sous domination. En fait, à travers le choix démocratique, il y a leurs hommes de mains. Et parmi les hommes de mains des Français au Gabon, c’est bien le ‘’Chinois’’ Jean Ping.

Quelle différence entre tous ces hommes politiques gabonais ? Ils sont tous les mêmes car ils ont tous servi feu Bongo père. Il faut que les Africains fassent leurs propres choix.

Le Hamas avait gagné les élections en Palestine et l’Union européenne a coupé toutes ses aides à cet Etat et comme prétexte, le Hamas est une organisation terroriste.

En Egypte, il y a eu un coup d’Etat cautionné par l’Occident. Toutes ces interventions dans nos affaires intérieures par les pays occidentaux et particulièrement la France, résident dans l’aide de ces pays européens qui sont d’ailleurs les premiers à financer nos élections.

Un pays comme le Mali a toutes les capacités financières pour financer ses propres élections. C’est seulement une volonté politique, d’indépendance et de dignité. Si les partisans de l’imam Haïdara ont pu construire pour lui une villa à plus d’un milliard de nos francs, 17 millions de Maliens sont capables de financer leurs propres élections, de construire des écoles, des centres de santé, des universités, de périmètres agricoles et d’assurer le financement de notre propre système de défense et de sécurité.

Le seul salut des Africains, c’est de prendre conscience pour bien gérer leurs maigres ressources. Pour cela, les populations doivent payer leurs impôts, réduire leur rythme de vie, se consacrer au développement de l’agriculture pour atteindre l’autosuffisance alimentaire et de consacrer les ressources financières maigres aux secteurs clés des pays africains : santé, éducation, défense et sécurité, justice. La justice doit être revue.

Il faut que les pays africains et particulièrement notre pays, le Mali, revoit son système judiciaire. Tant qu’il n’y a pas une véritable justice, il est difficile de contenir l’insécurité actuelle. Pour cela, la société civile dans sa globalité doit être associée à une nouvelle justice au Mali. Il faut donner la vérité à ceux qui ont raison.

Le Mali, pour qu’il aille de l’avant, doit prendre son destin en main sans pourtant vivre dans une autarcie. Le Mali ne doit pas accepter n’importe quelle aide. Tant que le Mali ne s’est pas engagé dans une véritable lutte contre l’analphabétisme, la drogue, l’alcoolisme, la corruption et la délinquance financière, il est impensable d’être sur le chemin du développement.

Pour cela, il faut pour le Mali des assises nationales qui doivent débuter depuis le village et la fraction avec le choix parmi la société civile, des hommes honnêtes dotées de bonne moralité sans doute, pour aller aux communes, aux sous-préfectures, aux régions et au niveau national. Ce sont ces assises nationales qui doivent définir même le choix d’une nouvelle Constitution pour le Mali.

Le rôle de chaque individu, de chaque responsable politique ou de l’exécutif doit être défini. Il ne sert à rien de camoufler la vérité et de procéder à une gouvernance de rafistolage.

Yacouba ALIOU
L’INTER DE BAMAKO

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.