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    mercredi 6 juin 2018 , par Assane Koné

    Suite à la répression de la marche interdite organisée par la Coalition pour l’alternance et le changement à coups de gaz lacrymogène et de tabassages, le samedi 2 juin 2018, les leaders politiques de l’opposition et de la Coalition pour l’alternance et le changement, ont tenu une conférence de presse le lendemain 3 juin 2018 à la Maison de la presse. L’objectif était de déplorer la répression de la marche du 2 juin et d’annoncer une autre prévue le 8 juin 2018. C’était en présence de plusieurs chefs de partis politiques, notamment Mamadou Igor Diarra, Mohamed Ali Bathily, Soumaïla Cissé.

    La marche pacifique du 2 juin avait l’objectif de réclamer l’organisation des élections transparentes, libres et crédibles, et dénonçait par ailleurs les censures de l’ORTM. Au cours de cette marche, plus d’une trentaine de personnes ont été blessées et évacuées sur le CHU Gabriel Touré où elles ont été prises en charge par les services des urgences. Parmi lesquels, on peut citer Mohamed Ali Bathily, Mamadou Igor Diarra, tous anciens ministres du régime d’IBK.

    Cheick Sidi Diarra, membre de la coalition pour l’alternance et le changement, a déclaré dans son intervention que le secrétaire général des Nations unies se dit préoccupé par l’évolution de la situation au Mali, et les violents affrontements déclenchés par la tenue de manifestation de l’opposition le 2 juin. Qu’il a exhorté les acteurs politiques et la société civile à privilégier le dialogue pour maintenir un environnement propice à la tenue de l’élection présidentielle.

    Aussi que le secrétaire général de l’ONU a déploré l’interdiction par le gouvernement de la tenue de la manifestation par les partis de l’opposition. Il a lancé un appel au gouvernement malien à assurer la protection des droits de l’homme fondamentaux, la liberté d’expression et la liberté de manifester pacifiquement, y compris dans le cadre de l’état d’urgence actuellement en vigueur.

    « Du jamais-vu au Mali, depuis 1991 lors de l’avènement de la démocratie. Tabasser tout le monde, les leaders de l’opposition et même les journalistes venus couvrir ont été sauvagement bastonnés », s’étonnait de dire un manifestant « gazé » par les forces de l’ordre.

    « Pour nous, il est extrêmement important de souligner ce qui s’est passé le 2 juin 2018. Des chefs de partis politiques et des députés avec des écharpes aux couleurs nationales ont été violentés. Face à ce drame, nous avons organisé cette conférence de presse pour déplorer ce geste odieux. Nous avons également décidé que personne enfreindra notre droit à la manifestation, à nos libertés », a martelé Amadou Thiam, président du parti Adp-Maliba.

    Tièbilé Dramé, président du parti PARENA, a souligné que les chefs de partis politiques étaient délibérément ciblés. Ajoute-t-il, « Nous étions en train de parler avec le commissaire Tangara, qui dirigeait les opérations du 2 juin, que les policiers ont jeté le gaz lacrymogène. J’ai un sentiment de dégoût de voir des hommes qui ont participé au combat pour l’avènement de la démocratique, se transformer, le samedi 2 juin, en acteurs de fascisme rampant au Mali. Les chefs de partis politiques ont été frappés, gazés, molestés par les forces de l’ordre » a-t-il regretté.

    Au cours de cette conférence de presse, l’opposition a rendu public un communiqué, lu par l’honorable Amadou Thiam, président de l’ADP-Maliba, qui invite tous les partis de l’opposition et tous les manifestants à sortir massivement, le vendredi 8 juin 2018 à 8h 30, pour réclamer une élection transparente et crédible, dénoncer les censures de l’ORTM, et manifester contre les violences policières.

    Bintou COULIBALY

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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