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Crise socio-politique au Mali : Des avis divergents de citoyens

vendredi 24 juillet 2020

Le Mali traverse une crise socio-politique depuis les élections législatives de mars 2020. Ce qui a engendré la création de plusieurs mouvements regroupés au sein d’une seule entité avec des objectifs et des visions plus ou moins communs dans la sphère politique : Le M5-RFP. Ce mouvement bénéficie du parrainage de personnalités très importantes dans la société malienne. Face à cette crise, certains citoyens donnent ici leur point de vue. Lisez !

Les résultats des élections législations ont mis de l’huile sur le feu. Des tensions dans les coulisses, mais sans grand bruits, ont fini par explosé au grand jour suite à la proclamation des résultats définitifs par la cour constitutionnelle qui donnait pour vainqueurs des vaincus des résultats provisoires proclamer par le ministère de l’administration territoriale. Face à cette situation, et surtout au regard de la situation du pays, des mouvements de contestations vont se faire entendre de tous les côtés, au point de former un seul mouvement appelé M5-RFP qui entend œuvrer pour la démission du Président de la République. Avec à sa tête plusieurs cadres politiciens maliens et parrainé par l’imam Mahmoud Dicko. Le mouvement du 05 juin estime que le Mali est menacé de disparition si les maliens n’agissent pas.

Aboubacar Kanté, surveillant général de l’école professionnelle UFAP : « Un changement de régime sans changement dans la société ou de réforme institutionnelle est voué à l’échec »

« Un changement de régime sans changement dans la société ou de réforme institutionnelle est voué à l’échec » estime Aboubacar Kanté, surveillant général de l’école professionnelle UFAP. Avant d’ajouter que « ce débat est faux dès le départ ».

De son côté, un professeur d’université qui n’a pas souhaité donner son nom pense que « le problème de gouvernance ne date pas d’aujourd’hui mais par contre la révolte du M5 est due au fait que le président de la République n’a pas pu s’entourer de bonnes personnes ». Pour lui les choix du président relatif à son entourage, la corruption, l’impunité des cadres sont les principales raisons qui ont contribué à sa disgrâce et à l’acharnement de la rue à son encontre.

Sogodogo, responsable du Centre de Formation en Photographie de Bamako : « « Où étaient les leaders de la rue d’aujourd’hui quand IBK briguait un second mandat »

« Où étaient les leaders de la rue d’aujourd’hui quand IBK briguait un second mandat » s’insurge monsieur Sogodogo, responsable du Centre de Formation en Photographie de Bamako. « Les voyants étaient au rouge dès la fin du premier mandat. Au lieu de faire front commun pour barrer la route au Président, chacun s’est battu de son côté et résultat : ils mettent les enfants en avant de leur combat pour le pouvoir », a-t-il regretté. Il a tenu à souligner également que Ce que nous vivons aujourd’hui est la conséquence d’une démocratie mal négociée et mal comprise. « Les jeunes ne sont pas préparés à de tels scénarios », a-t-il estimé. Des propos qui vont dans le même sens que ceux d’Ali Guindo, boulanger.

Si certains voient en la personne du Président et sa vision des choses le problème du pays, d’autres, quant à eux, ont le regard tourné vers une autre personnalité de la République : Karim Keita, le fils du Président de la République. « Karim a des stations presque partout dans le pays au détriment des pauvres » martèle une vendeuse de garba, avant de formuler un souhait envers le Président en ces termes « si le Président pouvait écarter son fils, Karim, des affaires de l’Etat, cela nous arrangerait bien. Le président en lui-même n’est pas le problème, c’est son fils ».

Salimatou Sanga : « Pour moi le malien doit changer parce que ça devient une habitude »

Par ailleurs Salimatou Sanga a une toute opinion de la crise que traverse le pays. « Pour moi le malien doit changer parce que ça devient une habitude », dit-elle. Madame Sanga estime que le Mali est au-dessus de tout ceci et qu’il faut que chacun se donne la main pour nous en sortir. « Sigi ka fo ye damu ye », a-t-elle conseillé pour prôner le dialogue. Elle a notamment insisté sur la distribution des vivres promis par le Président qui, selon elle, n’a profité qu’à ceux qui devaient les partager.

Diawara : « le problème du Mali aujourd’hui c’est son peuple »

De vives discussions s’emmènent à chaque fois qu’il est question de cette crise. C’est notamment le cas dans une boutique à l’hippodrome II. « Depuis l’élection d’IBK, le pays n’a accumulé que frasques, des morts, des détournements de fonds. Il est temps qu’il parte » suggère le boutiquier Mohamed Maiga dit Coroboro. Pour Diawara, son interlocuteur, le problème du Mali aujourd’hui c’est son peuple. Selon lui ce dernier a refusé tous les efforts de développement et perpétue la corruption.

« Quand vous dites, ça suffit, il faut avoir la décence de laisser tomber » fait savoir une femme qui n’a pas donné son nom avant qu’une autre n’ajoute « ni Mali ka hairai be mogo min bolo Allah ka o tigi na an kouna » en d’autres termes « La personne qui tient le salut du Mali, qu’Allah nous l’emmène ».

Bakary Samaté (Stagiaire)

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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