CRISE MALIENNE : Mise en cause, les membres de la Cour Constitutionnelle doivent tirer les conséquences

lundi 22 juin 2020

« La Mission note que l’Arrêt rendu par la Cour Constitutionnelle dans le cadre du contentieux des dernières élections législatives est à la base de la crispation socio –politique actuelle », a constaté la Mission ministérielle de bons offices de la CEDEAO. Avec un tel constat, l’on est en droit d’inviter Manassa Dagnogo et ses collègues de la Cour constitutionnelle, à tirer toutes les conséquences de leurs actes : La démission.

Installés et entretenus par le Peuple malien, à travers l’Etat du Mali, pour lui éviter des crises, dans l’interprétation des lois et la gestion du contentieux électoral, tout porte aujourd’hui à croire que les membres de la Cour constitutionnelle, sous la direction de Manassa Dagnogo, ont toute leur responsabilité engagée dans la survenue de la crise actuelle.

De mémoire de maliens, jamais élection législative n’a fait couler autant d’encre et de salives. Et, surtout n’a fait l’objet d’autant de contestations. Au premier et au second tour, les Arrêts de la Cour constitutionnelle qui devait apaiser les cœurs, ont opéré comme un brasier. Ils ont pratiquement mis le feu au pays. On se souvient que pratiquement aucune commune de Bamako et plusieurs circonscriptions électorales de l’intérieur du pays, n’ont été préservé par des manifestations, souvent très violentes, comme à Sikasso.

En plus des accusations formulées par de nombreux maliens qui ne font plus confiance aux membres de la Cour Constitutionnelle, c’est autour de la Mission ministérielle de la CEDEAO qui a séjourné à Bamako du 18 au 19 juin 2020, de renforcer les doutes de soupçons sur le rôle joué par la Cour Constitutionnelle dans la survenue de cette crise. Selon les émissaires de la CEDEAO : « l’Arrêt rendu par la Cour Constitutionnelle dans le cadre du contentieux des dernières élections législatives est à la base de la crispation socio –politique actuelle ».

Et, si tel est le cas, les membres de la Cour constitutionnelle ne devraient pas attendre que IBK, en sa qualité de Président de la République du Mali, les démettent de leur fonction. Ils doivent tirer les conséquences de toutes les contestations dont ils font l’objet pour se démettre eux-mêmes.

Il nous revient que 4 membres de la Cour Constitutionnelle ont démissionné. Malheureusement, la démission de seulement 4 membres n’est pas aujourd’hui opérante pour disqualifier l’institution, étant attendu qu’il y a la possibilité de désigner de nouveaux membres. Mais dans le contexte actuel qui va s’aventurer à vouloir désigner de nouveaux membres, pratiquement à 6 mois de la fin du mandat de la Cour constitutionnelle actuelle. Et, surtout qu’elle est décriée par tous.

La logique aurait voulu que Manassa Dagnogo et ses collègues de la Cour constitutionnelle qui, comme des naufragés s’accrochent à des nénuphars, lâchent prise. Et, se mettent en congé. Cela pourrait amoindrir les tensions dans le pays.
Et, comme la grande majorité des maliens ont eu l’impression qu’une stratégie de succession du Président IBK a été planifiée et exécutée de mains de maître par on ne sait qui, la proposition de la CEDEAO de réorganiser les élections dans les circonscriptions à problèmes pourraient être une solution certaine à cette crise, à défaut de la dissolution de l’Assemblée nationale exigée. Mais, il faudrait que tous les acteurs en lice soient de Bonne foi.

Et, nous doutons que tous les acteurs puissent l’accepter. Car, certains vont vouloir se battre pour des droits acquis par le fait de l’arrêt contesté de Manassa Dagnogo. Sauf qu’ici, l’on n’a pas le choix : il va falloir se battre pour une solution politique que de vouloir s’accrocher à un juridisme qui ne tient à rien, qu’à la volonté du Peuple. Et, qu’on le veuille ou non, cette volonté du Peuple, tient à assister à la dissolution de l’Assemblée nationale.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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