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DIALOGUE NATIONAL INCLUSIF : « Anw ko Mali dron » opposé au format proposé

lundi 26 août 2019

La coordination provisoire de Anw ko Mali dron composé de Cnid association, Adema association, la CSTM, le FOSC, Fare anka wily, dans une déclaration datée du 19 aout 2019, a dénoncé la façon dont les autorités veulent conduire le dialogue national inclusif. Pour Anw ko Mali dron, le format proposé pose problème.

Face aux crises multidimensionnelles, l’idée d’un dialogue national inclusif est apparue. Et le Président IBK déclarait le 16 avril 2019 : « L’idée d’un cadre de dialogue plus vaste, plus représentatif, plus inclusif fait son chemin et emporte mon adhésion…Ce qu’il nous faut c’est un format qui ne laisse personne sur le quai, qui rassemble les segments les plus divers de notre société… Ce qu’il nous faut, c’est un consensus solide pour notre avenir politique, institutionnel, social, je devrais dire sociétal ».

Quelques mois après la sortie du chef de l’Etat, la façon dont les autorités veulent conduire ledit dialogue, ne semble pas être celui proposé par le regroupement « Anw ko Mali dron ».

Pour le regroupement, le Dialogue National Inclusif, comme appellation du rassemblement des maliens voulu par un grand nombre d’acteurs, prend en compte toutes les dimensions du Mali en crise, la globalité, la profondeur de la crise, toutes les communautés, toutes les forces, mobilise tous les citoyens de l’intérieur comme de l’extérieur et se veut le conducteur pertinent pour une véritable union sacrée. Aussi disent-ils, le dialogue national inclusif est l’élément central du processus endogène de sortie de crise tant la gravité et la complexité de la crise impliquent une reprise en mains par nous-mêmes de notre destin commun.

Le Dialogue National Inclusif est autonome et souverain. Les dispositifs dédiés à la gestion du processus, à la mise en œuvre et au suivi des résolutions doivent être totalement indépendants, soustraits à toute influence politique.

Pour Mme Sy Kadiatou Sow et autres, le Président de la République dans son discours 16 avril 2019 a esquissé un mandat du dialogue mais, « il n’a pas enclenché le processus participatif en conviant une rencontre des forces politiques et sociales en vue de convenir du format du dialogue en raison de la profondeur de la crise… ».

Cette rencontre des forces politiques et sociales aurait proposé les mesures de nature à créer un changement radical de gouvernance, un climat d’apaisement sur les fronts sécuritaire, politique, économique et social, redonner un sentiment de confiance mutuelle.

Au lieu de cela, le gouvernement et le chef de l’Etat en décidant de manière unilatérale du format, du contenu et des personnalités devant conduire le dialogue inclusif, fragilisent la légitimité du processus et le prive du terreau mobilisateur que constituent l’apaisement et le sentiment de confiance mutuelle.

« La situation difficile que vit le pays commande que le dialogue aborde les problématiques dont la résolution permettra de sortir de la crise multidimensionnelle. Il ne s’agit donc pas de traiter quelques problèmes répondant aux seules préoccupations des tenants du pouvoir mais bien de permettre aux maliens de convenir des orientations majeures sur l’avenir du pays, sur l’infrastructure institutionnelle de notre Etat, sur notre vouloir républicain et démocratique, sur nos réponses aux exigences de l’intérêt général, aux frustrations dont souffrent les populations au quotidien, sur notre vivre ensemble dans une République et une Nation apaisées et soumises au respect des principes de justice et de redevabilité... », souligne Anw ko Mali dron.

Mohamed Keita
ARC EN CIEL

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.