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Crise au Mali/Oumar Mariko : « Non monsieur Macron, il ne s’agit pas de revoir la stratégie d’intervention de Barkhane

mercredi 11 décembre 2019

« Non monsieur Macron, il ne s’agit pas de revoir la stratégie d’intervention de Barkhane ». La déclaration a été faite par Dr Oumar Mariko, le lundi 9 décembre 2019, lors d’une conférence de presse au Siège du parti SADI.

Dr Oumar Mariko, président du parti SADI, était face à la presse. L’objectif : Parler de la situation actuelle de notre pays, le départ de Barkhane et l’appel du Président Français aux Chefs des Etats Africain.

« Non monsieur Emmanuel Macron, il ne s’agit pas de revoir la stratégie d’intervention de BARKANE », a déclaré Dr Oumar Mariko, Président du Parti SADI. Il a expliqué qu’il ya longtemps que l’opinion malienne demande le départ de Barkhane. Selon lui, le président Macron, avec la mort de 13 Soldats français qui a suscité un émoi au sein de l’opinion française, tente de rassurer les siens en promettant de changer la stratégie d’intervention de son armée au Sahel.

En effet, il dira que les autorités françaises sont les seules responsables du déclenchement de cette salle guerre au Mali. C’est la France qui a fait armer les groupes, de l’amitié qu’elle a fait dévaster. « Les autorités françaises ont utilisé comme prétexte, la nécessité de leur collaboration avec le MNLA pour chasser les djihadistes et exclu en même temps l’armée malienne du reste du processus assurant ainsi leur contrôle militaire sur une partie de notre territoire », a-t-il déclaré.

Dr Oumar Mariko a précisé dans son intervention que, les amendements portés par l’État du Mali et la CMA ont été rejetés par les médiateurs. Que ce sont les accords issus des négociations qui prévoient un programme de DDR des groupes armés suivi de leur intégration au sein des forces de sécurité et armées de notre pays. Une décentralisation donnant plus d’autonomie au 3 régions du Nord considéré par la CMA comme territoire de l’Azawad et une allocation d’un montant de 40% des ressources budgétaires annuelles du pays au bénéfices de ces trois régions.

« En aucun moment la France n’à consulter ni l’Union européenne ni l’OTAN avant de lancer son opération serval qu’elle a transformé en opération Barkhane, contrairement à ce qu’elle avait fait pour impliquer l’OTAN dans son projet de liquidation de Kadhafi. Force est de constater que la France n’a ni occupé ses positions stratégiques qu’avec la caution du Président IBK. Il est non évident qu’au vu de tout cela que la France est l’obstacle principale, à la paix et au retour de l’intégrité territoriale et la légalité constitutionnelle de notre pays », a-t-il dénoncé.

En convoquant les chefs d’État du G5 Sahel, pour lui les autorités françaises confirment les prises de positions du parti SADI à savoir que : c’est la France qui est la communauté internationale. « Quand Macron dit à nos chefs d’État africains, qu’il faut clarifier leur position, c’est la bombe qui va clarifier leur position. Soit ils sont avec la France, soit ils ne le sont pas où avec leur peuple. Dans ce cas il n’y a pas la raison de discuter avec la France s’ils le veulent. IBK a deux choix, rester avec la France et se donner une légitimité que l’assemblée a perdu et s’il veut encore rester malien il doit dire à Macron que le Mali a besoin d’un dialogue », a déclaré Dr Oumar Mariko.

Avant de clore son intervention il a informé que le parti SADI a lancé le mouvement démocratique et populaire. Selon lui ce mouvement se veut un dialogue entre maliens d’où la participation de tous sans exception.

Lors de cette conférence, une déclaration a été lue par Nouhoum Keita, secrétaire administratif du parti SADI.

Il ressort de cette déclaration, que le Parti SADI dénonce les propos irrespectueux et offensants du Président Emmanuel Macron aux Chefs d’Etats des pays du G5 et de toutes les populations, qu’il a convoqué illico-presto en France le 16 décembre, lors du sommet de l’OTAN tenu à Londres les 3 et 4 décembre 2019 afin de clarifier le cadre et les conditions politiques de l’intervention française dans les pays du Sahel.

« Devant l’échec cuisant de sa stratégie au Sahel et convaincu que toutes les recettes que la France et la communauté internationale ont prescrites jusqu’ici à notre pays ont toutes échouées, Emmanuel Macron, comme un Amiral qui a brulé ses vaisseaux, se décharge sur les Chefs d’Etat de G5 Sahel auxquels il intime l’ordre de réprimer les expressions populaires contre cette présence de l’armée française et des armées étrangères au sahel », a déclaré Nouhoum Keita.

Pour cela, le Parti SADI en appelle pour une évaluation claire et sans complaisance de la présence des armées françaises qui agissent sur le terrain en dehors de tout contrôle politique et de tout cadre de collaboration véritable avec nos armées, le renforcement de la coopération militaire bilatérale entre le Mali, l’Algérie, le Niger, le Burkina, la Mauritanie, le Tchad et entre d’autres pays frontaliers comme le Sénégal, la Côte et la Guinée.

Aussi, il en appelle à la cessation par les autorités maliennes et françaises de l’instrumentalisation des groupes armés dans les régions de Kidal, Gao, Tombouctou, Mopti et Ségou, l’abrogation de l’accord de défense entre le Mal et la France, le retrait des conseillers militaires français des organes de décision des FAMA, le retrait de Barkhane du Mali, sortir la MINUSMA de la tutelle française et redéfinir sa mission, le Rassemblement de toutes les forces sociales politiques, syndicales pour appuyer le MDP, l’étendre à toutes les couches de classe sociale du pays pour l’instauration d’un dialogue démocratique et souverain.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.