Crise socio-politique malienne : Le M5-RFP rejette les propositions de la CEDEAO et maintient son mot d’ordre de désobéissance civile

mercredi 29 juillet 2020

« Le M5-RFP réaffirme sa détermination à mener son combat pour sauver le Mali menacé de disparition en tant qu’Etat, Nation, Démocratie et République laïque, et exige plus que jamais la démission de M. Ibrahim Boubacar Keïta et de son régime qui portent l’entière responsabilité de cette sinistre perspective pour notre Pays, mais, qui visiblement continue d’abîmer le Mali ». Cette déclaration a été faite le 29 juillet 2020, lors de la Conférence de presse animée par le M5-RFP suite au Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat de la CEDEAO sur la crise malienne. Lisez l’intégralité de la déclaration liminaire !

Malijet Direct de la conférence de presse du 29 juillet 2020 du M5-RFP au siège de la CMAS Bamako Mali

MOT INTRODUCTIF

Mesdames et Messieurs les Journalistes,
Hommes et Femmes de Médias et des Réseaux Sociaux,
Mesdames et Messieurs les Invités,

Bonjour et bienvenue à la présente Conférence de Presse que le Comité Stratégique du M5-RFP donne suite aux conclusions du Sommet extraordinaire de la Conférence des Chef d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO tenu hier lundi 27 juillet 2020 sur la crise sociopolitique au Mali.

Le Peuple malien avait fondé son espoir dans la bonne compréhension des Chefs d’Etat de la CEDEAO sur les causes profondes et les conséquences de la crise multidimensionnelle qui l’assaille depuis des années.

Mais malheureusement, nous découvrons avec étonnement les conclusions du Sommet extraordinaire, lequel à l’instar de la Mission conduite par M. Goodluck Jonathan, continue de ramener la crise sociopolitique au Mali à un simple contentieux électoral du deuxième tour du scrutin législatif.

Comment comprendre que les décisions prises par le Sommet se résument aux points suivants :

- la démission immédiate des 31 députés contestés et l’organisation d’élections partielles,
- la recomposition rapide de la Cour Constitutionnelle,
- le Président en cas d’obstacles devra recourir l’article 50 de la Constitution pour nommer les membres de la Cour Constitutionnelle,
- la mise en place rapide d’un Gouvernement d’union nationale dont la mission serait d’appliquer les conclusions du Dialogue national inclusif,
- la mise en place rapide d’une commission d’enquête sur les cas de décès, de blessés et destructions des biens,
- la mise en place d’un Comité de Suivi de toutes les mesures prises,
- mais également et surtout la mise en place par la CEDEAO « d’un régime de sanctions contre ceux qui poseront des actes contraires au processus dite de normalisation ».

En fait, les décisions du Sommet des Chefs d’Etat de la CEDEAO reposent sur des approximations très improbables telles que la démission hypothétique de députés dont l’élection est contestée, l’injonction faite à M. Ibrahim Boubacar Keïta d’user de pouvoirs exceptionnels constitutionnels pour une reconstitution au forceps de la Cour constitutionnelle, la composition partielle d’un gouvernement, et surtout des menaces de sanctions contre les populations maliennes qui font qu’exercer leurs droits et devoirs constitutionnels.

La CEDEAO a décidé de placer le Mali non seulement sous tutelle, en amputant toutes ses institutions constitutionnelles, mais également le tout sous l’autorité d’un quart (1/4) de président.

La promesse faite par les Chefs d’Etat de la CEDEAO au soir du 23 juillet dernier, de prendre des mesures fortes à la dimension de la crise dans notre pays le Mali, a finalement été tenue pour couvrir un homme et son régime corrompu mais frontalement contre les intérêts supérieurs du Peuple malien qui aspire à un Nouveau Mali, républicain, démocratique, laïc et prospère.

Mesdames et Messieurs,

Le M5-RFP constate, avec regret, que les conclusions du Sommet des Chefs d’Etat ne tiennent pas compte de la profondeur et de la gravité de la crise sociopolitique qui hypothèque l’avenir du Mali, ne correspondent aucunement aux attentes et aspirations du Peuple malien et surtout violent les lois et la Constitution du Mali que respecte le Mouvement.

Pourtant, les conséquences catastrophiques de la mauvaise gouvernance de M. Ibrahim Boubacar Keita, les violations récurrentes de la Constitution de son fait et sous son magistère, la confiscation des principes républicains garantissant l’alternance démocratique, jurent avec la protection dont ses pairs semblent le couvrir, en méconnaissance totale de l’article 32 du Protocole A/SP1/12/01 de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance disposant que : « Les Etats membres conviennent de ce que la bonne gouvernance (...) est essentielle pour la préservation de la justice sociale, la prévention des conflits, la sauvegarde de la stabilité politique et de la paix et le renforcement de la démocratie ». A défaut, une gamme de sanctions prévues aux articles 44 et suivants frapperait l’Etat contrevenant.

Chaque Malien a ainsi l’occasion de comprendre que la crise au Mali n’est pas seulement un problème de droit. La Crise de légitimité et de la légalité de nos institutions constitutionnelles qui s’est installée depuis fort longtemps sous le Pouvoir IBK est connue de tout le monde.

Le M5-RFP pourrait dans les jours à venir envisager de porter plainte devant les juridictions appropriées contre toutes décisions de la Conférence extraordinaires des Chefs d’Etat qui violeraient la constitution du Mali.

Par ailleurs, des insinuations tentent de diluer les revendications populaires républicaines en brandissant l’épouvantail terroriste-islamiste et divertir le Peuple malien qui a, depuis des siècles, opté pour la tolérance religieuse, l’islam choisi et la laïcité.

Venant de M. Ibrahim Boubacar Keïta à l’endroit de l’Imam Mahmoud Dicko, qui avait pourtant fortement infléchi les revendications populaires à son encontre, de telles insinuations relèvent d’une tentative désespérée de noyer sa propre incapacité à juguler une lancinante crise multidimensionnelle qu’il a lui-même fortement aggravée.

Face, à la déconfiture de sa gestion, il s’en prend à notre Mouvement et son Autorité morale, Mahmoud Dicko, qui incarnent aujourd’hui mieux que lui, l’esprit malien.

Mesdames et Messieurs,

Le M5-RFP réaffirme sa détermination à mener son combat pour sauver le Mali menacé de disparition en tant qu’Etat, Nation, Démocratie et République laïque, et exige plus que jamais la démission de M. Ibrahim Boubacar Keïta et de son régime qui portent l’entière responsabilité de cette sinistre perspective pour notre Pays, mais, qui visiblement continue d’abîmer le Mali.

Nous réitérons notre exigence d’actions judiciaires y compris devant la Cour pénale internationale (CPI) contre les auteurs, commanditaires et complices des tueries et exactions commises contre les manifestants aux mains nues par les Forces spéciales antiterroristes (FORSAT), tant à Sikasso qu’à Bamako, dans les rues, domiciles et lieux de culte, et sa demande de libération de l’Honorable Soumaïla Cissé, Chef de file de l’opposition.

A ne point s’y tromper, le Peuple malien demeurera mobilisé et déterminé pour la mise en œuvre de son droit constitutionnel à la désobéissance civile, sur l’ensemble du territoire national et dans la Diaspora, jusqu’à l’aboutissement de son combat patriotique pour la restauration d’un Mali démocratique, républicain et laïc, doté d’une gouvernance responsable et vertueuse.

Je vous remercie !

Bamako, le 29 Juillet 2020
Le M5-RFP

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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